Tuesday, September 26, 2023

Justin Trudeau, le grand Mamamouchi canadien.

Le 26 septembre 2023.

 

Les affaires sont les affaires.
- Pièce de théâtre d’Octave Mirbeau.
 
Canada is back!
- Justin Trudeau.
 

L’élimination, avec extrême préjudice, d’opposants politiques, en exil ou au pays, orchestrée par les plus hautes autorités étatiques, est une vieille tradition. Quelques exemples en vrac.

Trotski eu le crâne fracassé au piolet à Mexico sur ordre du petit père des peoples Staline en 1940; le sénateur grec Lambrakis en 1963; l’ex-ministre de la défense de Salvador Allende, Orlando Letelier, désintégré dans sa voiture piégée en 1976 à Washington; Ninoy Aquino abattu à l’aéroport de Manille en 1983; Jamal Khashoggi, interrogé, torturé, puis découpé en pièces détachées dans l’ambassade saoudienne à Istanboul par un médecin ayant une interprétation très personnelle du serment d’Hypocrate, lesquelles finirent dissoutes dans l’acide.

On signalera aussi l’attaque terroriste de 1985 visant le navire Rainbow Warrior en Nouvelle-Zélande, approuvée personnellement le président français François Mitterand; une affaire qui aurait pu servir de matériau comique à la saga parodique OSS 117 (surtout qu’elle fut baptisée “Opération Satanique", sans rire), n’eût été la noyade du photographe Fernando Peirera. Souvenir, souvenirs...

Et voilà que le paisible et gentil Canada, semblerait devenir le théâtre d’un règlement de comptes politiques exotiques : il est annoncé que Hardeep Singh Nijjar, activiste sikh faisant la promotion du Khalistan, aurait été assassiné en Colombie-Britannique en juin dernier sur ordre du gouvernement indien. 

(Allégations fort étonnantes à première vue : l’Inde est dirigée par un premier ministre hindou, Narendra Modi, dont l’oecuménisme envers les minorités sikh, musulmanes et chrétiennes n’est plus à démontrer, qui lui a sans doute valu de recevoir le 14 juillet dernier du président français Macron la grand-croix de la Légion d'honneur, rien que ça).

La chose était sur le point d’être dévoilée par les médias suite à des fuites, on ne saurait reprocher au premier ministre canadien, Justin, fils de Pierre, Trudeau, d’avoir pris les devants en la rendant lui-même publique, mais il est permis de subodorer une instrumentalisation par son choix, comme tribune, de la chambre des communes, histoire de se donner l’aura d’un chef d’État, surtout quand les sondages sont défavorables. On reconnaît l’ex-professeur d’art dramatique au secondaire sachant ménager ses effets (et voir plus bas à ce sujet).

Mais il est permis de conjecturer que l’indignation canadienne finira par s’estomper : un marché économique de 1,4 milliards d’habitants, ça ne se trouve pas sous le pas d’un cheval. A signaler les réactions timides et mesurées de la communauté internationale... Pas de précipitation. On veut des preuves...

Faut-il rappeler que le président américain Joe Biden fit un chaleureux poing-à-poing (“fist bump” en v.o.) avec son allié saoudien Mohammed Ben Salman?

Là encore, est emblématique l’affaire Rainbow Warrior.

Suite à la condamnation du commandant Alain Mafart et de la capitaine Dominique Prieur à 10 ans de prison, la Nouvelle-Zélande, en raison de fortes pressions de nature économique, conclut un accord prévoyant le transfert des deux tueurs sur l'atoll de Hao en Polynésie française où ils devaient occuper un poste de gratte-papier pendant quelques années. Mais ils furent rapidement rapatriés en métropole. D’abord la grossesse de Prieur: ce que l’on appelle en principe un “heureux événement” fut alors qualifiée, par le premier ministre Chirac (le bien connu amateur de tête de veau) de “graves raisons familiales”, alors que les Polynésiennes accouchent depuis des millénaires dans le Pacifique. Quant au pauvre Mafart, il devait faire soigner ses maux d’estomac, et, manifestement, on ne pouvait confier son délicat tube digestif aux soins des ignares gastro-entérologues de Papeete. Au final, pour assurer ses ventes de beurre en Europe, et en mettre plus dans ses propres épinards, les Kiwis ne déchirèrent pas leur chemise et firent preuve de realpolitik, laquelle l’emporte toujours. Et les spadassins français firent de très belles carrières; en 1991, Mafart fut même fait chevalier dans l'ordre national du Mérite pour bons et loyaux services rendus à la patrie. Qui dit mieux?

(Rappel pour les caves : nous sommes au pays du juge Fabrice Burgaud).

A fortiori, le premier ministre Narendra Modi et ses patriotiques sbires sont peu susceptibles d’être impressionnés par les gesticulations de Justin le petit. A moins, bien sûr, que sa ministre des affaires étrangères, Mélanie “Clint” Joly, puisse les rencontrer en personne et les menacer du regard.

Par ailleurs, le président de la chambre des communes du parlement canadien, Anthony Rota, présente ce lundi ses excuses pour avoir fait ovationner vendredi dernier, par erreur, en présence du président ukrainien, un grand Canadien, Yaroslav Hunka, ancient SS ukrainien résidant dans sa circonscription. Deux jours avant Yom Kippour, il fallait le faire. Only in Canada. L'ambassadeur polonais au Canada, Witold Dzielski évoque de possibles lacunes en matière de culture générale.

Laissons le dernier mot à un homme de lettres qui s'est illustré dans le roman d’espionnage impeccablement documenté, et candidat malheureux à l’admission à l’Académie française, le regretté Gérard de Villiers, qui faisait une sobre appréciation du Canada au temps de la guerre froide, toujours d’actualité mutatis mutandis.

Les Canadiens ne peuvent faire la différence entre un espion soviétique et un ours polaire.

LP


Tuesday, September 12, 2023

Les commémorations des 11 septembre.

Le 12 septembre 2023. 

Certain basics about human nature do not change. Man needs a certain moral sense of right and wrong. There is such a thing called evil.
- Henry Kissinger.

C’est dans le recueillement que les Etats-Unis se sont solennellement souvenus de la tragédie du 11 septembre 2001, jour où furent assassinées par Osama Binladen 2763 personnes, sans oublier, en outre, notamment, les secouristes malades, dont le parcours du combattant afin d’obtenir des indemnisations et des soins est loin d’être terminé. La procédurite, c’est aussi ça l’Amérique : les cancéreux, même héroïques, qui vomissent leurs lambeaux de poumons ensanglantés, n’impressionnent pas toujours les fonctionnaires chargés de l’instruction de leurs dossiers, et les émeuvent encore moins (cf. “Born on the 4th July”). Agiter les drapeaux et prononcer d’émouvants discours patriotiques, voilà qui obère nettement moins les finances publiques...

Dans l’hémisphère sud, le Chili, lui, s’est souvenu du 11 septembre 1973, jour où le président américain Richard Nixon et son dévoué exécuteur des basses oeuvres Henry Kissinger, mirent fin, avec extrême préjudice (à distance, évidemment), au mandat du président chilien démocratiquement élu, Salvador Allende, et instaurèrent un règne de terreur de 17 années, pendant lesquelles le Gauleiter Augusto Pinochet, put occire (ou faire “disparaître”) quelque 3200 personnes et en faire torturer environ 38 000. Mais, pour le conseiller alors chargé de la sécurité nationale (l’idole du Bangladesh depuis 1971), tel était le faible prix à payer pour protéger le territoire américain d’une imminente invasion ourdie à partir de Santiago...

Moralité : l’intensité et les modalités des conflits sont souvent fonction de la latitude et de la longitude. Les Yéménites confirmeront.

LP

 

Sunday, August 13, 2023

Le mysticisme islamique à la sauce sénégalaise.

Le 13 août 2023.

If you tell a lie to make a person better, then that is not a sin.
- Sun Myung Moon.
 
Les mensonges qui ont vécu 40 ans doivent être considérés comme des vérités.
- Article 17 de la Charte du Mandé (ou Charte de Kouroukan Fouga) de 1236.

L’oecuménisme n’est pas une simple aspiration, il est une réalité concrète.

Les gourous dominateurs constituent le point de rencontre de tous les mouvements propageant des doctrines comportant des éléments surnaturels. Il n’y a pas que les cathos qui sont enfoncés jusqu’au cou (pour ne pas dire ailleurs...) dans les scandales sexuels.

Le Sénégal connaît ces jours-ci des scandales à répétition chez les maîtres coraniques, notamment à Keur Gol, quartier miséreux de Touba, la ville sainte de la confrérie musulmane des mourides, très influente dans ce pays. On évoque notamment plusieurs dizaines de viols commis par le Raël sénégalais, Serigne Khadim Mbacké, 34 ans, issu d’une des prestigieuses familles de ce mouvement. Le 5 juin, après une cavale de plusieurs semaines, il a été placé sous mandat de dépôt.

Une première pour les autorités judiciaires de ce pays, auxquelles l’on ne saurait reprocher un excès de zèle en matière de crimes familiaux et sexuels. (Contrairement à leurs intraitables homologues pakistanais et afghans, cela va de soi).

Et... quelle surprise. Un serviteur de Dieu respecté, aurait commis des viols (allégués) dans la maison du Seigneur même, à savoir dans une pièce de l’école coranique (pendant du presbytère/confessionnal catho) où il aurait attiré son gibier. Ces rapports intimes (allégués) imposés auraient été suivis (autre surprise) de menaces (alléguées). Selon les témoignages : 

“Chaque matin, il demandait à une élève – les garçons n’étaient pas choisis – de le suivre dans la pièce attenante à la salle de cours pour réciter des versets. Il leur faisait boire un breuvage, puis les agressait. A celles âgées de 10 ans, il imposait fellations et attouchements. Les plus âgées subissaient des viols avec pénétration. A toutes, il prétendait avoir le pouvoir mystique de savoir si elles le dénonçaient grâce à ses visions. Les plus âgées subissaient des viols avec pénétration.“

(On notera les grandes ressemblances avec les pratiques catholiques classiques, avec cette différence non négligeable : les garçons ne sont pas concernés en l’espèce).

Bien entendu, depuis que l’affaire est devenue publique, les “victimes” (alléguées) sont ostracisées et font même l’objet de menaces supplémentaires (alléguées) de la part de membres de la communauté. On tombe des nues.

(Autre détail, quant aux grossesses résultant des inoculations du maître, demeure exclu l’avortement. Le législateur sénégalais a ses priorités et ne plaisante pas avec la morale).

Pourtant ce genre d’événements ne suscite que peu d’échos chez certaines élites occidentales autoproclamées, islamo-gauchistes, comme La France Insoumise en France, ou promotrices du multiculturalisme à la canadienne. (Suite à l’agression récente de Salman Rushdie, elles ont observé un silence assourdissant). Ces bonnes âmes relativiseront et voudront y voir un complot ourdi par des xénophobes intolérants pour discréditer l’ouverture à l’altérité. Pour elles, c'est signé. Et puis, après tout, ces controverses ne sont-elles pas démesurées?

Certaines “victimes” (alléguées) de Mbacké auraient été des gamines de 8 ans? Mais puisque l'âge de nubilité est de 9 ans selon la charia, cette expérience prénuptiale est une excellente préparation sur le terrain pour le mariage, qui épargnera aux futures épouses des tâtonnements maladroits et inutiles lors de la nuit de noces, que n’apprécierait pas le jeune marié de 75 ans, éleveur (de) bovin(s) de son état, qui en veut pour son argent.

Et le viol n’est un crime au Sénégal que depuis 2020. Une loi adoptée sur un coup de tête?

La solution évidente à première vue eût été que ce saint homme épousât ses "victimes" (alléguées). Malheureusement, la charia impose une limite de 4 épouses, nettement trop restrictive.

Chose certaine, Serigne Khadim Mbacké a eu son acompte, un "à valoir", sur les 72 vierges qui l'attendent au paradis avec “les trente-six filles de Touba”. Il conserve la moitié de son capital.

Puisque les Canadiens, surtout au Québec, se sont détournés du christianisme (il faut rappeler cette regrettable corrélation statistique entre le déclin des contes et légendes et l’accès des populations à l’éducation, et donc à la pensée rationnelle), quand auront-ils enfin suffisamment de civilisatrices madrassas, financées par le contribuable au nom de l'intérêt public, pour confier à leurs bons soins leurs enfants, surtout leurs filles?

LP

Saturday, August 5, 2023

Sur la scène internationale, grand triomphe (et menus revers) de Justin Trudeau.

 Le 5 août 2023.

 

De la musique avant toute chose.
- Paul Verlaine.

 

Qui a dit que le premier ministre canadien ne peut changer les choses? Grâce à son efficace intervention, il a obtenu un succès inespéré, de nature à bouleverser la vie de l’électeur canadien lambda.

Bien sûr, cet extraordinaire développement a fait l’objet d’un consensus de la classe politique canadienne, mais il fallait un chef de gouvernement d’envergure comme “Blackface” Trudeau pour réussir à unifier les diverses forces politiques du pays autour d’un enjeu crucial.

On l’aura compris, on ne parle pas de n’importe quelle “scène” : la chanteuse américaine Taylor Swift s’est rendue aux déchirants appels de Justin et se produira finalement au Canada en 2024, dans la capitale économique du pays, Toronto. Et on ne fait pas dans la demi-mesure : il y aura 6, oui, 6 concerts.

Le prochain été n’aura rien de cruel pour les Swifties canadiens.

Cet immense succès diplomatique fait presque oublier la frustration éprouvée par le gouvernement canadien suite au récent coup d’état militaire au Niger, (“fermement” condamné, comme il se doit), sans oublier les 3 décennies d’appui financier et institutionnel consacré en pure perte à la sécurité d’Haïti.

En ce qui concerne ce dernier pays, il est permis de douter de l’efficacité d’une intervention multinationale dirigée par le Kénya comportant notamment l’envoi de 1000 policiers kényans. Trop peu, trop tard. (Incidemment, on ne peut pas dire que les interventions de ce pays en République démocratique du Congo et en Somalie aient donné des résultats particulièrement impressionnants). Le nettoyage des écuries d’Augias haïtiennes serait plutôt, en principe, une mission relevant, par exemple, du 2e régiment étranger parachutiste de la légion étrangère. À défaut, Justin doit abattre sa carte maîtresse.

Que sa ministre des affaires étrangères, Mélanie “Clint” Joly prononce une allocution télévisée destinée aux intervenants de ces deux pays. Seul son regard au laser, qui a donné des sueurs froides à son homologue chinois il y a quelques semaines, est susceptible d’y rétablir l’ordre.

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Que de charmes dans ton amour, ma soeur, ma fiancée! Comme ton amour vaut mieux que le vin, Et combien tes parfums sont plus suaves que tous les aromates!
- Cantique des Cantiques, 4:10.

Cependant, ce triomphe Justinien a été assombri, par l’annonce, qui bouleverse le monde entier (et surtout la presse pipole), de la fin du conte de fées entre l'ex-professeur d'art dramatique et roi de la glisse sur neige et son épouse, Sophie Grégoire, jadis animatrice de télévision. Après s’être copieusement mis en scène, ainsi que leurs enfants, dans leur intimité, sur les réseaux sociaux, au fil des ans, les époux en froid demandent maintenant, cela va sans dire, le respect de leur vie privée.

(Cependant, vu qu'il ne s'agit que d'une "séparation", il est toujours permis d'espérer une réconciliation).

Une consolation, on assiste à une nouvelle chronique romantique, aux Etats-Unis cette fois. Il faut avoir foi en le pouvoir de l’amour.

On apprend que Howard Hubbard, qui fut évêque d’Albany dans l’État de New York, et actuellement évêque “émérite” (sic), qui a étouffé pendant 25 ans des affaires d’abus sexuels, et qui est personnellement accusé de tels abus sur des mineurs, vient de convoler en justes noces, à l’âge de 86 ans.

On attend le numéro spécial de Gala et l’émission de Stéphane Bern.

Il faut croire que la sève remontait de manière irrépressible (que voulez-vous, il faut que jeunesse se passe) car il n’a pas attendu que le Vatican approuve son renvoi de l’état clérical, qui aurait mis fin à son obligation de célibat, sa demande ayant été suspendue en mars; il lui était conseillé de faire preuve d’un peu de patience dans l’attente de la résolution définitive des procédures judiciaires séculaires le concernant. Mais l’intéressé fait valoir que, selon son calendrier, cette conclusion pourrait arriver alors qu’il aura atteint l’âge de 91 ou 92 ans... La charité chrétienne appelle l’indulgence (au sens propre...) quant à ce manquement mineur au code de droit canonique qu’est un mariage civil, non reconnu par Notre Sainte Mère l’Église.

Élément intéressant pour un ancien prélat catholique : il a uni sa destinée avec une femme. Cela dit, on peut penser que les jeunes mariés ne feront pas face à de trop graves problèmes sur le plan de la contraception et de l’avortement et qu’ils respecteront intégralement et scrupuleusement la doctrine de l’Église en la matière.

On souhaite beaucoup de bonheur aux deux tourtereaux!

LP

 

Friday, July 28, 2023

Eric-Emmanuel Schmitt est chrétien! Qu’on se le dise!

Le 28 juillet 2023.

Fight the real enemy.
- Sinead O’Connor.

Quel extraordinaire parcours spirituel que celui de Eric-Emmanuel Schmitt, exposé dans l’édifiant entretien accordé au “Monde” le 23 juillet dernier à l’occasion de la sortie de son livre Le Défi de Jérusalem dans toutes les bonnes librairies.

Son point de départ fut l’athéisme familial. Voici la première étape de sa conversion :

Mais un jour, le jeune homme de 28 ans que j’étais est parti en voyage ; entré dans le désert athée, j’en suis ressorti croyant. Je me suis perdu pendant trente-deux heures dans les montagnes du Hoggar, et la nuit que j’ai passée sous les étoiles s’est muée en expérience mystique... Néanmoins, si cette nuit dans le désert m’a donné la foi, cette dernière n’était déposée dans aucun cadre religieux. C’était une foi en Dieu, en l’Absolu. Je suis ressorti croyant mais pas chrétien, j’avais foi dans le Dieu de toutes les religions et d’aucune en particulier.

Le Hoggar fut une amorce de chemin de Damas. Le désert est, paradoxalement, un terrain fertile en matière de mysticisme et de révélation, le terrain de jeu préféré des forces supérieures : pensons à l’Exode, à Jésus qui y fit 40 jours de jeûne (rien de tel pour stimuler les neurones) en compagnie des anges et de Satan, et à Mohamed, fondateur de l’Islam, qui y reçut de Jibrail l’odre de “réciter”. Schmitt est en bonne compagnie.

Pourtant, à ce stade, il s’en tenait à un absolu pur et simple, sans l’appareil de miracles, de récits merveilleux, etc.

Mais il n’était pas arrivé à destination.

Par la suite, il vit dans les témoignages des mystiques la confirmation de son sentiment ressenti dans le dessert. (On peut penser qu’avoir fait sa thèse de doctorat, même sur l’athée Diderot, sous l’aile de Jacques Derrida, au langage ésotérique inimitable, explique cette réceptivité...)

Puis, les choses se précisent :

Quelques années plus tard, je lis au cours d’une nuit les quatre Evangiles à la suite, ce que je n’avais jamais fait. Cela me bouleverse pour deux raisons : à mon expérience du désert venait s’ajouter l’importance de l’amour, les Evangiles nous invitant à modifier notre rapport à l’autre, lequel ne doit plus se jouer sur le mode de la peur et de l’intérêt mais de l’amour. Avant le christianisme, aucune religion n’avait eu autant d’audace. Dans le judaïsme, il s’agit de remplacer la crainte par le respect – ce qui est déjà énorme. Mais la folie du christianisme, le romantisme du christianisme, c’est de remplacer le respect par l’amour.

D’aucuns objecteront qu’une doctrine religieuse totalitaire (“celui qui n'est pas avec moi est contre moi”) n’est peut-être pas vraiment de nature à évoquer l’amour.

En outre, puisque selon la bande des 4, le Christ s’est fait homme, il a manifesté opté pour l’incarnation en un maniaco-dépressif, capable de prononcer de mièvres béatitudes un jour (ou une nuit : “mon royaume n’est pas de ce monde”), d’entrer dans une rage folle l’autre (cf. la malédiction du figuier, les marchands du Temple), et enfin d’appeler à la guerre sainte : Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre : je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. Oui, je suis venu séparer l’homme de son père, la fille de sa mère, la belle-fille de sa belle-mère : on aura pour ennemis les gens de sa propre maison.” (apparemment, plus question de tendre la joue gauche?). Vaste et rassurant programme, mais, sur le plan du respect, voire de l’amour (surtout familial), on a vu plus convaincant.

Schmitt ajoute, sans rire :

Je pense que les chrétiens sont des juifs sentimentaux (sic).

(Au passage, les juifs vous saluent bien, M. Schmitt).

En effet, l’histoire regorge d’exemples de sentimentalisme et d’amour chrétiens : 2000 ans de persécutions contre les juifs déicides, les bûchers de l’Inquisition, les guerres de religion opposant catholiques et protestants, les prêtres sodomites, etc.

Il poursuit :

L’autre élément qui m’interpelle, c’est que les quatre Evangiles ne racontent pas la même chose. J’y vois un facteur d’authenticité – dans un procès, les faux témoins sont toujours d’accord.

On constate ici la reprise d’un classique et spécieux argument d’ecclésiastiques qui aiment jouer à l’avocat. On répondra simplement que des témoignages fiables, rendus devant un tribunal et scrupuleusement sténographiés, seront, en substance, concordants. Rien de tel en l’espèce : plus que des divergences, des fossés inconciliables. Un simple exemple : le ministère de Jésus a-t-il duré 1, ou 3 ans? L’homme de lettres devrait consulter un avocat plaideur qui l’éclairera sur le droit processuel.

En outre, à cette époque, dans cette région du monde, des messies et évangiles, il en circulait 13 à la douzaine. Schmitt prête foi (au sale comme au figuré) à des documents relatant des soi-disant événements s’étant produits un (demi-)siècle avant leur rédaction, triés et compilés par Irénée Saint-Irénée (promu docteur de l’Eglise par le pontife François en 2022, halleluyah), dans son magistral “Contre les hérésies” (titre éminemment humaniste), écrit vers 180 de notre ère. On recommandera au dramaturge de solliciter les lumières d’un historien quant à la méthode historique, notamment à la critique externe des documents.

(Parlant de procès, celui de Jésus, Daniel-Rops disait avec aplomb : “on peut suivre les événements minute par minute”... Bien avant CNN).

Nous arrivons au (sacré)coeur de la pensée schmittesque :

J’observe que depuis que nos sociétés ne croient plus en Dieu elles croient en n’importe quoi : astrologie, numérologie, et j’en passe. Il y avait au moins une bonne chose dans la domination des Eglises chrétiennes : elles indiquaient (sic) en quoi croire – les quatre Evangiles – plutôt qu’en n’importe quoi.

(Petite rectification : il n’y a jamais eu “indication”, mais bel et bien “prescription” ou “obligation”, sous peine de la géhenne éternelle, qui englobait aussi les actes des apôtres, l’apocalypse, etc.)

Mais, en effet, ces textes journalistiques et quasi notariés exposent des faits purement historiques : résurrections, guérisons, multiplication des pains et des poissons, la fable du recensement romain qui expliquerait la naissance du messie nazaréen à Bethléem... Tout ça n’est évidemment pas “n’importe quoi”. C'est du costaud. Du philosophique.

En conclusion, il y a quand même une troublante fausse note chez le philosophe :  

 Et puisque le récit n’est pas figé, qu’il est vivant, il y a une place pour une autre lecture – la mienne –, une place pour un cinquième évangile – le mien : un évangile critique, personnel.

Sauf erreur, nous sommes en pleine hérésie protestante : la parole divine est immuable et chaque mot, chaque iota, vaut son pesant de cacahuètes, et Notre Sainte Mère l’Eglise en conserve le monopole d’interprétation.

LP

PS. NIOUZE FLACHE!

Parlant de prescriptions rituelles, on apprend que la joueuse d’échecs iranienne Sara Khadem, qui a eu l’effronterie de jouer sans porter son hijab au cours d’une compétition internationale à Almaty (Kazakhstan) en décembre 2022, au mépris de la loi de son beau pays, vient d’obtenir par faveur spéciale la nationalité espagnole, où elle a établi sa résidence. Il va sans dire que, pour ce crime inqualifiable, un mandat d’arrêt avait été promptement lancé contre cette vicelarde tentatrice. Cette naturalisation est le comble de l’insulte pour l’honneur iranien. Les vrais croyants attendent maintenant le lancement d’un mandat d’arrêt international visant aussi le premier ministre espagnol Pedro Sanchez pour entrave à la justice divine. Pour l’instant, que ce répugnant impie et sa protégée brûlent en effigie à Téhéran dans l’attente (trop longue) de leur décapitation!

 

Saturday, July 8, 2023

A very cruel summer in Canada.

 Le 8 juillet 2023.

Hot summer streets and the pavements are burning
I sit around
Trying to smile but the air is so heavy and dry
Strange voices are sayin' (what did they say?)
Things I can't understand
It's too close for comfort, this heat has got right out of hand

It's a cruel, (cruel) cruel summer
Leavin' me here on my own
It's a cruel, (it's a cruel) cruel summer
Now you're gone

- Bananarama (“Cruel summer”), 1983.

 

L’on pense surtout à la vague de chaleur sans précédent qui se traduit notamment par de nombreux feux de forêts écorchant le Canada d’un océan à l’autre. On pense aussi à la commémoration de la tragédie ferroviaire de Lac Mégantic, au Québec, qui fit 47 morts il y a 10 ans. Mais c’est perdre de vue l’accessoire pour l’essentiel.

Heureusement que le premier ministre canadien, qui venait d’assister à ladite commémoration, a su garder la tête... froide dans l’intérêt supérieur du pays. Mais enfin, quoi, c’est pas le tout, la vie continue, n’est-ce pas? Et il faut faire face aux vraies crises. Il a ainsi pu comprendre lucidement l’urgence de l’heure : non pas le maintien, par son gouvernement, des forages pétroliers offshore, mais l’absence de la grande artiste lyrique américaine Taylor Swift des scènes canadiennes. Yo, Taylor! Il implore la diva de faire acte de présence au Canada par ce déchirant gazouillis : 

“It’s me, hi. I know places in Canada would love to have you. So don’t make it another cruel summer. We hope to see you soon.”

Quelques jours auparavant, le député conservateur albertain Matt Jeneroux annonçait d’ailleurs le dépôt d’une plainte officielle au nom de l'ensemble des Swifties (NOTE POUR LES CAVES : il s’agit des fans canadiens de Taylor Swift, pas de l’auteur de “A modest proposal”, dont le registre diffère), solennellement retransmise par lettre adressée au président de la Chambre des communes, Anthony Rota, démarche appuyée par la députée conservatrice Melissa Lantsman ainsi que par la députée libérale Ya'ara Saks.

Il est rassurant de constater que, lorsqu’il y a péril en la demeure, l’unité nationale transcende les clivages partisans.


Chacun sait qu’il y a une vie après la politique. La voie est toute tracée pour le télégénique acteur Justin “Blackface” Trudeau lorque sera venue la fin de son film primoministériel bien millimétré par ses metteurs en scène : encore plus mignon que le regretté Dick Clark, il sera l’animateur idéal, à l’écran, de la version modernisée de “American Bandstand” en Amérique et aussi de “Salut les copains” (SLC) en France, où sa langue française, que l’on qualifiera avec indulgence de rocailleuse, lui assurera un charme tout anglo-saxon.

LP

 

 

Sunday, July 2, 2023

Fin de la “discrimination positive” aux États-Unis. Vraiment?

Le 2 juillet 2023.

 

Donne au sage, et il deviendra plus sage; Instruis le juste, et il augmentera son savoir.
- Proberbes 9:9.
 
Rien ne me fait douter davantage de la fameuse égalité des chances que l'héritage.
- Philippe Bouvard.
 

À six contre trois, la Cour suprême américaine vient de trancher, par l’arrêt Students for Fair Admissions c. Harvard : l’”affirmative action” n’a plus sa place aux Etats-Unis en matière d’admission aux universités. Exit les facteurs ethniques. Pavoise l’ex-président américain Donald Trump, qui annonce triomphalement sur Truth Social : We’re going back to all merit-based—and that’s the way it should be!”. En effet, quel plus beau symbole de la méritocratie que le fondateur self-made man de la Trump University? Only in America!

(Parmi les six figure, ironiquement, le juge Clarence Thomas, grand amateur de films documentaires, dont la carrière entière, y compris sa nomination à la Cour suprême, est due à la discrimination positive. On se fût attendu à ce qu’il se récusât vu la nature de l’afffaire, mais cet ami des millionnaires ne l’a pas entendu de cette oreille.)

Un beau jour pour Edward Blum, président et membre unique du “Project on Fair Representation” qui a orchestré cette procédure; il déclare : 

“When we talk about diversity, we are not talking about individualized characteristics of individual students, we are talking about how they look and what the diversity movement really fails to understand is that how a student looks does not tell us anything about who that student is, what is important to that student, the various qualifications and interesta and likes and dislikes.”

L’on admettra que l’efficacité du principe même de la discrimination positive est susceptible d’arguments contraires, mais c’est un pur sophisme de feindre de voir dans cette mesure réparatrice d’injustices séculaires une “discrimination” au sens de la loi. Le législateur américain accorde à l’occasion globalement des avantages collectifs à des catégories de personnes envers lesquelles le pays a une dette; par exemple, les anciens combattants, ont certaines facilités pour accéder à la fonction publique; traditionnellement, certaines universités elles-même leur accordent un traitement préférentiel en matière d’admissions. L’ancien président George Herbert Walker Bush (père de Dubya) reçut son diplôme d’économie politique de l’université Yale au terme d’un programme allégé de deux ans et demi au lieu des quatre ans traditionnels au titre de vétéran de la seconde guerre Mondiale.

(Il faudrait informer tant le juge Thomas qu’Edward Blum que, selon la loi allemande, les juifs, ayant notamment des racines en Europe orientale, disposent de certains avantages particuliers, par exemple en matière d’immigration; ils seront peut-être étonnés d’apprendre que l’Allemagne ne semble pas avoir une armée d’Edward Blums bataillant pour déférer la question au Bundesverfassungsgericht).

L’on admettra volontiers aussi que la chevelure blonde, les taches de rousseur, ou les yeux bleus d’un étudiant originaire du Minnesota ne sont pas très instructifs quant à l’intéressé. Par contre, on répondra fermement à M. Blum que, dans le contexte américain, un teint cutané basané et des cheveux plus ou moins ondulés constituent bel et bien, de prime abord, la première page d’un long et sinistre livre d’histoire.

Par analogie, on peut aussi penser aux bénéficiaires d’un recours collectif ("class action"0, par définition global, mais plus gérable qu’un déluge de réclamations individuelles.

Les conservateurs américains sont les principaux propagateurs du mythe voulant que ce fut l’”affirmative action”, mise en place pendant les années 1960, consistant en la prise en compte de critères ethniques, qui constitua une innovation qui sonna le glas de la méritocratie stricte suivie jusqu’alors. Cette fable est d’autant plus pernicieuse que la société américaine e nest une qui vit au présent, sans vision historique.

Jusque dans les années 1920, les demandes d’admission ne se faisaient pas sur dossier, ni même par concours : chaque postulant se présentait à un examen d’entrée (peu exigeant d’ailleurs), auquel il réussissait, ou échouait. En résultait son admission, ou son rejet, purement et simplement. Vu que ces soit-disant grandes institutions du savoir n’étaient en substance que des clubs sociaux conçus pour l’élite sociale WASP, ce système avait quand même pour inconvénient d’ouvrir les portes à une trop grande proportion d’étudiants juifs. Une abomination. Mais on pouvait compter sur la proverbiale “American ingenuity” de l’élite pour combattre cette répugnante infestation : il fallait régler “the Jewish problem” et repousser “the Hebrew invasion”.

On découvrit tout à coup qu’une simple note obtenue à un examen ne donnait pas le “portrait complet” de l’étudiant. Maisnonmaisnonmaisnon, il fallait tenir compte de l’ensemble de sa personnalité, de son expérience, de ses antécédents, de sa motivation, etc.. D’où la nouvelle procédure de candidature sur dossier et, comme par hasard, on a pu alors donner leur chance à de solides rednecks blonds du Kansas susceptibles d’intégrer l’équipe de football, plus conviviaux que les cérébraux et malingres juifs, au teint olivâtre, à lunettes posées sur un nez crochu, friands de gefilte fisch, et trop récemment sorti du shtetl. De nombreuses institutions conservèrent par ailleurs, très ouvertement, des quotas visant aussi les Afro-Américains, Latinos...

 noter que les resquilleurs particulièrement retors ont parfois eu l’outrecuidance de présenter leur candidature après modification de leur nom de naissance, mais ils étaient vite repérés par des services d’admission aguerris, à qui on ne la faisait pas : quand on est né à Buczacz, en Galicie orientale, on ne s’appelle pas Sheldon Rose, mais Shlomi Rosenczveig.).

Sans oublier le système des “legacies”, qui n’a pas encore disparu : certaines institutions favorisent officiellement les enfants de leur anciens.

(Il est difficile de ne pas voir l’analogie avec les “grandfather clauses” dans les Etats du Sud, une technique juridique utilisée après 1865 selon laquelle, pour être électeur, il fallait avoir eu un grand-père électeur.)

Les candidats “preppies” (voir “Le cercle des poètes disparus” avec Robin Williams en v.f., pour l’ambiance), sur lesquels on peut compter pour faire plus tard, à leur tour, des donations à l’association des anciens étudiants (qu’on désigne du délicieux euphémisme de “candidates with development potential”) peuvent “acheter” leur place, et... la place de leurs propres enfants plus tard. Un cercle “vertueux” (si l’on ose dire pour ce genre de pacte faustien), mais plus question de briser le “cercle vicieux” de la misère des étudiants issus du ghetto : le Noir de Flint (Michigan), biberonné à l’eau du robinet empoisonnée au plomb et atteint de troubles neurologiques, ayant fréquenté l’école publique délabrée du quartier et fait ses devoirs le soir au son des coups de feu échangés par les trafiquants de drogue, aura un peu plus de mal à présenter un dossier concurrentiel à l’université du Michigan, mais il lui restera le Kalamazoo Community College et même le Northern Virginia Community College (NOVACOCO), nettement plus abordables financièrement.

Il faut méditer ces judicieuses observations du juge Thomas : 

I have long believed that large racial preferences in college admissions “stamp [blacks and Hispanics] with a badge of inferiority... They thus “tain[t] the accomplishments of all those who are admitted as a result of racial discrimination” as well as “all those who are the same race as those admitted as a result of racial discrimination” because “no one can distinguish those students from the ones whose race played a role in their admission.... Consequently, “[w]hen blacks” and, now, Hispanics “take positions in the highest places of government, industry, or academia, it is an open question . . . whether their skin color played a part in their advancement... The question itself is the stigma—because either racial discrimination did play a role, in which case the person may be deemed ‘otherwise unqualified,’ or it did not, in which case asking the question itself unfairly marks those . . . who would succeed without discrimination.”

En effet. Par contre un George Dubya Bush (fils de George Herbert Walker) n’a jamais été frappé de cette cruelle marque d’infamie à Yale (l’université de papa), ni les étudiants admis sur la promesse “codée” de leur père de financer un nouveau centre sportif à l’entrée duquel figurera une plaque nominative. On est loin du petit “coup de pouce” aux minorités, impitoyablement retoqué par la haute, très haute juridiction américaine.

Cette controverse devrait, en fait, inciter à la réflexion sur le fétichisme des universités américaines “prestigieuses”. Exception (importante) faite des programmes scientifiques, ces institutions ne sont souvent, en substance, que des réseaux relationnels (à peine) déguisés. Il en coûte par année scolaire 63 000$ pour étudier l’histoire de l’art à Columbia, mais si l’on ventile ce chiffre, la réalité est que l’on paye environ 30 000$ de frais de club occultes et 33 000$ au titre de la scolarité proprement dite. Le recrutement des enseignants se fait trop souvent par cooptation, sans prise en compte de leurs capacités pédagogiques. Combien de facultés de gestion et de droit comptent des politiciens vedettes, et d’étudiants n’ayant jamais lu plus que 20 livres dans leur vie?

Et que de tripotages pour bien figurer sur le "QS World University Rankings", l'attrape-nigaud par excellence.

Le truculent président Lyndon Johnson avait dit du regretté Gerald Ford, avant son accès à la plus haute magistrature : “He can’t fart and chew gum at the same time.” Et pour cause : "He's a nice fellow but he spent too much time playing football without a helmet.” Pourtant, ce dernier obtint son diplôme de droit de l’université Yale à un rang honorable. Plus récemment, George Dubya Bush (le fils du père), un cancre au secondaire, obtint son Bachelorr of Arts en... histoire (authentique!) de Yale et devint un gestionnaire certifié par le M.B.A. de Harvard... À l’instar de nombreux condisciples émoulus de cette B-School, il amènerait à la faillite les unités de l’empire pétrolier Bush dont le clan l’avait chargé (ces erreurs de gestion ne seraient d’ailleurs pas ses dernières).

Ce qui distingue Harvard et Yale du City College de New York, ce sont leurs confortables locaux plus lambrissés, ornés de portraits d’anciens donateurs barons voleurs.

Le juge Thomas conserve triomphalement son titre de “honorary white”, tandis que Edward Blum décroche le prix Roy Cohn. La discrimination (très) positive a encore de beaux jours devant elle pour les épiscopaliens détenteurs de comptes bancaires bien garnis à Jersey, paradis fiscal garantissant le secret bancaire (à ne pas confondre donc avec "Joysey") et leurs mioches.

LP