Monday, June 10, 2024

France : la nationalisation du scrutin européen est complète.

Le 9 juin 2024. 

Pesons le gain et la perte, en prenant croix que Dieu est. Estimons ces deux cas : si vous gagnez, vous gagnez tout ; si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu'il est, sans hésiter.
- Blaise Pascal.

Alors que le président Macron avait rejeté l’idée d’une confusion entre les enjeux européens et nationaux français, il dissout l’assemblée nationale en réaction au succès du Rassemblement national le 9 juin. Jordan Bardella, tel une déjection dans un bas de soie, a attiré comme des mouches 31% de l’électorat.

Le chef de l’État mise-t-il sur une signification purement protestataire du vote sur la scène européenne? Y aura-t-il suffisamment de diptères pour se transformer en abeilles et butiner des champs plus fleuris? Pari risqué.

Malheureusement, la république, une et indivisible, court maintenant le risque réel de voir s’installer à Matignon en juillet prochain un pantin, qui, non content de porter un prénom bien américain fleurant bon les feuilletons télévisés quotidiens usinés dans les studios de Los Angeles, affiche une ressemblance angoissante avec Pee-wee Herman, personnage iconique, ce qui n’a rien de rassurant.

LP

 

Monday, June 3, 2024

Jordan Bardella, ou la poupée Ken.

Le 3 juin 2024.

Autour de moi j’entends rire
Les poupées de chiffon
Celles qui dansent sur mes chansons […]
Elles se laissent séduire
Pour un oui pour un nom
- Serge Gainsbourg (Poupée de cire, poupée de son).
 
Mais la France c'est aussi un pays
Où y a quand même pas cinquante millions d'abrutis.
- Michel Sardou.

Le 9 juin prochain auront lieu les élections européennes, transformées en scrutin purement hexagonal par Marine Le Pen, dont le programme plein de vide est incarné par son mignon pantin Jordan Bardella, digne héritier de Nigel Farage, tête de la liste Rassemblement National. Il faut reconnaître que cette « nationalisation » du scrutin a bénéficié de l’aimable concours du président Macron lui-même : il a envoyé au… "front" son premier ministre Gabriel Attal qui a fait face à Jordan au débat télévisé, en écartant la tête de liste de son parti Renaissance Valérie Hayer; manifestement, il savait que cette illustre inconnue ne ferait pas le poids. Selon les sondages, la liste RN pourrait recueillir un tiers des électeurs, qui n’ont rien trouvé de mieux pour exprimer leur insatisfaction du président Macron. La stratégie de dédiabolisation du parti fondé par l’artiste de la gégenne en Algérie, le tortionnaire Jean-Marie Le Pen, porte ses fruits. Empoisonnés. À l’évidence, les électeurs plus jeunes disposés à voir en lui un « sauveur » manquent de repères historiques.

Ce fils d’immigrants italiens prétend donc incarner aujourd’hui la France éternelle à Strasbourg.

Reconnaissons qu’avec son prestance de gendre idéal, il détrône Michel Drucker; en outre, grâce à la dilution de son ADN kabyle, il a le physique de l’emploi; par contre, l’arrière-petit-fils de son concurrent nord-af’, goy honoraire, Eric Zemmour, aura peut-être quelques chances.

Jordan est bien lissé, pimpant (il ferait un malheur dans le mannequinat) vu qu’il a été minutieusement formaté par tati Marine : ses liens quasi-conjugaux avec Nolwenn Olivier, fille de Marie-Caroline Le Pen (sœur aînée de Marine), lui ont donné accès à la belle villa Le Pen à Montretout. (Certaines entrées aboutissent à d’autres entrées). Pas mal pour le gamin qui a grandi dans un HLM de 93-Saint-Denis (un code postal qui fait toujours mauvais effet dans un CV). Voilà qui compense royalement une expérience professionnelle inexistante et ses 28 courts hivers. La politique, il est récemment tombé dedans étant donné qu’il est encore petit.

Cependant, personne en France ne remarque que ce héraut qui promet de « faire revenir la France » (sans préciser toutefois où elle est partie)  porte un prénom anglais fort pittoresque, manifestement tiré d’un de ces feuilletons quotidiens américains diffusés depuis plusieurs décennies pour divertir les cérébrales ménagères (pas seulement françaises de souche) entre deux lectures de Gaston Bachelard. L’hexagone contemporain pullule de Kévinne, Grégaurî, Alîssonne, Madisonne, et même… de Steeve (cf. Briois), etc.

Nul doute dire que Jaurdanne, version masculine de la poupée Barbie, qui récite avec application son texte facilement décryptable, est un enfant des « Feux de l’amour » et qu’il est sapé comme un dandy d’« Amour Gloire et Beauté » (« The Young and the Restless » et « The Bold and the Beautiful » en v.o.)..

Un indéniable « grand remplacement » culturel qui aurait horrifié Charles De Gaulle, mais qui donne aux talentueux acteurs de doublage français de quoi mettre un peu de beurre dans les épinards.

LP


Saturday, June 1, 2024

Donald J. Trump le crucifié, il faut prier pour lui!

 Le 1er juin 2024.

Il a été maltraité et opprimé, Et il n'a point ouvert la bouche, Semblable à un agneau qu'on mène à la boucherie.
Ésaïe 53:7.

Les commentateurs les plus éminents (dont le soussigné) et, bien sûr, les avocats de l’ex-président, avaient parié non pas sur un acquittement pur et simple, mais plutôt sur un « hung jury », c’est-à-dire sur un unique vote favorable à l’accusé sur 12. Mais, agréable surprise, la vérité a été constatée à l’unanimité. Trump est reconnu coupable, et sur toute la ligne.

Sa Majesté orange est donc déjà passée à l’histoire, à titre de premier ex-président américain condamné au pénal, ce qui suscite évidemment l’ire de la meute hurlante d’anthropoïdes prénéanderthaliens directement sortis de « La guerre du feu »; un magma visqueux de rednecks consanguins créationnistes.

Quid de la peine? Il est peut-être désormais permis de compter (prudemment) sur une peine d’emprisonnement ferme : une amende serait illusoire, et des travaux communautaires peu probables, encore que le ramassage des détritus sur le 5e Avenue serait une formule socialement intéressante. Mieux encore, on verrait très bien ce Chrétien exemplaire et admirateur autoproclamé de mère Teresa devenir aide-soignant dans un mouroir.

Vu l’intérêt du condamné pour le IIIe Reich, on peut imaginer que, comme toute personnalité politique persécutée, il sera tenté de mettre à profit son séjour derrière les barreaux (affublé de la tenue vestimentaire dont la couleur sera assortie à celle de sa chevelure) et d’écrire un livre-manifeste décrivant « son combat »; en effet, l’écriture contribue parfois à une prise ultérieure du pouvoir.

Mais le calendrier judiciaire sera plus lent que le calendrier électoral américain, ce qui exclut une installation dans Riker’s Island, ou plutôt Robben Island, avant le 5 novembre prochain. Il rate le Midnight Express. Trump se contentera donc de brandir sa condamnation en guise de trophée et d’argument de vente.

Ce qu’on appelle The art of the deal.

LP


Tuesday, May 21, 2024

Aller simple vers l’enfer pour Ebrahim Raïssi, le boucher de Téhéran.

Le 21 mai 2024.

 
Celui que Allah aime, Il l’éprouve.
- Hadith sur le destin.
 
Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n'aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? 
- Matthieu 7 :3-5.
 

Allah a rappelé à lui son fidèle serviteur, le président iranien Ebrahim Raïssi, version conservatrice de Genghis Khan qui sut faire preuve, en qualité de procureur général, de la fermeté nécessaire face aux insolentes citoyennes tentatrices ayant l’outrecuidance de se montrer en public sans voile. A défaut de chevaucher son buraq avant son ascension vers le firmament, c’est en hélicoptère que son ministère terrestre a pris fin. Sa place dans la rôtissoire infernale est déjà prête : il y retrouvera (oecuménisme oblige) de nombreux papes, cardinaux, imans et mollahs. On prévoit surtout d’attendrissantes retrouvailles avec Rouhallah Khomeini, illustre ancien Guide de la Révolution.

Sur le plan spirituel, les circonstances de la fin de carrière de Raïssi sont édifiantes. Selon les informations rendues publiques par les autorités iraniennes, sa monture hélicoïdale s’est écrasée en raison du manque de visibilité due à un épais brouillard. Faut-il y voir une métaphore de l’obscurantisme qui aveugle les esprits? En outre, il est signalé que la flotte héliportée iranienne date des années 1970, et que les pièces détachées se font rares, ce qui augmente leur dangerosité. Faut-il en inférer qu’il est périlleux de ne pas vivre avec son temps?

Les Iraniens (et surtout les Iraniennes) ont droit aux émouvantes condoléances de grands chefs d’Etat, comme le président vénézuélien Maduro et le « peacenik » Vladimir Poutine.

On notera en particulier la poignante réaction de la présidence sud-africaine :

"This is an unthinkable tragedy that has taken the life of a notable leader of a nation with whom South Africa enjoys strong bilateral relations and that we had the honour of receiving in the BRICS group [Brazil, Russia, India, China and South Africa] in Johannesburg, in 2023",

En effet, l’État, dont la réputation en matière d’administration publique et d’harmonie sociale interne n’est plus à faire, qui accuse aujourd’hui Israël de génocide devant la Cour internationale de justice à La Haye, peut s’enorgueillir de sa tradition de fraternel accueil d’honorables, voire vertueuses personnalités politiques étrangères comme le président soudanais Omar el-Bechir, pourtant visé par deux mandats d'arrêt internationaux de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l'humanité et génocide. Par ailleurs, le président Cyril Ramaphosa, recevait récemment avec une chaleureuse poignée de main le général « Hemetti » (Mohammed Hamdan Daglo pour les intimes), qui s’est illustré par ses faits d’armes au Darfour et qui met à l’heure actuelle à feu et à sang son propre pays dans une lutte de pouvoir contre le général Burhan, chef de l'armée régulière soudanaise.

Incidemment, pour en revenir aux chefs religieux, le Vatican vient de blanchir le cardinal canadien Gérald Cyprien Lacroix relativement à des allégations d’abus sexuels. Rien ne justifie donc des poursuites canoniques plus poussées. La plaignante, qui avait 17 ans au moment des faits allégués, a eu l’effronterie de ne pas se prêter à l’enquète rigoureuse du juge à la retraite québécois André Denis, préférant s’en remettre à la vulgaire justice séculaire. Un scandaleux manque de foi. Par contre, la collaboration du cardinal a été sans faille. Comme l’explique objectivement l’enquêteur (on peut même dire l’inquisiteur) Denis : « Monseigneur Lacroix a été posé, spontané et crédible… il a collaboré à mon enquête de toutes les façons que j'ai jugé utiles et affirme qu'il n'a jamais posé les actes qu'on lui reproche ». Tout est dit.

« Le Vatican a remercié le juge Denis pour son travail et a précisé que ce dernier a reçu l'autorisation de publier un mémoire résumant les éléments de son enquête ». Voilà qui prouve la totale transparence du processus judiciaire vaticanesque. La devise du Saint-Siège peut être résumée ainsi : « Let the chips fall where they may ». Il n’y a que des athées mécréants pour en douter. Le dossier devrait donc être clos, mais…

Affaire encore à suivre, hélas : le martyre de cet éminent prélat se poursuit devant les juridictions humaines québécoises. Il y a des bûchers (ou des sabres de décapitation) qui se perdent.

LP


Thursday, May 9, 2024

Alarmante érosion de la bienséance parlementaire au Canada.

 Le 9 mai 2024.

Le style c’est l’homme.
Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon.

(AVERTISSEMENT : CERTAINS PROPOS PEUVENT HEURTER LA SENSIBILITÉ DES LECTEURS).

Il y a quelques jours, le chef de l’opposition conservatrice à la chambre des communes, Pierre Poilièvre, dénonçait avec indignation, en matière de dépénalisation d’usage de drogues dure en Colombie-Britannique, une politique « cinglée » promue par un premier ministre « cinglé ». (« waco », en v.o.); après un simulacre de rétractation, par lequel il proposait de remplacer « cinglé » par « extrémiste », il fut expulsé de l’assemblée pour une longue journée. Il la réintégra le lendemain comme si de rien n’était.

Quelques jours plus tard, le lundi 6 mai, devant le comité permanent des langues officielles, deux chercheurs exposaient en témoignage leur conclusion portant qu’une éducation en anglais aux niveaux collège (lycée en France) et universitaire constitue un facteur favorisant l’anglicisation de la société québécoise. Ce témoignage valut à ces chercheurs une immonde insulte (« vous êtes plein de marde », puis « extrémistes ») de la part du député libéral franco-ontarien Francis Drouin, sur la base d’une brillante découverte : divers facteurs peuvent jouer en matière d’anglicisation! Qui l’eût cru? Vu son ignorance crasse en matière de méthodologie statistique, il n’avait pu comprendre que ces deux chercheurs s’exprimaient, précisément, sur un facteur scientifiquement isolé, comme le font les oncologues sur le rôle du tabagisme et de l'alcoolisme quant au cancer. En effet, fumer des barreaux de chaise et siffler une bouteille de whisky par jour n'ont pas empêché Winston Churchill d'atteindre l'âge de 95 ans 

Le député de Glengarry-Prescott-Russell fut immédiatement appuyé par le ministre notamment des langues officielles Randy Boissonnault, qui déclara, sans rire, qu’avoir été éduqué en français en Alberta n’avait pas contribué à la francisation de sa province. On le croit sur parole car le français est loin d’y être la langue dominante.

(À noter au passage la partie la plus inattendue de son intervention : on vient d’apprendre qu’il est « francophone »).

Il va sans dire que les pantins du groupe parlementaire libéral se livrent maintenant à de pitoyables acrobaties pour minimiser la vulgarité de leur collègue Drouin.

Par ailleurs, vu les réactions indignées de la classe politique au Québec, le « cinglé » ou « extrémiste », pseudo-francophone Justin Trudeau n’a rien trouvé de mieux que d’accuser démagogiquement, en chambre, le bloc québécois d’avoir une dent contre les francophones hors Québec et de s’en prendre à un (pauvre petit?) franco-ontarien.

Bref, on est passé d’un argot d’adolescent en crise à la plus abjecte scatologie, d’autant plus répréhensible qu’elle est la traduction littérale d’une expression anglaise (peu prisée dans les milieux évolués) et que le mot de Cambronne fut prononcé de manière honteusement populacière.

(Note socio-linguistique : dans les bas-fonds franco-ontariens et québécois, les locuteurs remplacent le « e » par un « a »).

Le sieur Drouin, qui pose de manière grandiloquente en défenseur de la langue française, ne fait que péter plus haut que son trou du cul. Sur la forme et sur le fond. En l'occurrence, surtout le fond. Au final, il n'est qu’un méprisable péquenaud. Un malotru. Un goujat. Un rustre. Un butor. With friends like that, who needs enemies?

Pauvre Bernard Pivot. Qu’il repose en paix.

Dernière minute : on apprend que le (toujours…) président de la section canadienne de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) présente finalement ses excuses « officielles » à M. Lacroix et à M. Bourdon. Vu leur caractère trop tardif, on ne peut que l’inviter à se les mettre là où le soleil ne brille jamais.

LP

 

Sunday, April 28, 2024

L’habit fait-il la moniale à l’assemblée législative de l’Ontario (Canada)?

Le 29 avril 2024.

The most important thing in communication is to hear what isn't being said.
- Peter Drucker.

Une certaine controverse entoure le port du keffieh par la députée indépendante Sarah Jamah. Le président de l’assemblée, Ted Arnott, a prononcé l’interdiction de ce foulard  en invoquant une « pratique établie » et le « contexte actuel » qui fait, selon lui du keffieh un symbole politique. Pour l’instant, la députée continue de défier cette décision : ce port lui a d’abord valu l’expulsion du groupe parlementaire du Nouveau Parti Démocratique, puis de l’assemblée même, mais cette ordonnance ne s’est pas concrétisée par une éviction manu militari; cependant, elle demeure privée de son droit de vote et de parole.

La décision de M. Arnott étonne dans la mesure où il semble normal, précisément, que des élus communiquent des messages politiques et des prises de position, y compris sur les crises internationales : il est légitime de proclamer dans une assemblée parlementaire son appui à aux Palestiniens ou aux Ouyghours, ou à Israël, comme l’a fait récemment le député Anthony Housefather à la chambre des Communes à Ottawa.

Sans se perdre dans les différents codes vestimentaires encadrant de manières diverses les législateurs dans le monde, cet épisode est instructif car il en ressort un enseignement capital : un message (politique ou autre) peut-être exprimé verbalement, ou non verbalement.

Voilà qui est particulièrement pertinent quant au Québec, où une certaine propagande attaque l’interdiction laïque du port de signes religieux par les fonctionnaires en position d’autorité : essentiellement, on s’indigne vertueusement que l’État ose s’immiscer dans les garde-robes de ses serviteurs, notamment des enseignants.

Ainsi que le soulignent inlassablement des combattantes québécoises du totalitarisme islamique, Djemilah Benhabib et Fatima Houda-Pépin, un accoutrement n’est pas toujours « neutre », ainsi que feignent de le croire les sbires du lobby religieux, car il peut être le vecteur d’un message, sans même être assorti d’un discours audible : la sympathique enseignante de mathématiques qui explique à ses élèves les mystères des équations du second degré et les postulats d’Euclide, affublée du hijjab, proclame simultanément, haut et fort, qu’« il n'y a qu'un seul Dieu et Mahomet est son Prophète »; il en allait de même jadis des bonnes sœurs, dont les cornettes et la croix informaient leurs étudiants de cette vérité historique incontestable, à savoir que le Christ a guéri des lépreux, a multiplié les pains et les poissons, et surtout, est mort pour l’humanité, puis est ressuscité.

C’est de la sémiotique visuelle 101.

L’on ne peut que réprouver la décision concrète de l’hon. Ted Arnott, puisque la députée Jamah se borne à manifester sa solidarité avec le peuple palestinien. (Par contre, serait peut-être plus cohérente, sur le plan citoyen, l’exclusion des oripeaux et ustensiles visibles religieux). Cela dit, on ne peut que le féliciter de sa fine compréhension de la communication visuelle. Manifestement, il a bien assimilé la « Rhétorique de l'image » de Roland Barthes.

Les tartuffes, pas seulement québécois, sont invités à en faire autant.

LP

 

Saturday, April 13, 2024

MAGA! Les valeurs familiales traditionnelles en péril au Tennessee!

 Le 13 avril 2024.

On a tous quelque chose en nous de Tennessee
Cette volonté de prolonger la nuit.
- Johnny Hallyday.
 
The family that lays together stays together.
- Vieux dicton redneck.

C’est difficile à croire, mais les assemblées législatives de cet Etat du « Deep South », contrôlées par les républicains, viennent d’adopter un projet de loi visant à interdire les mariages entre cousins germains, présenté par un législateur démocrate. Cela dit, un opposant conservateur à cette mesure, Gino Bulso, invoque un argument juridique de poids : les mariages entre cousins homosexuels ne sont pas susceptibles de produire des dérèglements génétiques.

Il va sans dire que cette loi n’aura évidemment aucun impact sur l’électorat trumpiste en 2024. Cependant, elle pourrait être suicidaire pour les républicains à terme : il y aurait un risque de réduction de leur bassin d’électeurs. Et c’est faire la promotion du métissage.

Cela dit, il faut relativiser : il n’est pas garanti que l’évolution du droit aura une incidence sur les copulations hors mariage (consentantes ou non) entre cousins hétéros, mais il est quand même dommage de priver cruellement leurs mioches d’un foyer stable par le mariage de leurs géniteurs. Sans oublier que les réunions de famille,  ainsi que le « Sunday school » qui sont les lieux classiques privilégiés par les rednecks pour rencontrer l’âme « sœur », présenteront moins d’intérêt.

Mais, Dieu merci, le fédéralisme américain offre quand même une porte de sortie.

Par les temps qui courent, l’on évoque fréquemment les fillettes de 12 ans enceintes (des œuvres de leurs frères, pères, etc. ) qui doivent dorénavant fuir vers un autre état pour avorter. Similairement, les cousins tourtereaux du Tennessee pourront se rendre (par exemple) dans l’accueillante Louisiane de Jerry Lee Lewis (et de son cousin Jimmy Swaggart) pour se passer la bague au doigt. La formule aura même cet avantage que le mariage et le voyage de noces constitueront une unique opération.

(Incidemment, le même Gino Bulso avait signalé que ses grand-parents cousins germains avaient pu se marier au Tennessee alors que la chose n’était pas possible en Ohio. Faut-il y voir un conflit d’intérêts?).

Nul doute que, au Canada, les Saguenéens, les Acadiens et les Mennonites exprimeront leur solidarité envers leurs cousins de coeur du Tennessee en cette difficile épreuve.

LP

PS. Actualités religieuses franco-canadiennes : encore les valeurs traditionnelles.

On annonce le décès en France du père Johannes Rivoire, membre des oblats, qui a commis de multiples d’agressions sexuelles sur des enfants inuits des deux sexes au Canada en profitant des avantages marginaux de sa position de missionnaire. Protégé jusqu’au bout par sa hiérarchie, il avait échappé à l’extradition vu que la loi française en exclut ses propres citoyens, comme Roman Polanski (ce qui n’empêche pas, par contre, l’Etat français de s’acharner allègrement, au mépris des faits, sur des Canadiens comme Hassan Diab).

Les Tartuffes verront en ce fidèle serviteur de Dieu un martyr de persécution athée et iront même jusqu’à crier pour lui « Santo subito ».

Souhaitons-lui bon voyage en enfer. Sa marmite est déjà prête.

Et, parlant de Tartuffes, le 11 avril, à l’assemblée nationale du Québec, le premier ministre français a remis les pendules à l’heure aux Sainte-Nitouches du parti libéral du Québec et aux islamo-gauchistes de Québec solidaire (et, par ricochet, à leurs vaniteux plumitifs de l'université McGill), qui feignent de ne pas comprendre ce truisme : laïcité ne signifie en aucune manière discrimination; elle seule garantit la liberté, l’égalité et la fraternité, pour tous. D’aucuns susurrent que M. Attal s’est ingéré dans un débat politique québécois, alors qu’il s’est borné à défendre une valeur universelle, contraire aux totalitarismes.