Tuesday, March 19, 2024

Sainte Russie : victoire à l’arraché de Vladimir Poutine.

Le 19 mars 2024.

Ce pays est mou.
- Charles de Gaulle.


[En cas de guerre nucléaire]« l'agresseur doit comprendre que le châtiment est inévitable, qu'il sera détruit. Et nous, en tant que victimes d'une agression, en tant que martyrs, nous irons au paradis. Eux [les agresseurs], ils crèveront tout simplement, ils n'auront même pas eu le temps de se repentir ».
- Vladimir Vladimirovitch Poutine,

Le dramatique et insoutenable suspense se solde par un triomphe pour la démocratie : l’humaniste président de toutes les Russies est réélu. Une petite déception, cependant, il ne recueille qu’un maigre 87% des suffrages. Les grands hommes d’État visionnaires sont trop souvent incompris, même et surtout quand ils invoquent patriotiquement la formule consacrée du « droit de se défendre », (formule qui, par les temps qui courent, tinte avec une certaine régularité dans les actualités). On a beau être foncièrement pacifiste, pas question de se laisser « intimider » par les agresseurs.

En l’occurrence, il est impossible de ne pas faire le rapprochement avec la saga de Rocky Balboa : même quand tout semble perdu, face à l’adversité, la persévérance est toujours récompensée. Quand on mène un combat d'idées à la loyale, on est toujours gagnant, surtout quand on est adoubé par le patriarche orthodoxe Kirril, ex-collègue du KGB, et l'on devient ainsi l'oint du Seigneur.

Avec le président Poutine, la planète entière est à l’aube d’une ère messianique. Les temps sont proches.

LP 

Sunday, March 10, 2024

Le droit à l’avortement (IVG) est inscrit dans la constitution française.

Le 10 mars 2024. 

If men could get pregnant, abortion would be a sacrament.
- Gloria Steinem.
 
En 1971, l'avortement cela voulait dire la prison pour les pauvres, et l'Angleterre pour les riches.
- Colombe Schneck.

Dure défaite pour le Vatican et ses amateurs de chair fraîche (à l’occasion du sexe opposé). Et aussi pour leur éminent suppôt français, l’onctueux eurodéputé (Les Républicains) François-Xavier Bellamy, un produit dérivé de Philippe de Villiers.

(Toutes proportions gardées : si le « chouan de la culture » a un faciès ravagé par la macération de la chair due au port du cilice et aux conflits entre ses fils, l’avenante frimousse du jeune disciple évoque plutôt l’ange exterminateur).

Un subtil intello qui met savamment les sophismes jésuitiques au service de l’idéologie janséniste. Un bel équilibriste

S’il eût été député, il eût voté « non » à cette réforme. Le contraire eût été étonnant. Mais ses fallacieux arguments sont révélateurs de sa duplicité.

Il s’agissait pour lui d’éviter les querelles « byzantines » qu’était censée soulever la protection de l’IVG par la constitution. On voit mal lesquelles. Et voilà une objection plutôt inattendue de la part de ce fervent lecteur des édifiantes questions discutées par Saint-Thomas d’Aquin dans sa « Summa Theologia ». Allant plus loin, il estime que cette réforme ne changera rien à la vie quotidienne des femmes françaises puisque le droit à l’avortement n’est nullement menacé. En effet, puisque sa Sainte-Mère l’Eglise est, pour l’instant, hors-jeu! (Cependant... s’il n’en tenait qu’à Elle, qu’à lui?…). Sur ce point, il a donc parfaitement raison, mais il feint d’ignorer qu’il s’agissait de protéger l’avenir. Quel prophète peut prédire ce qui se passera dans 5 ans? Dans 150 ans?

Nul doute que ce distingué professeur agrégé de philosophie est au courant du récent revirement de la jurisprudence de la cour suprême américaine : un droit qui semblait sacré depuis un demi-siècle par l’arrêt Roe v. Wade est annulé d’un trait de plume, notamment celle du vaticanesque juge Alito, par la haute (si l’on ose dire en l’occurrence) juridiction américaine. Les femmes vivant surtout dans l’ancienne confédération sudiste (« South of the Mason-Dixon line ») sont désormais à la merci des législateurs masculins consanguins rednecks et de leurs collabos féminines, les élues soumises aux superstitions créationnistes pentecôtistes.

Incidemment, Saint-François-Xavier se paie le luxe de poser en féministe! Les femmes, surtout laïques, apprécieront cet audacieux positionnement. Par sa rapidité, ce processus constitutionnel n’a pourtant empêché en rien les députés de se pencher sur les problèmes sociaux de l’heure, censés préoccuper de manière prioritaire M. Bellamy; d’ailleurs, on aurait abouti à ce résultat n’eût été, précisément, des manœuvres dilatoires des députés machistes émules de M. Bellamy.

Désormais, en France, le droit à l’interruption volontaire de grossesse est explicitement inscrit dans le marbre constitutionnel pour les siècles des siècles et, en principe, est à l’abri d’une éventuelle prise de contrôle des institutions politiques et mêmes juridiques par la cinquième colonne catho.

Enfin, il faut l’espérer, car même le marbre n’est pas éternel, comme on put le constater en 1940… Les religieux, qui détiennent le monopole de la vérité, ont l’éternité pour eux et ruminent patiemment leur vengeance contre la société civile hérétique.

Avec cette révision constitutionnelle qui a coïncidé avec la journée internationale des droits des femmes, la France de Voltaire et de Diderot demeure un phare pour l’humanité.

LP

 

Friday, March 1, 2024

Chronique canadienne : une grande victoire pour la civilisation et un triste décès.

Le 1er mars 2024.

La laïcité ne nous a pas été donnée comme une révélation. Elle n’est sortie de la tête d’aucun prophète; elle n’est exprimée dans aucun catéchisme. Aucun texte sacré n’en contient les secrets, elle n’en a pas. Elle se cherche, s’exprime, se discute, s’exerce et, s’il faut, se corrige et se répand.
- Claude Nicolet.

Le 29 février 2024, la cour d’appel du Québec fait triompher sur toute la ligne le gouvernement du Québec, et déboute les obscurantistes sur la totalité du territoire : son arrêt sur la Constitutionnalité de la Loi sur la laïcité de l’État décide qu'est bel et bien constitutionnelle la loi 21 sur la laïcité de l'État. Il a fallu à la cour 300 pages pour faire ce constat de simple bon sens : le Québec est un État laïque. Corrélativement, jour de deuil pour les lobbies religieux; c’est avec une certaine jubilation que les rationalistes pensent notamment à la mine déconfite de leurs trudeauesques pantins multiculturalistes qui infestent l’université McGill et, plus sinistrement, la faculté de droit.

En France, est en vigueur, et va sans dire, l’humanisme du siècle des lumières depuis la loi sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat de 1905; il a fallu plus de temps pour que soit  respecté, encore que plus timidement, sur les rives du Saint-Laurent, le principe de la neutralité de l’Etat vis-à-vis de l’ensemble des religions.

D’aucuns seront déçus par la petite exception accordée aux députés de l’assemblée nationale, mais on peut s’en consoler philosophiquement vu que l’abbé Pierre, sincère ami des pauvres et des démunis, siégeait en habit ecclésiastique au palais Bourbon dans les années 1950.

Une ombre demeure au tableau.

Les fonctionnaires québécois se voient confirmer l’interdiction de se livrer à la propagande religieuse pendant leurs heures de fonction, surtout les enseignant(e)s, qu’elles fussent des bonnes soeurs à cornettes ou des musulmanes voilées, qui ont une clientèle captive et manipulable à leur merci. Cela dit, sont toujours abandonnées à leur sinistre sort les fillettes mineures encore soumises au port du voile islamique à l’école publique, primaire et secondaire, imposé par des parents incultes et sectaires, en toute impunité. Quand le Québec ordonnera-t-il l’émancipation de ces malheureuses, à l’instar de la république française il y aura bientôt 20 ans?

Pour l’instant, le premier ministre Legault évoque une belle victoire pour “la nation québécoise”. Il serait plus judicieux de dire qu’un petit phare supplémentaire éclaire l’humanité entière.

Mais gare au triomphalisme.

Cette victoire judiciaire pourrait être temporaire et remise en question par la Cour suprême du Canada. On peut d’ailleurs s’attendre à voir l’infatigable philosophe et bon apôtre catho Charles Taylor reprendre le bâton de pèlerin afin de promouvoir la géhenne, dont il sait donner un avant-goût.

Le pactole de la fondation Templeton l’oblige, au moins moralement, à la prestation d’un durable service après-vente. L’heure est grave. Un exorcisme est-il de mise?

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Par ailleurs, on annonce le décès de l’ancien premier ministre canadien Brian Mulroney, le “p’tit gars de Baie-Comeau”, à l’image du “p’tit gars de Shawinigan”, Jean Chrétien.

(Curieux pays où de tels sobriquets sont des titres de gloire).

Il avait quitté ses fonctions en disgrâce en 1993. À chaud, on peut retenir dans son bilan : l’adoption du libre-échange avec les Etats-Unis, plus efficace sur le plan économique pour les deux pays, même s’il déplaisait... souverainement aux protectionnistes ontariens; ses interventions en faveur de Nelson Mandela; et son souci authentique de la place du Québec au sein du Canada et des communautés francophones canadiennes hors Québec.

Mais surtout, on retiendra son action écologique, notamment au sujet des pluies acides, qui fit de lui le plus “vert” des chefs de gouvernement canadiens, ce qui n’est pas rien.

Il est permis de penser que l’histoire lui pardonnera ses cuisants échecs constitutionnels (résultant de trahisons qui ne pouvaient d’ailleurs venir que du Canada anglais) et, lors de l’affaire Airbus, les pots-de-vin qui lui furent versés en liquide dans des enveloppes brunes par le fraudeur fiscal allemand Karl-Heinz Schreiber. Sans oublier ses regrettables vocalises au Shamrock Summit de Québec en 1985...

LP

Friday, February 23, 2024

Missak et Mélinée Manouchian panthéonisés en présence de Marine Le Pen.

 Le 23 février 2024.

Mon père, on l’appelait “le bougnoul”.
- Patrick Devedjian.

Marine Le Pen, rappelons-le, est la fille de Jean-Marie, fondateur de son parti en 1972.

En 1963, le paternel avait constitué, de concert, notamment. avec l’ancien Waffen-SS Léon Gaultier, la Société d’études et de relations publiques (Serp), maison de disques laquelle, à partir de 1965, publia des disques retraçant l’histoire du IIIe Reich, reproduisant des discours d’Hitler et de hauts dirigeants nazis. L’album « Le IIIe Reich 1 – Voix et chants de la révolution allemande », lui valut un procès en tant que gérant de la Serp pour « apologie de crime de guerre », qu’il perdit en décembre 1968. Ce fut la fin des rêves de disque d’or.

S’il faut voir dans ce jugement une très française atteinte à la liberté d’expression, il n’en est pas moins instructif quant à la philosophie humaniste de ce fin mélomane. Quoi qu’il en soit, il jugea alors préférable de modifier sa ligne éditoriale. Mais laissons là ce point de détail.

Parlant de ligne éditoriale malléable, en un sens, il faut saluer le courage de son héritière.

Nul doute qu’assister à cette panthéonisation fut une rude épreuve pour Marine. On y rendait hommage au résistant mort pour la France, alors qu’il était un étranger, levantin arménien, apatride, survivant du massacre qui a d’ailleurs inspiré l’holocauste alors en cours, membre d’une autre église, communiste. Quel supplice pour l’oreille marinesque que d’entendre “Le chant des partisans”, “l’Affiche rouge” et un court (mais trop long...) extrait de “L’Internationale”, oeuvres moins gracieuses que le “Horst-Wessel Lied”. Un cocktail détonnant et peu banal.

La totale.

Mais le coup de grâce fut porté à l’idéologie du rassemblement national par le rappel de l’admonestation universaliste de Manouchian, “Français de préférence” et “Français d’espérance”, adressée à ses juges et à toute la flicaille collabo qui l’écoutaient : Vous avez hérité de la nationalité française. Nous, nous l’avons méritéeQuel irritant grand remplacement par le plus pur droit du sang.

Pour autant, la cheffe du RN a eu du coffre : elle s’est soumise stoïquement à ce pénible parcours du combattant cérémonial. La banalisation sournoise du totalitarisme a son prix. Le prix du sang.

Il faut souffrir pour être belle aux yeux de l’électorat ignare des leçons du passé.

LP

Saturday, February 17, 2024

"Z" (édition russe).

Le 17 février 2024. 

Après cela, ô vous qui m’avez condamné voici ce que j’ose vous prédire ; car je suis précisément dans les circonstances où les hommes lisent dans l’avenir, au moment de quitter la vie. Je vous dis donc que si vous me faites périr, vous en serez punis aussitôt après ma mort par une peine bien plus cruelle que celle à laquelle vous me condamnez ; en effet, vous ne me faites mourir que pour vous délivrer de l’importun fardeau de rendre compte de votre vie ; mais il vous arrivera tout le contraire, je vous le prédis. Il va s’élever contre vous un bien plus grand nombre de censeurs que je retenais sans que vous vous en aperçussiez.
- Socrate.

Comme tous les tyrans à travers les âges, le président russe Poutine, ex-sbire du KGB, se berce de la folle illusion que, vu que l’élimination de personnes physiques est toujours possible, l’on peut sommairement exécuter des idées de justice, de liberté et d'intégrité. Alexeï Navalny est mort, lâchement assassiné dans l’archipel du goulag (encore que son enveloppe charnelle semble mystérieusement introuvable à l’heure actuelle); cependant, son message d’espoir contre le totalitarisme est inextinguible. Il a été sacrifié par le disciple de Baal, mais sur l'autel de l'humanisme.

C’est comme s’il était vivant. ζῇ.

LP


Sunday, February 11, 2024

L’apprenti-constitutionnaliste Gérard Larcher.

 Le 11 février 2024.

Les règles sont comme les femmes, elles sont faites pour être violées.
- Le juge québécois Denys Dionne (1989
).

 

En France, le président du sénat (LR) s’oppose vigoureusement à l’inscription du droit à l’avortement (interruption volontaire de grossesse, ou IVG) dans la constitution. Cette position, identique à celle du RN, lui a valu les remontrances notamment de l’actrice Sophie Marceau : : “’vous faites honte à notre société française", et elle dénonce “un patriarcat dans toute sa splendeur : suffisant, rétrograde et hypocrite"”. On peut voir là une dose d’hyperbole, mais M. Larcher fit valoir ses arguments en réponse lors de sa participation à l’émission “Quelle époque!” quelques jours plus tard.

Voulant mettre les choses en perspective, il a déclaré à titre liminaire avoir toujours été, personnellement, en faveur du droit à l’IVG et adversaire de la peine de mort lorsqu’elle était en vigueur. Fort bien, mais quid d’un droit constitutionnel”

Il invoque implicitement un sens des priorités : “(Sophie Marceau) aurait mieux fait de me téléphoner, je lui aurais expliqué (sic) qu’il fallait qu’on milite ensemble pour que les femmes soient accueillies dans des conditions dignes... Qu’elle vienne avec moi voir dans quelles conditions c’est parfois fait”. Que les installations hospitalières appellent des améliorations pour les femmes en détresse, on peut penser que Sophie Marceau l’avait compris d’elle-même avant d’entendre les bienveillantes et généreuses explications du sieur Larcher, mais en quoi cela est-il incompatible avec une inscription dans la constitution?

Il paraît que la constitution ne doit pas devenir un “catalogue de droits sociaux et sociétaux”; on se demande alors à quoi sert une constitution? On notera aussi que c’était la première fois que M. Larcher acceptait une invitation à un “talk-show”, le but étant de recadrer publiquement l’insolente. On peut en déduire que la question de l’IVG n’a, au final, rien de banal.

Plus fondamentalement, de toute manière, ce droit ne serait pas menacé en France, “depuis, notamment une décision du Conseil constitutionnel en 2001, la référence à la liberté – article 2 de la Déclaration des droits de l'homme –, ce droit absolu a été reconnu aux femmes.”.

Alors que l’exemple (si on peut dire) américain semble justifier des craintes pour la France, il balaie l’argument du revers de la main et d’un coup de sabot en observant que les Etats-Unis sont un état fédéral.

On peut penser que celui qui fut vétérinaire dans une vie antérieure a eu droit à un solide cours de droit rural dans sa formation. Cependant, la culture juridique du président du sénat, qui se targue (sans rire) d’une position “constitutionaliste”, comporte de graves lacunes en matière de droit comparé et de raisonnement judiciaire.

Manifestement, il ne connaît pas la notion de revirement de jurisprudence.

La doctrine de l’arrêt Roe v. Wade aux Etats-Unis (fondée essentiellement sur la même notion de liberté dégagée des textes constitutionnels que devait retenir ultérieurement les sages français), reconnaissait globalement, pour tout le pays, à chaque femme, le droit à l’avortement. Il semblait gravé dans le marbre depuis 50 ans.

Mais désormais, avec l’arrêt Thomas E. Dobbs, State Health Officer of the Mississippi Department of Health, et al. v. Jackson Women's Health Organization, et al. , dont ont accouché au forceps les taupes vaticanesques ayant infiltré la haute juridiction américaine, les 50 états sont libres d’adopter des lois interdisant, plus ou moins totalement, l’avortement, même en cas de viol ou d’inceste (la famille, c’est sacré); cependant, c’est précisément la structure fédérale de ce pays qui limite la casse : pour l’instant, seuls les états rednecks, surtout sudistes, légifèrent allègrement en ce sens (la Louisiane coche d’ailleurs toutes les cases). Heureusement, la civilisation l’emporte, pour l’instant, sur la barbarie dans un nombre substantiels d’états.

Par contre, un tel revirement en France, où l'autorité du précédent est nettement plus faible qu'aux États-Unis, laisserait le champ libre à un législateur unique pour tout le pays. Dans des temps politiques troubles, même les institutions judiciaires françaises ont parfois réagi docilement à de douteux courants sociaux, comme en témoigne la complaisante jurisprudence du conseil d’état de 1940 à 1944, une époque où le “droit antisémite” était une spécialité aussi honorable que “le droit civil” ou le “droit commercial”. À souligner l’impressionnante contribution doctrinale du très catholique conseiller Louis Canet.

Le fédéralisme américain milite donc, a fortiori, en faveur de l’inscription explicite de l’IVG dans la constitution, contrairement à ce que soutient M. Larcher. En outre, si l’archer se déclare prêt à troquer ses flèches pour un fier destrier et se muer en chevalier blanc criant "haro!" pour défendre le droit des femmes à l’avortement en cas de remise en question, la constitutionnalisation explicite de ce droit lui épargnerait une joute, voire une croisade évitable et inutile.

Celui qui fut naguère le vétérinaire de l’équipe équestre olympique française saute allègrement les obstacles et choisit mal son cheval de bataille. Il a une vision inadaptée des processus d’insémination. En matière constitutionnelle, l’on peut tirer le plus solide argument de cette sage observation de Talleyrand, qu’approuvait certainement feu Robert Badinter :

Si cela va sans le dire, cela ira encore mieux en le disant”.

LP

PS. Il revient maintenant à la cour suprême américaine de se prononcer sur un point de droit connexe et d’une actualité brûlante : lorsqu’un chasseur d’alligators pentecôtiste louisianais se marie avec une conjointe de 12 ans sur le point de mettre bas, juridiquement, sont-ils toujours frère et soeur?

Mais on aimerait avoir l’opinion de Gégé à cet épineux sujet.


Sunday, February 4, 2024

Le prochain envol majestueux du parti libéral du Québec.

Le 4 février 2024. 

Un oiseau qu’on nomme phénix. Il est seul de son espèce et vit cinq cents ans ; et lorsqu’il approche du terme de sa vie, il construit lui-même son cercueil où il pénètre, son temps accompli, pour mourir. De sa chair corrompue naît un ver qui se nourrit de la charogne de l’oiseau mort, puis se couvre de plumes ; et lorsqu’il est devenu fort, il soulève le cercueil rempli des ossements de son ancêtre, et l’emporte loin de l’Arabie, en Égypte, jusqu’à la ville nommée Héliopolis. Là, en plein jour, aux yeux de tous, il s’en vient à tire‑d’aile le déposer sur l’autel du soleil, puis il reprend son vol pour le retour. Alors les prêtres consultent leurs annales et constatent qu’il est venu après cinq cents ans révolus.
- Clément de Rome (Lettre aux Corinthiens) 
 
Zorro est arrivé, sans se presser.
- Henri Salvador.

Selon toute apparence, ce parti peut difficilement plus aspirer à la qualité de parti de gouvernement pour l’ensemble du Québec. Il semble destiné à être le défenseur exclusif de la communauté tragiquement opprimée anglo-québécoise, essentiellement confiné à son réduit de la partie occidentale de l’île de Montréal. De fait, les candidats ne se bousculent pas au portillon pour le diriger.

Mais voilà que se manifeste l’ex-ministre fédéral Denis Coderre (qui naguère prônait l’expulsion des citoyens canadiens d’origine étrangère ayant adhéré à la souveraineté du Québec) et maire de Montréal déchu, dont le titre de gloire incontesté et incontestable demeure les courses de la Formule E : qu’importent les innombrables billets gratuits, il y eut de juteuses retombées économiques chez les péripatéticiennes, éternellement reconnaissantes. (En l’occurrence,  quel bel exemple d’application de la théorie économique du “ruissellement”, ou “trickle-down effect” en v.o.). Denis Coderre, songe donc aujourd’hui à faire sa propre offre de service et exprime son intérêt pour la chefferie du PLQ.

Ce fervent, mais truculent, chrétien prendra sa décision définitive après avoir participé au pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle en mai prochain. Chemin de croix, ou chemin de Damas? Nul doute que c’est par ce canal de communication bien éprouvé qu’il entendra l’injonction céleste. Pour autant, il faut conseiller au pèlerin de faire, avant de rentrer au Québec, un détour par Lourdes, nettement plus renommé en matière de miracles.

Parlant de miracles, M. Coderre invite instamment d’autres membres du parti à se présenter contre lui. Vu sa modestie légendaire, il rejette l’idée d’un “couronnement” au profit d’un véritable débat d’idées. On pense, à chaud, à Marwah Rizqy, qui saurait lui donner une édifiante réplique, à condition de réprimer ses crises d’hilarité.

Le PLQ est donc en attente de son messie, qui sera appelé à porter dignement sa couronne d’épine. Puisque Jésus reçut jadis le baptême de Saint-Jean Baptiste, il serait de mise que le sauveur libéral obtînt l’onction du filozof catho Charles Taylor.

Saint-Claude Ryan, priez pour lui.

LP