Tuesday, June 16, 2020

Décès du consul général de Patagonie.



Le 16 juin 2020.

Les Belges sont arrivés.
- Emile Zola ("Germinal").

L'explorateur catholique intégriste monarchiste modèle n'est plus. A l'âge canonique de 94 ans, le prophète du "grand remplacement" est parti pour un royaume qui n'est certainement pas de ce monde.

On se souviendra que Jean Raspail est devenu le maître à "penser" d'une certaine droite avec « Le camp des saints », roman qui décrit la submersion de l'Occident par une apocalypse migratoire; une œuvre où prolifèrent les délicieuses, mais subtiles, métaphores microbiologiques. Il recyclait ainsi tout simplement un fantasme politico-littéraire vieux comme le monde : chaque génération a ses Klingons.

On pense notamment à la dénonciation ininterrompue, en Occident, depuis 2000 ans de l'infiltration juive, reprise par Céline dans les années 30-40; il changea de cible dans les années 50, prophétisant alors l'invasion chinoise, avide de Cognac français. Evidemment, il y eut sur le grand écran "The Russians Are Coming, the Russians Are Coming" en 1966, et, en 1974 "Les Chinois à Paris", mais le ton de Norman Jewison et de Jean Yanne était moins pessimiste... La science-fiction a aussi affectionné ce thème : En 1938, l'adaptation radiophonique par Orson Welles de "The war of the Worlds" signé par HG Wells, déclencha une mémorable panique aux Etats-Unis. Enfin, n'oublions pas la série télévisée "The Invaders" de 1967.

Manifestement, en 1973, Raspail a repris le flambeau de David Vincent.

(Est-ce à dire que les invasions sont toujours imaginaires? Que nenni. N'oublions pas, par exemple, les huit Croisades; l'extermination des Indiens d'Amérique latine par les Espagnols et l'imposition du catholicisme aux survivants; le commerce triangulaire; les guerres de l'opium; and the Indians sure can tell you… "How the West Was Won"; l'expansion colomiale sanctionnée par la conférence de Berlin de 1885; les atrocités belges au Congo et le massacre des Héréros en Namibie en 1904; enfin, la chevelure blonde et les yeux bleus de certains berbères ne sont pas génétiquement attribuables à des rencontres du troisième type, mais ça ne marche pas à tous les "coups" : le pauvre Eric Zemmour en est la preuve oléagineuse).

Et rendons hommage à Philippe de Villiers d'avoir alerté la France en 2005 du péril, non plus jaune, mais posé par le plombier polonais et l'architecte estonien.

On comprend que l'actualité internationale, riche sur le plan viral et les relations inter-ethniques, redonne la visibilité à l'opus magnum de 1973, surtout vu le décès de l'auteur. Cependant, il serait regrettable de voir occulté le véritable testament spirituel de Jean Raspail, "La Miséricorde", roman quasi-documentaire transposant un fait divers assez juteux et publié au soir de sa vie, il y a moins d'un an.

En 1956, en France, un prêtre, Guy Desnoyers, avait mis enceinte sa dernière maîtresse (il faut préciser qu'il n'en était pas à son "coup d'essai" en matière de conception non virginale). Environ un mois avant la naissance, il emmena la mère en voiture pour une dernière ballade champêtre, en toute discrétion, et lui proposa aimablement, à deux reprises (pas une, mais deux), de lui donner l'absolution. Étonnée, c'est elle qui refusa et sortit de la voiture. Son compagnon l'abattit de 3 coups de feu. Sans perdre une minute, il éventra le cadavre à l'aide d'un canif de scout (honorant sa devise : "toujours prêt"), en extirpa le fœtus d'une petite fille viable et, avant de l'abattre à son tour, dans un sursaut de charité chrétienne, il la baptisa, soucieux de lui éviter les limbes.

Voilà ce qu'on appelle avoir le métier dans la peau.

La cour d'assises lui a donc logiquement accordé les circonstances atténuantes, lui épargnant ainsi la guillotine. (N.B. Vu les derniers développements de la rigoureuse science théologique professés par l'ex-pape Benoît XVI, ce baptême était sans doute peu utile vu que la doctrine augustinienne des limbes n'est apparemment plus qu'une simple "hypothèse théologique"; cela dit, à l'époque, la conscience professionnelle appelait une extrême minutie : ex abundanti cautela).

C'est délibérément que le très chrétien homme de lettres bourlingueur a laissé son récit inachevé : il tenait à laisser au lecteur souverain le soin de décider, par lui-même, si son abbé Jacques Charlébègue méritait le salut. En effet, vu l'ambiguïté des faits, il fallait peser soigneusement le pour et le contre et ne pas imposer à quiconque l'évidente conclusion : avait droit à l'indulgence (au plein sens théologique du terme) ce papa poule qui prenait très au sérieux son ministère et qui avait, au final, un bon fond. (Confidentiellement, le titre donne quand même un petit indice).

Nul doute que les Patagons cathos et consanguins des deux hémisphères, qui honissent le métissage, ont perdu un grand homme. Il se prépare déjà - lui aussi - aux éternelles et très invasives enfilades par tisonnier chauffé à blanc.

LP

Friday, June 12, 2020

"Démanteler" la magistrature française : peut-on rêver?


Le 12 juin 2020.

Tu établiras des juges et des magistrats dans toutes les villes que l’Éternel, ton Dieu, te donne, selon tes tribus ; et ils jugeront le peuple avec justice. Tu ne porteras atteinte à aucun droit, tu n’auras point égard à l’apparence des personnes, et tu ne recevras point de présent, car les présents aveuglent les yeux des sages et corrompent les paroles des justes.
- Dt 16, 18-19.
                      
And I have seen the Promised Land. I may not get there with you. .
- Martin Luther King.

Dans la foulée de la plus récente exécution policière pratiquée à Minneapolis (Etats-Unis) sur George Floyd, non pas de main, mais de genou de maître, par Derek Chauvin, retentit maintenant en Amérique le slogan "defund the police". Evidemment, cette expression n'est pas à prendre au pied de la lettre : des forces de l'ordre (pas n'importe quel ordre) seront toujours nécessaires, mais on aura compris qu'il s'agit de procéder à une refonte complète de l'institution en faisant table rase du passé et en réexaminant l'affectation des ressources.

Voilà qui pourrait susciter une réflexion sur le mode de fonctionnement de la "justice" française.

Au pays des droits de l'homme, les jeunes diplômés en droit doivent choisir leur vocation professionnelle au sortir de la faculté : la pratique du droit (dans le cadre du barreau, du notariat, etc.) ou la magistrature. Quel est le profil type du futur magistrat gaulois?

D'abord, celui qui ne maîtrise pas l'anglais et qui n'a donc aucune chance d'être embauché par un grand cabinet d'avocats. Plus généralement, le pantouflard qui préfère la sécurité du fonctionnaire; il faut bien gagner sa croûte. On ose supposer que, sur le lot, il y un (in)certain nombre d'idéalistes épris de justice.

Le malheur est que, dans tous les cas, même avec la meilleure volonté du monde, quand on intègre un organisme à la culture mafieuse depuis des siècles, par osmose, on finit trop souvent par acquérir un esprit de caste et donc des réflexes mafieux. L'Ecole Nationale de la magistrature dispense un enseignement rigoureux sur le plan technique, mais la chair morale est faible au contact des réalités, surtout quand l'avancement est en jeu.

Alors que faire? Rêvons un peu…

I have a dream…

Tous les magistrats français sont limogés et on repart à zéro en reprenant le recrutement à partir d'un bassin de juristes d'une fraîcheur virginale. On procéderait ainsi, mutatis mutandis, à une sorte de "dénazification" de la magistrature. Et quand l'abattage sanitaire d'un cheptel infecté est nécessaire, il faut se résigner à sacrifier les bêtes possiblement saines.

I have a dream…

Il y aura moins de Dreyfus persécutés.

I have a dream…

Il y aura moins de "délits de sale gueule" comme Guillaume Seznec.

I have a dream…

Il y aura moins de Christian Ranucci guillotinés.

I have a dream…

Il y aura moins de ratonnades judiciaires visant les Omar Raddad.

I have a dream today!

Il y aura moins de juges Borrel "suicidés" dans le désert de Djibouti.

I have a dream today!

Il y aura moins de Fabrice Burgaud promus à une sinécure à la Cour de cassation et moins de magistrats faussaires comme Jean-Pierre Munier.

And I have this far out, LSD-induced dream!

Il y aura en France un peu moins de suicidés par 5 balles dans le dos.

This is our hope. Thank God Almighty, we are free at last!

LP

Saturday, June 6, 2020

Le vautour Eric Zemmour reprend son majestueux envol.

Le 6 juin2020.                                                

Tu ne désires ni sacrifice ni offrande, Tu m'as ouvert les oreilles; Tu ne demandes ni holocauste ni victime expiatoire.
- Ps. 40:7

D'aucuns en France s'offusquent des dernières frasques de l'infatigable chantre de la France chrétienne immémoriale, à l'occasion de l'assassinat de George Floyd à Minneapolis.

En effet, il n'est plus à démontrer que ce scribouillard auteur du matriciel "Protocole des Sages du Maghreb et d'Afrique Noire", a pour fonds de commerce le réchauffement périodique de ce même plat saumâtre précuisiné : les sauces peuvent varier, mais elles sont toujours assaisonnées à la délicate fleur d'excréments et parfumées de vomis. Et voilà qu'il se livre à une autre opération publicitaire : quand on a le sens du bizenaisse, il faut savoir se rappeler régulièrement à son public. Un Zemmour ne saurait élargir sa part de marché, car, par définition, il sème dans un terreau de haine fertile, mais la mémoire d'un lectorat converti d'avance peut aussi être faillible.

Concernant la criminalité ayant trait aux noirs américains, il reprend d'abord à son compte les chiffres falsifiés par sa majesté orange, le président Trump. Puis, au sujet des conditions d'arrestation et du décès de M. Floyd, il profère des "explications" en faisant jouer une cassette préenregistrée manifestement puisée dans le riche répertoire de la police judiciaire et de ses procureurs subordonnés, préconstitué pour ce genre de situation : le mort avait un comportement louche, avait un passé trouble, il était drogué, cardiaque, etc..

Enfin, et surtout, il invoque le casier judiciaire du défunt. En effet, il faut avouer que M. Floyd n'était pas né dans la catégorie sociale où l'on est en mesure de s'enrichir par la commission d'infractions nettement plus aseptisées, plus "col blanc" (si l'on ose dire), comme la corruption, la fraude fiscale, le délit d'initié, le blanchissement etc.., commises parfois (un exemple pris totalement au hasard) chez certains élus municipaux de la banlieue parisienne dont le catholicisme n'est pas clairement établi. Sous réserves d'informations contraires résultant de l'ouverture de la succession de feu M. Floyd, il ne semble pas que ses rapines lui aient permis de se constituer un beau patrimoine immobilier à Marrakech et à Saint-Martin aux Antilles.

Bref,  pour ce vengeur sentant le saint chrême rance, qui, lui, ne perd pas le souffle, tous les éléments justifiant la peine de mort étaient réunis, même si l'intéressé menait une vie exemplaire depuis plusieurs années.

(Par contraste, avant ses éructations publiques, le prédicateur berbère n'avait pas jugé utile de se renseigner sur les antécédents du représentant des forces de l'ordre qui a pratiqué l'exécution, lequel - ce qui ne gâche rien -  porte le nom évocateur de Chauvin, qui laisse supposer une honorable ascendance française. Vu que ce patronyme est synonyme de Calvin, voilà une émouvante confirmation de la doctrine bien chrétienne de la prédestination généalogique au racisme.)
                               
Mais pouvait-on vraiment s'attendre à autre réaction de la part du clown triste, sans maquillage, que la décence est loin d'étouffer, et qui cautionne la torture et l'exécution secrètes de prisonniers politiques (cf. l'affaire Maurice Audin) par des ex-SS dont les connaissances techniques bien éprouvées sur le terrain leur ont permis une harmonieuse reconversion dans la légion étrangère? Peut-on reprocher à un charognard de fondre instinctivement sur un macchabée tout frais et encore bien fumant, et, d'un bec acéré, de le piquer, de le taillader, de le déchiqueter méthodiquement, d'en fouiller goulûment les chairs et de les arracher, et de s'en repaître avec délice?

Pour un nécrophage, il y a toujours des cadavres exquis…

Cela dit, on espère que, en cette période de pandémie, l'Aryen honoraire, mais peu honorable, Zemmour ne s'arrêtera pas en si bon chemin et qu'il suivra les recommandations médicales du président Trump : les frictions externes et surtout internes à l'eau de javel.

LP

Thursday, May 28, 2020

Il faut un appel d'air aux Etats-Unis.


Le 28 mai 2020.

À bout de souffle.
- Jean-Luc Godard.

On sait que la Covid-19 cause des problèmes respiratoires et que, aux Etats-Unis, ce sont les minorités latinos et noires qui sont les plus touchées vu que la société est encore incapable de leur assurer des soins médicaux en principe accessibles dans les pays civilisés et qu'elles constituent donc un terreau encore plus propice à la propagation du virus.
               
L'affaire George Floyd au Minnesota (pour mémoire, l'Etat constituant le cadre de la décapante série télévisée "La petite maison sur la prairie", inspirée des zolaesques souvenirs de jeunesse de Laura Ingalls Wilder), il y a quelques jours, nous révèle une cause supplémentaire d'insuffisance pulmonaire chez les Noirs américains : les assassinats pratiqués par des policiers peu au fait des derniers développements en matière de droits civiques, cautionnés par leur hiérarchie fort compréhensive. En effet, après le meurtre de Eric "I can't breathe" Garner à New York en 2014, pour lequel aucune inculpation n'a résulté grâce à un grand jury "sympatico", voilà qu'à Minneapolis, un conducteur noir pacifique plaqué au sol sur le ventre est sommairement exécuté par application du genou sur son cou par un membre de la maréchaussée.

Pour être équitable, la peine de mort par étranglement administrée à des personnes circulant en public pendant qu'ils ont la peau noire comporte des exceptions : à noter le passage par les armes d'Ahmaud Arbery, un simple jogger, à Brunswick (Georgie), en février dernier par Gregory McMichael, ex-policier disposant d'entrées au bureau du procureur. Un beau travail d'équipe effectué avec son fiston Travis; un tel sens de la famille est toujours émouvant. (Cela dit, il faut avoir l'esprit mal tourné pour voir quoi que ce soit de suspect dans les 3 mois qu'a pris l'intervention des forces de l'ordre et des procureurs locaux). En 2012, Trayvon Martin, coupable d'avoir acheté des bonbons le soir affublé d'un "hoodie", fut abattu par l'apprenti Zorro George Zimmermann par arme à feu; ce dernier fut acquitté, avec les félicitations du jury.

Pour en revenir aux 4 bourreaux de George Floyd, s'ils ont été remerciés par le service public, on attend avec scepticisme le déroulement de la procédure pénale qui sera éventuellement ouverte contre eux, vu les précédents en ce domaine.

It's still open season in America.

Cependant, en France, le pays de Fabrice Burgaud, où les suicidés de 5 balles dans le dos sont monnaie courante, la violence policière trop souvent étouffée par des magistrats complaisants, friands, en matière de médecine légale, de déclarations publiques que l'on pourrait parfois qualifier de particulièrement créatrices lors d'affaires médiatiques (cf. Adama Traoré), nous rappelle que les Etats-Unis n'ont pas le monopole des dérapages visant parfois uniquement les personnes affichant un taux excessif de mélanine, que vient de dénoncer, de manière quelque peu hyperbolique, la chanteuse Camélia Jordania sur le plateau de l'émission "On n'est pas couché". (Une exception : les tirailleurs coloniaux comme Eric Zemmour et Zohra Biton jouissent du statut d'Aryen honoraire). Chacun appréciera la réaction outragée de concessionnaire de voitures usagées sentant l'huile du ministre de l'intérieur Christophe Castaner, qui ne manque pas d'air. (N.B. C'est le concessionnaire qui sent l'huile, pas seulement ses véhicules).

Mais après tout, en effet, Camélia est gonflée et, si elle persiste dans l'insolence, elle ira même jusqu'à oser affirmer que Dreyfus fut jadis condamné uniquement en raison de sa religion juive.

LP

Wednesday, May 13, 2020

Le virus du pentecôtisme : éclosion en France.


Le 13 mai 2020.

God is larger than this dreaded virus.
- L'évêque Gerald O. Glenn. (rappelé à Dieu le 11 avril 2020).

On se souviendra que la fameuse grippe soi-disant espagnole de 1917-1919 est en fait partie des Etats-Unis. De même, il n'y avait que le pays d'Elmer Gantry pour produire le mouvement évangélique pentecôtiste. Les Assemblies of God comptent parmi leurs éminents représentants des personnalités affables comme Jim Bakker et Jimmy Swaggart, toujours actifs dans la propagation de la doctrine divine et dans l'encaissement des virements bancaires.
                                                                                         
En ce qui concerne ce virus idéologique, on peut plus ou moins parler de zoonose. Né au Kansas en 1901 d'une mutation de la souche chrétienne protestante liant la glossolalie au baptême du Saint-Esprit, le "patient zéro" étant le prédicateur Charles Fox Parham, il a rapidement infecté les primates tatoués, poussant des grognements inarticulés, biberonnés au moonshine, habitant les Ozarks et les Smoky Mountains, pays où prolifèrent les grand'mères édentées âgées de 25 ans. En effet, le plus tragique est que la consanguinité multiplie la diffusion de cette sinistre pathologie de manière exponentielle et les malades n'acquièrent aucune immunité : au contraire, il y a systématiquement surinfection et les séquelles neurologiques et financières sont irréversibles. Heureusement, elle n'a pas trouvé un terreau très fertile en France, même s'il y en existe quand même quelques foyers (ne parlons surtout pas de "klausteures", autre virus anglo-saxon pathogène, linguistique cette fois), dont la contagion est cependant très largement contenue par une population qui a largement développé d'efficaces anticorps rationnalistes voltairiens. Depuis Diderot, les fables mortifères ne prospèrent plus.

Pour autant, la Porte ouverte chrétienne de Mulhouse a gagné une certaine notoriété en l'an de grâce 2020 puisqu'un grand rassemblement fut une cruciale plaque tournante de propagation de la Covid-19 en février dernier, ce qui lui attire maintenant un certain nombre de menaces de la part de sceptiques (rafales de Kalachnikov, empoisonnements…), qui semblent peu enclins à tendre la joue gauche, même protégée par un masque. Son pasteur, Samuel Peterschmitt, est fils d'un converti au pentecôtisme qu'il a connu par la fréquentation de communautés tziganes (un authentique bouillon de culture), et surtout suite à la guérison (scientifiquement confirmée, bien sûr) de son épouse qui souffrait d’une maladie articulaire. Le fils de l'ex-marchand de confiserie en gros, aujourd'hui marchand de soupe, dirige aujourd'hui une megachurch, et, corrélativement, un megacompte bancaire, à la française. Il rejette toute responsabilité sur le plan médical sous prétexte d'absence formelle d'interdiction de l'état à l'époque.

Manifestement, nul message céleste n'était venu le mettre en garde, lui et ses fidèles, au sujet des dangers que comportait alors la réunion (même lucrative) de 3000 moutons, provenant même aussi des territoires français d'outre-mer et de l'étranger, alors que ses congénères sont toujours prêts à revendiquer les guérisons et résurrections miracles.

L'ostracisme de ces pestiférés volontaires doit être vivement encouragé, mais que cessent ces menaces. Nul ne doit se faire justice soi-même. Souhaitons plutôt que l'Etat français suive l'exemple de l'Etat américain du Missouri, qui a engagé une action contre l'Etat chinois : un recours en responsabilité civile contre la Porte ouverte chrétienne (qui n'a rien de sublime) fondé sur la négligence et l'imprudence semble s'imposer et pourrait aboutir plus rapidement.

Accessoirement, faisons pour l'instant confiance en la force purificatrice de la Covid-19.

On peut célébrer au moins une excellente nouvelle : l'ange de la mort microbiologique a frappé au moins 22 membres de cette église, qui sont déjà en train de rôtir en enfer. Halleluyah! 22 vecteurs de moins sur terre, c'est déjà ça de pris. Une déception : le pasteur lui-même et 20 personnes de sa famille ont contracté la Covid-19, mais se disent rétablis. Pour eux, la géhenne n'est que partie remise, mais on peut miser sur des séquelles permanentes (et, sait-on jamais? une réinfection? vu que les voies du Seigneur, contrairement à celles des cellules, sont impénétrables).

Chose troublante, le pâtre du troupeau panurgesque déclare souhaiter la prochaine réouverture de son bizenaisse, c'est-à-dire de son lieu de cul-te. Devant une telle âpreté au gain, les humanistes doivent prier pour une épidémie de peste et de choléra bien ciblée.

Et on ne peut qu'inciter le PDG de Mulhouse à suivre les conseils médicaux du Dr Trump : une bonne petite rasade d'eau de javel au petit déjeuner, dans le café, et il ne parlera plus jamais de la Covid-19.

LP

Friday, May 1, 2020

Le virus du crétinisme judiciaire : une inquiétante éclosion en France.


Le 1er mai 2020.

La sottise est une maladie contagieuse, surtout chez les sots.
-
Louis-Philippe de Ségur. (Les pensées et maximes).

Voilà un virus pernicieux, qui resurgit à intervalles réguliers dans le pays des droits de l'homme et du citoyen. Parmi ses victimes exerçant leur liberté d'expression, on compte notamment les Zola, Maurice Bardèche, Gilles Perreault, Dieudonné, Zemmour, et autres Le Pen, etc..

Le foyer du nouveau virus idéologique est Toulouse.

Une habitante de la Ville rose, ayant eu l'outrecuidance d'avoir mis sur son domicile une banderole portant la question suivante : "Macronavirus, à quand la fin ?" fut mise en garde à vue au commissariat pendant 4 heures, dans des conditions sanitaires douteuses. Il va sans dire qu'une enquête policière d'envergure fut diligentée et que des effectifs considérables sont mobilisés contre les émules de cette insolente contestataire, d'abord ses 6 colocataires ayant affiché cette même interrogation reprise d'une caricature de "Charlie Hebdo".

On signale également des interventions policières semblables, notamment à Paris, Marseille et Caen.

On croyait que, en doulce France,  le délit d’offense au chef de l’État avait été abrogé en 2013, suite à un arrêt fracassant de la Cour européenne des droits de l’Homme condamnant la France. C'était sans compter avec l'imagination fertile de certains procureurs zélés et oisifs, capables de détourner "l'outrage à personne dépositaire de l’autorité publique". Ayant un sens aigu des priorités au temps du Covid-19, le procureur de la République de Toulouse, Dominique Alzéari, qui, manifestement, "n'est pas Charlie" et qui ne semble pas trop pris ces jours-ci de Covid-19 par les trafiquants de masques de protection (conformes, ou non, aux normes sanitaires), confirme qu'une enquête a été ouverte à ce titre. (Une indulgence qui frise la faiblesse, vu qu'il s'agit bel et bien en l'espèce de lèse-majesté, voire d'hérésie).

Il faut saluer ce disciple spirituel (mais sans doute pas spirituel disciple) de l'avocat impérial Pierre-Ernest Pinard, passé à l'histoire pour son étincelant réquisitoire contre "Madame Bovary" de Gustave Flaubert. L'auteur fut acquitté, mais ce catholique modèle, qui ne plaisantait pas avec les bonnes mœurs, eut sa revanche par la suite avec "Les Fleurs du mal" de Charles Baudelaire et enfin "Les Mystères du peuple", d'Eugène Sue.

En 2020, les jeux viraux ne sont pas encore faits. Le corps social français semble plutôt bien réagir à la maladie en produisant ses anticorps, consistant en la multiplication exponentielle dans toute la France, même dans les départements d'outre-mer, de banderoles semblables et des centaines de selfies de soutien diffusés sur les réseaux sociaux. Bien entendu, le virus de la stupidité est, par définition, coriace, et le harcèlement policier vise aussi ces soutiens.

Oui, le ridicule tue, mais, hélas, pas seulement les précieux ridicules. L'histoire judiciaire enseigne que les clowns tristes infectés ne sont pas toujours inoffensifs et qu'il faut prendre au sérieux les Tartuffes et ayatollahs aux commandes; au fil des âges, il y a mutation du virus religieux en virus politique, ce qui rend les vaccinations protectrices légales parfois difficiles.

Les constitutionnalistes-virologues américains, eux, ont fait leurs preuves, surtout en matière d'asepsie.

Au final, le justiciable lambda rêverait de voir certains membres de la magistrature et de la maréchaussée françaises se refaire une santé mentale dans le cadre d'une mesure de confinement très prolongé, dans un environnement sain et tonique. Comme aux Iles Kerguelen.

LP

Sunday, April 26, 2020

Les sinistres signes annonciateurs de l'apocalypse.



Le 26 avril 2020.

Vous pouvez croire en Dieu de deux façons, ou comme la soif croit à l'orange, ou comme l'âne croit au fouet.
- Victor Hugo.

Les enfants sont comme la crème : les plus fouettés sont les meilleurs.
- Edmond et Jules de Goncourt.


Le COVID-19? Pas du tout. Les tremblements de terre? Vous plaisantez. Un astéroïde? Vous faites fausse route.

Ne cherchez plus. Dans un incompréhensible élan de laxisme, la Cour suprême d'Arabie saoudite (qui semble bizarrement détenir un pouvoir législatif, mais les voies du Seigneur sont impénétrables en matière de contrepoids car il n'est pas question de séparation des pouvoirs…) annonce l'abolition de la flagellation comme sanction pénale, au profit de banales amendes et peines de prison. De qui se moque-t-on? Comme s'il ne suffisait pas d'avoir retiré à l'Inquisition le pouvoir d'ériger des bûchers afin de rôtir les hérétiques. Un autre coup dur.

On reste pantois devant un tel recul, pardon, une vraie reculade devant le crime, au moment même où commence le Ramadan. Les mécréants ne peuvent que se réjouir par cette capitulation devant les forces du mal, suite à d'inconvenantes campagnes internationales droitsdel'hommistes.

Capitulation partielle, mais réelle, même si la peine de mort pour les infidèles est maintenue au royaume du pétrole. On se consolera en pensant que demeurent toujours d'actualité les décapitations, crucifixions et lapidations, ainsi que les exécutions à la tronçonneuse suivies de dissolution acide, mais elles demeurent incomplètes : la flagellation préalable publique est complémentaire et a son petit effet dissuasif. Et elle offre un spectacle de choix aux sujets du roi : rien de mieux pour aiguiser l'appétit que la vision des chairs meurtries, fouillées et arrachées par les lanières de cuir, giclant d'hémoglobine. Pour assurer la cohésion sociale dans l'oasis, rien ne vaut une bonne petite flagellation, mitonnée avec amour.

Edulcoration pénible, mais prévisible du droit pénal saoudien, dont l'origine divine n'est pourtant plus à démontrer : rien ne va plus depuis que les saoudiennes ont le droit de conduire des voitures (mais quid du chameau?). C'était écrit..... Si ces dérives sataniques continuent, les Musulmanes ne seront plus nubiles à l'âge de neuf ans. Elles devront même attendre 2 ans de plus. Etc..

Et voilà comment meurent les civilisations. (The real) Apocalypse now?

Malgré ce revers, il ne faut pas perdre espoir. Il reste des foyers de résistance au mortel virus du rationnalisme. Il y a des collectivités locales, mais éclairées, comme au Pakistan, qui ont développé les anticorps protecteurs, où l'on sait administrer la justice céleste élémentaire, au besoin sans l'intervention des pouvoir publics parfois trop timorés.

LP


Dernière minute : on annonce que l'Arabie saoudite n'imposera plus la peine de mort aux criminels qui sont mineurs! Selon le décret royal, ils seront désormais emprisonnés dans des centres de détention pour mineurs, autrement dit, des colos pour petits monstres. Scandaleux. La décadence est confirmée!