Sunday, August 15, 2021

Canada : Faites vos jeux électoraux, rien ne va plus!

Le 15 août 2021.

Les grandes trahisons sont toujours effacées par l'histoire.

- Alexandre Sanguinetti.


Et voilà, c'est fait.

Trudeau II, dit Justin le petit, convoque, comme prévu, pour le 20 septembre prochain, les élections fédérales, sous le fallacieux prétexte de donner la possibilité aux Canadiens de s'exprimer, alors que, en cette 4e vague de pandémie, ils sont précisément opposés à cette convocation. Comme d'habitude, pendant son annonce en conférence de presse, l'ex-professeur d'art dramatique, et toujours roi de la glisse (mais non-hivernale en l'espèce) et qui mise, à ce titre, 600 000 000$ de fonds publics sur une campagne éclair, a fait jouer ses cassettes pré-enregistrées et esquivé les questions des journalistes, tout cela ponctué d'un petit sourire de lutin malicieux assorti de son irrépressible plissement d'yeux. Un moment charnière, plaide-t-il. Plutôt.

En substance, il demande aux électeurs qui seront infectés dans les bureaux de vote mal ventilés et qui deviendront, à leur tout, "infecteurs", de désigner le parti qui sera le mieux en mesure de les soigner à l'automne!

Paris valait bien une messe, Ottawa vaut quelques victimes de la covid supplémentaires, vomissant leurs poumons et entubés (pas seulement par la gorge).

Quand il s'agit de tout faire pour rafler un gouvernement majoritaire (les paris sont ouverts), on pourrait presque dire, selon une expression du terroir québécois profond, que Justin est "rapide sur ses patins" (ou plutôt sur son surfboard en l'occurrence), mais cette expression serait à contre-emploi vu le dôme de chaleur qui surplombe la Colombie-Britannique.en cette période de chaleur extrême, concrétisée par de multiples incendies de forêt.

Par contre, on est horrifié de constater que le gouvernement canadien a traîné les pieds depuis des mois et fait la sourde oreille concernant le sort qui attend les auxiliaires militaires afghans qui ont sauvé de nombreuses vies canadiennes. Ce n'est que récemment que le Canada a annoncé vouloir prendre les mesures d'accueil indiquées, et Justin s'engage à l'instant à accepter 20 000 réfugiés afghans.

Etant donné l'ignorance crasse des Canadiens en matière historique, il est utile de leur rappeler que l'histoire se répète trop souvent, surtout les "épurations" : ces Afghans risquent de passer à l'histoire comme les "harkis canadiens", c'est-à-dire de subir le sort atroce des supplétifs de l'armée française pendant la guerre d'Algérie, lâchement abandonnés par la France en 1962. Et Kaboul vient de tomber. It's morning again in Saigon... Le président Ashraf Ghani a fui, chevauchant son bouraq. Les Talibans viennent de faire leurs preuves en ce qui concerne leur maîtrise de la logistique, admirablement réactive aux besoins du terrain.

Ils ne traînent pas leurs babouches, eux.

LP

PS. Voici une référence pour les caves.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Harkis_pendant_la_guerre_d%27Alg%C3%A9rie

 

Saturday, August 7, 2021

La Covid en France : ça pass(e) ou ça casse.

 Le 7 août 2021.

Laissez passer les rêves.

- Michel Berger.

Et c'est reparti avec l'anglomanie française. A moins qu'on ait cédé aux sirènes teutoniques?

On ne parle plus que de l'insipide "pass sanitaire", y compris et surtout dans la documentation et les sites d'information gouvernementaux. Le virus de l'anglais est encore plus insidieux, contagieux et virulent que celui de la Covid : il dévore en l'espèce la lettre "e".

Evidemment, pas question d'y ajouter cette voyelle et d'utiliser l'expression "passe sanitaire", laquelle prêterait à de délicates équivoques, surtout en matière de contagion. Sans oublier que ce précieux sésame serait alors mal perçu dans les établissements hôteliers, surtout s'il est exhibé par les clients accompagnés. D'ailleurs, les passes n'ont aucune vertu sanitaire, et encore moins vaccinale.

(Excursus. Les sondages révèlent qu'il y a 50% de Français qui déclarent "comprendre" (sic!) le mouvement opposé à cette mesure de simple bon sens, dont 40% à le soutenir. Comme si la Covid devait disparaître par un tour de passe-passe. Pourtant, les derniers survivants de la branche dégénérée des Néandertaliens qui manifestent chaque samedi contre le gouvernement ne réclament rien de moins que la liberté d'infecter autrui, et, évidemment, d'obtenir des soins médicaux de l'état une fois infectés eux-mêmes, déjà que leurs lobotomies ont coûté une petite fortune au contribuable sain d'esprit, même si elles auront un indéniable effet réducteur sur les cancers du cerveau. Ces insolents faquins, que leur consanguinité rend particulièrement vulnérables à cette maladie, ont l'outrecuidance de prétendre à un passe-droit).  

Le mot "passeport" est, disons le mot, passable. Pour autant, en l'espèce, les fonctionnaires rédacteurs de la république ne sont pas dépassés, encore moins surpassés : ils ont passé outre le petit Robert, où l'on trouve notamment l'excellent et descriptif "laissez-passer".

Sur le plan de l'intégrité linguistique, donc, on repassera. Avec ce genre de laisser-aller, on s'étonne ensuite que la langue française périclite et trépasse.

LP

 

 

Monday, July 19, 2021

Something is noble in the state of Denmark.

Le 19 juillet 2021.

 Le jour où il y aura moins de cons, les gens seront plus heureux et il n’y aura plus de créateurs.

- Gotlib.

On annonce le décès, le 14 juillet, d'un héros, un immense combattant pour la liberté d'expression, Kurt Westergaard, qui jadis, par ses caricatures, ridiculisa un marchand de chameaux, soi-disant prophète, fort possiblement un personnage de fiction, mais décrit selon la tradition comme amateur de chair fraîche. (N'exagérons rien : s'il épousa Aïcha quand elle avait 6 ans, il trouva la force de modérer ses ardeurs et d'attendre ses 9 automnes pour consommer le mariage).

Il s'attira ainsi les mortifères hurlements, inarticulés mais sonores, éructés par des centaines de millions de carnassiers écumants de bave dont la bipédie est trop récente pour être bien assurée.

C'était un grand humaniste dénonçant, par ses œuvres picturales, le totalitarisme. Si quelqu'un a bien mérité son paradis, avec ou sans vierges, c'est bien lui. Pas de cheval ailé ayant servi au transport de cet artiste de talent : avec un peu de poésie, on peut imaginer que ce sont les Valkyries qui ont directement amené son âme au Valhalla, où elle a sa place d'honneur.

Il va de soi que son décès est un moment de réjouissance pour tous les captifs de superstitions d'un autre âge et les hétaïres (souvent pseudo-captives..) au service du département de marketing de "Religion, Inc." (une filiale de "Murder Inc."), dont la fondation Templeton est une vitrine parmi d'autres. Cependant, ils seraient bien avisés de ne pas se laisser égarer par ce leurre matérialiste : si l'enveloppe charnelle de Kurt Westergaard est en voie de décomposition, son héritage spirituel est intact et éternel.

La lutte contre l'obscurantisme continue.                                       

LP

 

 

 

Wednesday, July 7, 2021

Dernières nouvelles du Vatican.

Le 7 juillet 2021.


Le glaive de la justice n'a pas de fourreau.

- Joseph de Maistre.

 

Qu'est-ce qu'il y a des plus triste qu'un enfant qui part? Un enfant qui reste!

- Daniel Pennac.


On ne rigole plus à Rome.

Au Vatican, on sait établir les priorités, comme le démontre l'inculpation du cardinal italien Angelo Becciu et de neuf autres personnes, pour de possibles crimes financiers, dont détournement de fonds, blanchiment d'argent, fraude, extorsion et abus de fonction.

Les victimes d'abus sexuels à travers le monde, elles, devront faire preuve de patience avant d'obtenir réparation, car les avocats et comptables de l'Eglise procéduriers savent dissimuler et mettre à l'abri les actifs de leur divine cliente à l'aide, notamment, de diverses fiducies et fondations afin d'échapper aux mesures de recouvrement. (Heureusement que l'Eglise est depuis toujours extrêmement généreuse et ne compte pas ses prières pour la tranquillité de leur âme).

Par contre, quand la santé financière de la papauté est en jeu, on met en application l'adage anglo-saxon "justice delayed is justice denied". Pas question d'atermoiements, de manœuvres dilatoires, de discrètes mutations vers d'autres diocèses, notamment exotiques, etc.. La justice est impitoyable et suit son cours au grand jour.

Par ailleurs les fidèles apprennent avec soulagement que Notre Saint-Père le pape se remet fort bien d'une chirurgie au côlon. On peut penser que, au réveil au moins, cette pénétration, quoique médicale, du (saint) siège de François l'a physiquement mis en communion avec les souffrances des nombreux enfants violés, surtout de sexe masculin, qui ont subi au fil des siècles les déchirants assauts de leurs tortionnaires. Sans anesthésie.

Doit-on voir dans l'état de la tuyauterie d'échappement et d'évacuation un stigmate, signe annonciateur du châtiment qui attend le vicaire du Christ, et tous ses suppôts, dans l'au-delà?

LP      

Saturday, June 26, 2021

Après Kamloops, Marieval en Saskatchewan (Canada), et de deux!

Le 26 juin 2021.

A murder without gleaming scissors is like asparagus without the hollandaise sauce – tasteless.

- Alfred Hitchcock.

Et voilà qu'on trouve une autre scène de crime(s), impliquant aussi l'église catholique.

Les 215 corps découverts à Kamloops n'étaient qu'un petit avant-goût des 751 sépultures anonymes découvertes il y a quelques jours près de l’ancien pensionnat pour Autochtones de Marieval. Ne sera surpris que qui veut. Comme la plupart des Allemands qui, dans les années 1940, ignoraient tout, mais vraiment tout, de l'existence de Mauthausen.

Si on entend les réactions indignées des personnalités politiques canadiennes, les paroles de contrition des autorités ecclésiastiques sont plus embarrassées, et nettement plus feutrées. Même pour l'as du marketing le pape François, ce petit problème de relations publiques appelle une réponse réfléchie; nul doute que le cardinal canadien Marc Ouellet fait en ce moment des heures sup'.

Une fois de plus, on pense forcément à ce héraut québécois de la religion qu'est le "filozof" catho, "holier-than-thou" Charles "Chuckie" Taylor. Ce prospère millionnaire, qui suinte et sent l'huile rance sur les plateaux de télé et à l'université McGill, est toujours prêt, sur un ton mélodramatique, à exprimer sa "honte", et à dénoncer le racisme imaginaire de la société québécoise.

Elle s'est débarrassée (difficilement) du totalitarisme chrétien; chose plus importante, elle a affranchi ses écoliers des calotins et des psychopathes à cornettes (pour plus de précisions à ce sujet, on ne saurait trop recommander deux films quasi-documentaires : "The devils" de Ken Russell et "Suzanne Simonin, la Religieuse de Diderot" de Jacques Rivette). Le Québec, cohérent, impose donc (encore que trop timidement) aujourd'hui des restrictions générales en matière de port de signes religieux à un trop faible nombre de fonctionnaires, dépositaires de l'autorité publique, pendant leurs 37,5 heures de service chaque semaine. En matière de martyres des croyants, on n'a pas encore tout à fait atteint le stade du bûcher sur lequel fut cuisiné Michel Servet sur ordre de Calvin à Genève.

Cependant, ces derniers temps, l'ineffable "Chuckie" Taylor conserve un silence assourdissant sur ces macabres découvertes. Son mutisme est aussi inébranlable en ce qui concerne les  manœuvres dilatoires de son église devant les tribunaux : on pense surtout aux actions judiciaires engagées par les victimes (enfin… par celles qui ont le toupet d'être encore en vie). Détail cocasse, l'oratoire Saint-Joseph de Montréal fait aussi poireauter les entreprises en bâtiments, dont certaines factures relatives à l'impressionnant chantier d’aménagement demeurent impayées. "Donnez. Le ciel vous le rendra", est-il pourtant promis sur son site. Ces impies de bâtisseurs, et de survivants, rechignent à se faire payer en prières…

La preuve est à nouveau faite que les oripeaux religieux, de manière générale et par définition, constituent non seulement un outil de propagande, mais un appel visuel, quoique non verbal, au crime, comme la swastika évoque les convois ferroviaires menant à Auschwitz et fleure bon le délicat parfum du Zyklon-B. Les objets religieux, en tissu ou autres, symbolisent et synthétisent une histoire. Nul besoin d'être un spécialiste de sémiotique pour comprendre cette évidence, mais les Taylor et consorts "ont endurci leurs oreilles, et ils ont fermé leurs yeux, de peur qu'ils ne voient de leurs yeux, qu'ils n'entendent de leurs oreilles" (Mathieu 13:15).

Evidemment, on peut penser que, pour commettre leurs abus sexuels "proprement" dits (si on ose dire), les prêtres officiant dans les pensionnats pour Autochtones (et pas seulement), se débarrassaient de leur soutanes : déjà encombrantes pour sodomiser leurs petites victimes, a fortiori pour se faire administrer de visqueuses petites gâteries buccales. Par contre, elles ne les entravaient nullement dans le maniement de la ceinture, du fouet, et de divers instruments contondants.

Les maisons des horreurs de Kamloops et de Marieval nous enseignent donc que c'est au moins ça, la croix, la chasuble et la guimpe : des enfants martyrs, sacrifiés sur l'autel de la dépravation.

Et même les cadavres peuvent être des témoins un peu trop gênants, d'où leur enfouissement nocturne à la faible lumière d'un fanal, sous le sceau de l'anonymat, en toute discrétion… Bien sûr, les risques étaient minimes pour les assassins vu que le pouvoir séculier accordait systématiquement aux ecclésiastiques le bon Dieu sans confession, mais… pourquoi tenter le diable? L'église catholique est un tueur en série, série qui est sans doute loin d'être finie. Beau joueur, Jeffrey Dahmer, du fond de sa marmite infernale, exprime son admiration de petit artisan.

Dans chaque clerc, ou assimilé, il y a un Charles Manson qui dort, et qui se réveille trop souvent.

Que le 1er juillet soit un jour de deuil pour tout le Canada.

LP

 

Saturday, June 5, 2021

Canada : charnier à Kamloops.

Le 5 juin 2021.

 

En vérité, la vérité, il n'y a pas de vérité.

- Jean-Claude van Damme.

Pour mémoire, Kamloops n'est pas en Syrie, en Iraq, ou en république démocratique du Congo. C'est une jolie ville brittano-colombienne, au Canada, un paradis touristique, où se trouvait jadis, un pensionnat pour enfants autochtones. Manifestement, ont plutôt vécu l'enfer lesdits pensionnaires, comme en témoigne la découverte de 215 petits cadavres enfouis anonymement.

Oh surprise, cette institution était aussi administrée par Notre Sainte-Mère l'Eglise catholique. Le scoop.

Vu les macabres découvertes de charniers similaires, par exemple, en Irlande, on constate que le modus operandi des autorités catholiques est uniforme à travers le monde. Qui a dit que l'Eglise ne sait pas vivre avec son temps? Elle est passée du bûcher des hérétiques à l'exploitation économique et sexuelle d'enfants; un usage plus rationnel du matériel humain dont elle a la garde.

A noter que, au Canada, si les autorités ecclésiastiques étaient souvent chargées de la gestion de ces lieux pédagogiques, ils furent créés à l'initiative de Sir John A. Macdonald premier premier ministre canadien, qui trouva l'inspiration entre deux bouteilles de whisky. Sur le plan purement quantitatif, il faut avouer que le Canada fait belle figure en comparaison des Etats-Unis en matière de traitement des Autochtones : pas de général Custer pour "casser du peau-rouge"; on s'est contenté d'assimiler les Autochtones dans la mesure du possible et on est s'est borné aux discrètes pénétrations d'écoliers et d'écolières, par des protubérances naturelles ou, en cas défaillance des ministres du culte nonagénaires, par le goupillon lubrifié de Saint chrême, et aux furtifs et ponctuels assassinats nocturnes. Et les statistiques sont modestes au regard des exploits d'un Bachar El Assad. Sans oublier que les macchabées six pieds sous terre, c'est de l'engrais : l'armée de Pinochet n'avait pas compris que ne sont pas productifs les corps momifiés dans les murs.

Quand on se compare, est-on censé se consoler?

Incidemment, en matière d'extermination étatique, l'actualité des dernières semaines est riche.

On évoque le centième anniversaire du massacre de la "Black Wall Street" à Tulsa, en Oklahoma. Il ne faut cependant pas oublier que cette abomination fut l'apothéose en matière de pogroms subis par les Afro-Amércains au fil des siècles. Dans la Bible Belt, la vie ordinaire des rednecks était régulièrement ponctuée par des lynchages (pendaisons, grillades, charcutages…), parfois improvisés, parfois planifiés et annoncés à l'avance par le service des loisirs municipal dans les journaux locaux (hear ye, hear ye! at a municipal park near you!) Ces spectacles (Rated-G, sometimes Rated-PG) offraient une saine distraction dominicale après l'office à l'église baptiste, agrémentant les pique-niques et les ouailles pouvaient collectionner de belles cartes postales.

(Mais… les traditions se perdent… MAGA!)

A signaler aussi la reconnaissance, le 28 mai dernier, par les autorités allemandes, du caractère génocidaire du massacre de Héréros et des Namas de 1904 à 1907 en Namibie (ex-Sud-Ouest africain), avec la bénédiction de l'église luthérienne; cette opération servit de laboratoire dont les enseignements logistiques furent utiles à l'Allemagne trois décennies plus tard, notamment en ce qui concerne la technique des camps de concentration. Cette reconnaissance s'accompagne de la promesse d'un soutien financier de 1,1 milliard d'euros versés par l'Allemagne pour la reconstruction et le développement de ce pays.

En matière de génocides, culturels et physiques, on notera la belle convergence entre les différentes églises chrétiennes, catholiques et protestantes, unies dans l'oecuménisme.

Revenons au Canada et signalons notamment les quasi-lynchages d'Autochtones en milieu hospitalier qui sont monnaie courante. comme l'a révélé la mort atroce de Joyce Echaquan. Est fort judicieux le retrait de la statue de Sir John A. qui rendait hommage à ce suprémaciste blanc sans complexe à Charlottetown (Ile-du-Prince-Edouard). Elle trouvera la place qui lui convient dans un musée des horreurs.

Quant à l'église catholique canadienne, on attend patiemment que fientent les évêques leurs onctueuses - et gratuites - paroles de contrition. Mais nul besoin d'excuses, superfétatoires : elle fera plutôt dire quelques messes pour le repos des âmes autochtones, dont l'utilité sera éternelle. D'ailleurs, le vicaire du Christ pourra en célébrer à la basilique Saint-Pierre même. Et on envisagera des canonisations en prime. Vu que des recherches ultérieures dans le sous-sol des odorants jardins fleuris (et pour cause…) ayant enjolivé les pensionnats religieux dans tout le Canada risquent de faire pâlir le modeste chiffre de 215, on pourra même faire appel à la générosité du très chanoinesque philosophe canadien catho Charles Taylor, qui financera, du fond du cœur, à partir de ses deniers de Judas, une de ces messes au prix de groupe.

LP

PS. Heureusement qu'il y a quand même le Haut-Commissariat aux droits de l’homme des Nations Unies, dont l'intégrité et le grand sens des priorités à l'échelle du globe ne sont plus à démontrer, pour rappeler à l'ordre l'Etat canadien et à l'appeler à la transparence en l'espèce.

 

Wednesday, May 26, 2021

La rocambolesque arrestation de Roman Protassevitch en Biélorussie.

Le 26 mai 2021.

Well, when the president does it, that means that it is not illegal.

- Richard Nixon.

Le blogueur et opposant Roman Protassevitch est tombé entre les mains du roi-philosophe présidant aux dertinées de la Biélorussie depuis 25 ans, suite à l'arraisonnement le 23 mai dernier de l'avion qui le conduisait d'Athènes à Vilnius (Lituanie).  

La communauté internationale pousse des hauts cris d'indignation et dénonce un acte de piraterie aérienne commis par un Etat. On tombe des nues… Bizarrement, nul ne semble savoir que cette violation flagrante du droit international par un Etat n'est pas une première. L'histoire passe parfois sous le radar.

Contrairement à la légende, l'ère de la piraterie aérienne n'a pas été ouverte par des terroristes exaltés et exotiques, individuels ou télécommandés (castristes, levantins…) mais directement par un Etat censé être de droit : la France.

En effet, pendant la guerre d'Algérie, le 22 octobre 1956, un avion de la compagnie Air Maroc-Air Atlas décolle de la capitale marocaine, Rabat, destination Tunis, avec, à son bord, cinq hauts dirigeants politiques du Front de libération nationale (FLN) algérien, dont Ahmed Ben Bella, futur premier président de l’Algérie. Alors que l’avion survole les eaux internationales, son équipage est sommé d’atterrir à Alger par les autorités françaises locales. Ben Bella et ses compagnons seront détenus six ans.

Un précédent qui devait faire école.

Le 10 août 1973, la chasse israélienne force un avion de la Middle East Airways, qui vient de décoller de Beyrouth, à atterrir Lod. Le ministre de la défense Moché Dayan, bien connu pour son sens de l'humour, déclara d'un œil malicieux que "l'opération entreprise conre la caravelle libanaise n'était pas un échec du point de vue militaire… puisque nous avons bel et bien intercepté l'avion que nous cherchions". A un petit détail près : les dirigeants du Front populaire pour la libération de la Palestine, notamment le docteur Georges Habache (qui n'était malheusement pas un disciple du docteur Schweitzer), que voulait capturer Israël, ne se trouvaient pas dans l'aéronef. En toute franchise, le général Dayan admit d'ailleurs que son pays avait agi en violation du droit international, avec la bénédiction expresse de la première ministre Golda Meir, dont le gouvernement invoqua spécifiquement l'affaire Ben Bella pour sa défense.

Cependant, on est plus perplexe de voir que furent tirés des arguments du détournement de l'avion de Moise Tchombé de l'Espagne vers l'Algérie de Boumedienne en 1967 (où il mourut après 2 ans de détention "provisoire", de causes purement naturelles, cela va de soi), ainsi que de l'atterrissage forcé d'un avion anglais dans la Libye de Khaddafi en 1971, qui permit l'arrestation de 2 officiers soudanais et leur livraison au gouvernement soudanais soutenu par la Libye et qu'ils avaient tenté de renverser. (Incidemment, il ne leur fut pas proposé de faire valoir leurs droits à une retraite anticipée).

A noter que, en 1956, le président du conseil français Guy Mollet, lui, avait été mis en face du fait accompli par des électrons libres de l'armée, qu'il n'a finalement pas osé défier en remettant les prisonniers en liberté comme la loi l'exigeait; mais le tortionnaire suprême socialiste de l'Algérie était peu connu pour la fermeté de sa colonne vertébrale, surtout depuis qu'il avait déjà capitulé à Alger le 6 février devant une meute de pieds-noirs enragés armés de tomates pourries.

Plus généralement, n'est plus à démontrer l'expertise française développée au fil des siècles en matière d'opérations transfrontalières (et même intrafrontalières) douteuses, dans la stratosphère et au ras des pâquerettes. Quelques exemples pris au hasard : le rapt en Allemagne et l'assassinat du duc d'Enghien par Napoléon en 1804, l'enlèvement par les barbouzes en Allemagne en 1963 du colonel Antoine Argoud (activiste "Algérie française" et dirigeant de l'OAS) , l'affaire Ben Barka en 1965, etc…

Les protestations internationales suscitées par les agissements du président biélorusse Alexandre Loukachenko sont pleinement justifiées. Cependant, quant au ministre de la défense français, Jean-Yves Le Drian, il est un peu piquant aujourd'hui de le voir jouer aujourd'hui les saintes nitouches au nom de la République contre un chef d'état qui a scrupuleusement suivi le plan de vol français.

Et qui n'a pas réinventé la roue du train d'atterrissage.

LP