Saturday, June 26, 2021

Après Kamloops, Marieval en Saskatchewan (Canada), et de deux!

Le 26 juin 2021.

A murder without gleaming scissors is like asparagus without the hollandaise sauce – tasteless.

- Alfred Hitchcock.

Et voilà qu'on trouve une autre scène de crime(s), impliquant aussi l'église catholique.

Les 215 corps découverts à Kamloops n'étaient qu'un petit avant-goût des 751 sépultures anonymes découvertes il y a quelques jours près de l’ancien pensionnat pour Autochtones de Marieval. Ne sera surpris que qui veut. Comme la plupart des Allemands qui, dans les années 1940, ignoraient tout, mais vraiment tout, de l'existence de Mauthausen.

Si on entend les réactions indignées des personnalités politiques canadiennes, les paroles de contrition des autorités ecclésiastiques sont plus embarrassées, et nettement plus feutrées. Même pour l'as du marketing le pape François, ce petit problème de relations publiques appelle une réponse réfléchie; nul doute que le cardinal canadien Marc Ouellet fait en ce moment des heures sup'.

Une fois de plus, on pense forcément à ce héraut québécois de la religion qu'est le "filozof" catho, "holier-than-thou" Charles "Chuckie" Taylor. Ce prospère millionnaire, qui suinte et sent l'huile rance sur les plateaux de télé et à l'université McGill, est toujours prêt, sur un ton mélodramatique, à exprimer sa "honte", et à dénoncer le racisme imaginaire de la société québécoise.

Elle s'est débarrassée (difficilement) du totalitarisme chrétien; chose plus importante, elle a affranchi ses écoliers des calotins et des psychopathes à cornettes (pour plus de précisions à ce sujet, on ne saurait trop recommander deux films quasi-documentaires : "The devils" de Ken Russell et "Suzanne Simonin, la Religieuse de Diderot" de Jacques Rivette). Le Québec, cohérent, impose donc (encore que trop timidement) aujourd'hui des restrictions générales en matière de port de signes religieux à un trop faible nombre de fonctionnaires, dépositaires de l'autorité publique, pendant leurs 37,5 heures de service chaque semaine. En matière de martyres des croyants, on n'a pas encore tout à fait atteint le stade du bûcher sur lequel fut cuisiné Michel Servet sur ordre de Calvin à Genève.

Cependant, ces derniers temps, l'ineffable "Chuckie" Taylor conserve un silence assourdissant sur ces macabres découvertes. Son mutisme est aussi inébranlable en ce qui concerne les  manœuvres dilatoires de son église devant les tribunaux : on pense surtout aux actions judiciaires engagées par les victimes (enfin… par celles qui ont le toupet d'être encore en vie). Détail cocasse, l'oratoire Saint-Joseph de Montréal fait aussi poireauter les entreprises en bâtiments, dont certaines factures relatives à l'impressionnant chantier d’aménagement demeurent impayées. "Donnez. Le ciel vous le rendra", est-il pourtant promis sur son site. Ces impies de bâtisseurs, et de survivants, rechignent à se faire payer en prières…

La preuve est à nouveau faite que les oripeaux religieux, de manière générale et par définition, constituent non seulement un outil de propagande, mais un appel visuel, quoique non verbal, au crime, comme la swastika évoque les convois ferroviaires menant à Auschwitz et fleure bon le délicat parfum du Zyklon-B. Les objets religieux, en tissu ou autres, symbolisent et synthétisent une histoire. Nul besoin d'être un spécialiste de sémiotique pour comprendre cette évidence, mais les Taylor et consorts "ont endurci leurs oreilles, et ils ont fermé leurs yeux, de peur qu'ils ne voient de leurs yeux, qu'ils n'entendent de leurs oreilles" (Mathieu 13:15).

Evidemment, on peut penser que, pour commettre leurs abus sexuels "proprement" dits (si on ose dire), les prêtres officiant dans les pensionnats pour Autochtones (et pas seulement), se débarrassaient de leur soutanes : déjà encombrantes pour sodomiser leurs petites victimes, a fortiori pour se faire administrer de visqueuses petites gâteries buccales. Par contre, elles ne les entravaient nullement dans le maniement de la ceinture, du fouet, et de divers instruments contondants.

Les maisons des horreurs de Kamloops et de Marieval nous enseignent donc que c'est au moins ça, la croix, la chasuble et la guimpe : des enfants martyrs, sacrifiés sur l'autel de la dépravation.

Et même les cadavres peuvent être des témoins un peu trop gênants, d'où leur enfouissement nocturne à la faible lumière d'un fanal, sous le sceau de l'anonymat, en toute discrétion… Bien sûr, les risques étaient minimes pour les assassins vu que le pouvoir séculier accordait systématiquement aux ecclésiastiques le bon Dieu sans confession, mais… pourquoi tenter le diable? L'église catholique est un tueur en série, série qui est sans doute loin d'être finie. Beau joueur, Jeffrey Dahmer, du fond de sa marmite infernale, exprime son admiration de petit artisan.

Dans chaque clerc, ou assimilé, il y a un Charles Manson qui dort, et qui se réveille trop souvent.

Que le 1er juillet soit un jour de deuil pour tout le Canada.

LP

 

Saturday, June 5, 2021

Canada : charnier à Kamloops.

Le 5 juin 2021.

 

En vérité, la vérité, il n'y a pas de vérité.

- Jean-Claude van Damme.

Pour mémoire, Kamloops n'est pas en Syrie, en Iraq, ou en république démocratique du Congo. C'est une jolie ville brittano-colombienne, au Canada, un paradis touristique, où se trouvait jadis, un pensionnat pour enfants autochtones. Manifestement, ont plutôt vécu l'enfer lesdits pensionnaires, comme en témoigne la découverte de 215 petits cadavres enfouis anonymement.

Oh surprise, cette institution était aussi administrée par Notre Sainte-Mère l'Eglise catholique. Le scoop.

Vu les macabres découvertes de charniers similaires, par exemple, en Irlande, on constate que le modus operandi des autorités catholiques est uniforme à travers le monde. Qui a dit que l'Eglise ne sait pas vivre avec son temps? Elle est passée du bûcher des hérétiques à l'exploitation économique et sexuelle d'enfants; un usage plus rationnel du matériel humain dont elle a la garde.

A noter que, au Canada, si les autorités ecclésiastiques étaient souvent chargées de la gestion de ces lieux pédagogiques, ils furent créés à l'initiative de Sir John A. Macdonald premier premier ministre canadien, qui trouva l'inspiration entre deux bouteilles de whisky. Sur le plan purement quantitatif, il faut avouer que le Canada fait belle figure en comparaison des Etats-Unis en matière de traitement des Autochtones : pas de général Custer pour "casser du peau-rouge"; on s'est contenté d'assimiler les Autochtones dans la mesure du possible et on est s'est borné aux discrètes pénétrations d'écoliers et d'écolières, par des protubérances naturelles ou, en cas défaillance des ministres du culte nonagénaires, par le goupillon lubrifié de Saint chrême, et aux furtifs et ponctuels assassinats nocturnes. Et les statistiques sont modestes au regard des exploits d'un Bachar El Assad. Sans oublier que les macchabées six pieds sous terre, c'est de l'engrais : l'armée de Pinochet n'avait pas compris que ne sont pas productifs les corps momifiés dans les murs.

Quand on se compare, est-on censé se consoler?

Incidemment, en matière d'extermination étatique, l'actualité des dernières semaines est riche.

On évoque le centième anniversaire du massacre de la "Black Wall Street" à Tulsa, en Oklahoma. Il ne faut cependant pas oublier que cette abomination fut l'apothéose en matière de pogroms subis par les Afro-Amércains au fil des siècles. Dans la Bible Belt, la vie ordinaire des rednecks était régulièrement ponctuée par des lynchages (pendaisons, grillades, charcutages…), parfois improvisés, parfois planifiés et annoncés à l'avance par le service des loisirs municipal dans les journaux locaux (hear ye, hear ye! at a municipal park near you!) Ces spectacles (Rated-G, sometimes Rated-PG) offraient une saine distraction dominicale après l'office à l'église baptiste, agrémentant les pique-niques et les ouailles pouvaient collectionner de belles cartes postales.

(Mais… les traditions se perdent… MAGA!)

A signaler aussi la reconnaissance, le 28 mai dernier, par les autorités allemandes, du caractère génocidaire du massacre de Héréros et des Namas de 1904 à 1907 en Namibie (ex-Sud-Ouest africain), avec la bénédiction de l'église luthérienne; cette opération servit de laboratoire dont les enseignements logistiques furent utiles à l'Allemagne trois décennies plus tard, notamment en ce qui concerne la technique des camps de concentration. Cette reconnaissance s'accompagne de la promesse d'un soutien financier de 1,1 milliard d'euros versés par l'Allemagne pour la reconstruction et le développement de ce pays.

En matière de génocides, culturels et physiques, on notera la belle convergence entre les différentes églises chrétiennes, catholiques et protestantes, unies dans l'oecuménisme.

Revenons au Canada et signalons notamment les quasi-lynchages d'Autochtones en milieu hospitalier qui sont monnaie courante. comme l'a révélé la mort atroce de Joyce Echaquan. Est fort judicieux le retrait de la statue de Sir John A. qui rendait hommage à ce suprémaciste blanc sans complexe à Charlottetown (Ile-du-Prince-Edouard). Elle trouvera la place qui lui convient dans un musée des horreurs.

Quant à l'église catholique canadienne, on attend patiemment que fientent les évêques leurs onctueuses - et gratuites - paroles de contrition. Mais nul besoin d'excuses, superfétatoires : elle fera plutôt dire quelques messes pour le repos des âmes autochtones, dont l'utilité sera éternelle. D'ailleurs, le vicaire du Christ pourra en célébrer à la basilique Saint-Pierre même. Et on envisagera des canonisations en prime. Vu que des recherches ultérieures dans le sous-sol des odorants jardins fleuris (et pour cause…) ayant enjolivé les pensionnats religieux dans tout le Canada risquent de faire pâlir le modeste chiffre de 215, on pourra même faire appel à la générosité du très chanoinesque philosophe canadien catho Charles Taylor, qui financera, du fond du cœur, à partir de ses deniers de Judas, une de ces messes au prix de groupe.

LP

PS. Heureusement qu'il y a quand même le Haut-Commissariat aux droits de l’homme des Nations Unies, dont l'intégrité et le grand sens des priorités à l'échelle du globe ne sont plus à démontrer, pour rappeler à l'ordre l'Etat canadien et à l'appeler à la transparence en l'espèce.

 

Wednesday, May 26, 2021

La rocambolesque arrestation de Roman Protassevitch en Biélorussie.

Le 26 mai 2021.

Well, when the president does it, that means that it is not illegal.

- Richard Nixon.

Le blogueur et opposant Roman Protassevitch est tombé entre les mains du roi-philosophe présidant aux dertinées de la Biélorussie depuis 25 ans, suite à l'arraisonnement le 23 mai dernier de l'avion qui le conduisait d'Athènes à Vilnius (Lituanie).  

La communauté internationale pousse des hauts cris d'indignation et dénonce un acte de piraterie aérienne commis par un Etat. On tombe des nues… Bizarrement, nul ne semble savoir que cette violation flagrante du droit international par un Etat n'est pas une première. L'histoire passe parfois sous le radar.

Contrairement à la légende, l'ère de la piraterie aérienne n'a pas été ouverte par des terroristes exaltés et exotiques, individuels ou télécommandés (castristes, levantins…) mais directement par un Etat censé être de droit : la France.

En effet, pendant la guerre d'Algérie, le 22 octobre 1956, un avion de la compagnie Air Maroc-Air Atlas décolle de la capitale marocaine, Rabat, destination Tunis, avec, à son bord, cinq hauts dirigeants politiques du Front de libération nationale (FLN) algérien, dont Ahmed Ben Bella, futur premier président de l’Algérie. Alors que l’avion survole les eaux internationales, son équipage est sommé d’atterrir à Alger par les autorités françaises locales. Ben Bella et ses compagnons seront détenus six ans.

Un précédent qui devait faire école.

Le 10 août 1973, la chasse israélienne force un avion de la Middle East Airways, qui vient de décoller de Beyrouth, à atterrir Lod. Le ministre de la défense Moché Dayan, bien connu pour son sens de l'humour, déclara d'un œil malicieux que "l'opération entreprise conre la caravelle libanaise n'était pas un échec du point de vue militaire… puisque nous avons bel et bien intercepté l'avion que nous cherchions". A un petit détail près : les dirigeants du Front populaire pour la libération de la Palestine, notamment le docteur Georges Habache (qui n'était malheusement pas un disciple du docteur Schweitzer), que voulait capturer Israël, ne se trouvaient pas dans l'aéronef. En toute franchise, le général Dayan admit d'ailleurs que son pays avait agi en violation du droit international, avec la bénédiction expresse de la première ministre Golda Meir, dont le gouvernement invoqua spécifiquement l'affaire Ben Bella pour sa défense.

Cependant, on est plus perplexe de voir que furent tirés des arguments du détournement de l'avion de Moise Tchombé de l'Espagne vers l'Algérie de Boumedienne en 1967 (où il mourut après 2 ans de détention "provisoire", de causes purement naturelles, cela va de soi), ainsi que de l'atterrissage forcé d'un avion anglais dans la Libye de Khaddafi en 1971, qui permit l'arrestation de 2 officiers soudanais et leur livraison au gouvernement soudanais soutenu par la Libye et qu'ils avaient tenté de renverser. (Incidemment, il ne leur fut pas proposé de faire valoir leurs droits à une retraite anticipée).

A noter que, en 1956, le président du conseil français Guy Mollet, lui, avait été mis en face du fait accompli par des électrons libres de l'armée, qu'il n'a finalement pas osé défier en remettant les prisonniers en liberté comme la loi l'exigeait; mais le tortionnaire suprême socialiste de l'Algérie était peu connu pour la fermeté de sa colonne vertébrale, surtout depuis qu'il avait déjà capitulé à Alger le 6 février devant une meute de pieds-noirs enragés armés de tomates pourries.

Plus généralement, n'est plus à démontrer l'expertise française développée au fil des siècles en matière d'opérations transfrontalières (et même intrafrontalières) douteuses, dans la stratosphère et au ras des pâquerettes. Quelques exemples pris au hasard : le rapt en Allemagne et l'assassinat du duc d'Enghien par Napoléon en 1804, l'enlèvement par les barbouzes en Allemagne en 1963 du colonel Antoine Argoud (activiste "Algérie française" et dirigeant de l'OAS) , l'affaire Ben Barka en 1965, etc…

Les protestations internationales suscitées par les agissements du président biélorusse Alexandre Loukachenko sont pleinement justifiées. Cependant, quant au ministre de la défense français, Jean-Yves Le Drian, il est un peu piquant aujourd'hui de le voir jouer aujourd'hui les saintes nitouches au nom de la République contre un chef d'état qui a scrupuleusement suivi le plan de vol français.

Et qui n'a pas réinventé la roue du train d'atterrissage.

LP

Friday, April 30, 2021

1933 : Roosevelt, 2021 : Biden.

Le 30 avril 2021.

 

Shoot for the Stars, Aim for the Moon.

- Pop Smoke.

Le discours de Joseph Biden, prononcé le 28 avril à l'occasion des premiers 100 jours de sa présidence, passera à l'histoire. Après la longue éclipse de Sa Majesté orange, le soleil du simple bon sens se lève sur l'Amérique. On est loin des délires haineux et des gazouillis incohérents : on parle, enfin, avec noblesse et un esprit de compassion, de justice sociale, de justice fiscale, du droit de vote et de saine justice pénale. Le temps est revenu aux investissements de l'Etat dans et pour l'avenir : il s'agit d'infrastructures, d'accès à l'éducation et à la santé, domaines dont l'utilité sociale est quelque peu supérieure à celle des prisons (gérées par l'entreprise privée) où s'entassent trop d'enfants des ghettos.

Bref, un discours humaniste, et les Américains, et même le reste du monde, peuvent aujourd'hui oser rêver de possibles jours meilleurs, vu que le président n'oublie pas non plus la lutte contre les changements climatiques.

On comprend qu'aucun élu blanc n'a voulu se charger de la réponse républicaine, et cette tâche ingrate a donc été refilée à l'Afro-Américain de service, le docile sénateur Tim Scott de Caroline du Sud : c'est "Uncle Tom", euh, pardon, "Uncle Tim" qui s'y colle.

Même si l'année 2020 a replongé l'Amérique dans la pénible ambiance de 1968, est révolu le temps des Panthères noires. Cela dit, il n'y a que le parti républicain de 2021 pour exhiber sans vergogne son "pantin noir".

LP

PS. Si Disney devait faire un remake de "Song of the South" (une poétique ode à un paradis perdu), il ne faudra pas chercher plus loin que l'avunculaire Tim Scott pour reprendre le rôle de Uncle Remus : personne d'autre ne pourra chanter "Zip-a-Dee-Doo-Dah" avec autant de conviction.

 

Wednesday, April 21, 2021

Le procès Derek Chauvin : dur revers pour Eric Zemmour.

Le 21 avril 2021.

"It ain't over till it's over."

- Yogi Berra.

L'agent Chauvin est coupable.

Trois fois coupable.

Verdict inhabituel aux Etats-Unis, où la plupart des policiers disposent, en pratique, d'un permis de tuer, surtout quand le gibier est afro-américain ou latino. Il faut dire que presque 10 minutes d'exécution enregistrée sur vidéo, ça ne se trouve pas sous le pas d'un cheval; elle a rendu la tâche quasi-impossible pour son avocat, Eric Nelson, encore que, vu l'exemple de Rodney King, la partie n'était pas encore perdue. Mieux que quiconque, Derek Chauvin sait que tant qu'il y a vie, il y a espoir. On peut malgré tout s'étonner que le ministère public n'avait pas ajouté un autre chef d'accusation pertinent : la torture de George Floyd.

Cela dit, le verdict de Minneapolis n'est qu'un très modeste premier pas, une petite bouffée d'oxygène pour ceux qui veulent croire au progrès social. Le crucifié George Floyd a - peut-être - commencé à changer le monde, mais c'est grâce à l'héroïne Darnella Frazier, la courageuse adolescente dont la vidéo a certainement été cruciale dans la condamnation de l'ignoble assassin. Elle a fait mieux qu'Abraham Zapruder et mérite la Presidential Medal of Freedom.

Cependant, en France, difficile journée pour l'aspirant aryen honoraire Eric Zemmour, selon lequel un casier judiciaire justifie la peine de mort infligée à l'intéressé en plein jour, en pleine rue. Un position cohérente vu qu'il approuve la torture généralisée de populations coloniales (surtout arabes), avalise la torture et l'assassinat de prisonniers en détention par d'ex-SS, reconvertis chez les paras de la Légion étrangère sur la foi d'états de service impeccables. Nul doute que ce propagandiste haineux, qui, normalement, ne manque pas d'air, s'étrangle aujourd'hui d'indignation : George Floyd vaut bien une "crevette Bigeard" et les ghettos noirs sont autant de casbahs à réduire par tous les moyens.

Les jurés viennent de porter un message de justice élémentaire au monde entier, et même en doulce France, encore qu'il  prendra sans doute un peu plus de temps à passer au pays de Fabrice Burgaud de Jean-Pierre Munier, juridiction où certains suicidés ont besoin de 5 coups de révolver pour parvenir à leurs fins.

Ou plutôt, à leur fin.

LP

Monday, March 29, 2021

Les délires du professeur Amir Attaran, ou le problème de la liberté académique.

Le 29 mars 2021.

With regard to freedom of speech there are basically two positions: you defend it vigorously for views you hate, or you reject it and prefer Stalinist/fascist standards.

- Noam Chomsky.

Un professeur de droit de l'université d'Ottawa, Amir Attaran, suscite la controverse au Québec (pas dans le Canada anglophone évidemment). Selon lui, le Québec est une société raciste, il est même l'"Alabama du nord" et le premier ministre François Legault est un "suprémaciste blanc". Rien que ça.

On dénonce cette dernière forme de "Québec bashing" et d'aucuns réclament le renvoi du juriste et la démission du recteur Frémont. Sont donc en cause la liberté de parole, et la responsabilité des universités.

Examinons un intéressant précédent en la matière, impliquant le grand chantre canadien des droits de l'homme à travers le monde, Irwin Cotler, jadis professeur de droit à l'université McGill.

Les Québécois d'un certain âge, et d'un âge certain, se souviendront que, lors de la victoire-surprise du Parti québécois aux élections provinciales en novembre 1976, les partisans du nouveau governement ont chanté la chanson "Demain nous appartient" dont l'auteur était Stéphane Venne. Le réflexe pavlovien de Cotler fut d'accuser les vilains séparatistes d'avoir repris, en français, la chanson de style nazi "Tomorrow belongs to me" composée pour le film "Cabaret"; ce sinistre canard fut relayé par l'écrivain, polémiste, et pseudo-journaliste Mordecai Richler, ainsi qu'une autre enseignante de la Royal Institution for the Advancement of Learning, Ruth Wisse; celle-ci voulut même voir dans l'ambiance festive du centre Paul-Sauvé des relents de Sturmabteilung et du bruit nocturne de Kampfstiefel. Tous les prétextes sont bons pour stigmatiser une société qui tient, au minimum, à rester distincte.

(A titre comparatif, à partir de 1977, en Israël, les victorieuses soirées électorales du Likoud ne se sont pas toujours déroulées dans l'ambiance bon enfant des kibboutzniks dansant pacifiquement la hora autour d'un feu de camp.)

Pour sa part, Irwin Cotler tira une leçon de son impulsivité. On ne l'entendit plus diffamer ouvertement le mouvement indépendantiste québécois, se contentant, dans sa salle de classe (où il avait un public soit captif, soit gagné d'avance), de décocher des flèches empoisonnées, de manière à peine "codée", contre le Québec; son univers était essentiellement limité au seul arrêt Roncarelli c. Duplessis (en substance une simple glose de droit administratif confirmant le simple bon sens), dont il se masturbait inlassablement pour porter le message du monopole totalitaire québécois; il était moins disert sur, notamment, l'Alberta du crédit social, terre pourtant peu promise aux minorités ethno-culturelles. L'illustre défenseur de Mandela et de Sharanski avait appris à se maîtriser et éviter les formules risquées, mais sa physionomie et son intonation laissait suinter sa fétide aversion contre le Québec, attisée par la perspective du référendum de 1980.

Mordecai Richler, quant à lui, après avoir avoué une gaffe embarrassante (en effet, se fier à Irwin Cotler en ce qui concerne le Québec…), persista quand même par la suite dans sa propagande haineuse. Soyons quand même indulgent : il n'avait pas de poste universitaire permanent et dépendait du chèque de paye de Conrad Black, notamment pour assumer les frais de scolarité de ses 5 enfants à l'école privée. Il se faisait aussi payer par l'université d'Ottawa pour donner un cours de "creative writing" dont il déclarait pourtant, sans vergogne, l'inutilité à ses étudiants. (Excès de modestie : vu ses très… créatives chroniques "journalistiques", les étudiants pouvaient apprendre beaucoup de lui en matière de rédaction de contes de fées).

Alors, quid du professeur Attaran en 2021?

Selon la "jurisprudence Cotler-Wisse", le "Quebec bashing", extra-muros de l'université, est parfaitement compatible avec une belle carrière universitaire et ouvre même éventuellement les portes à de hautes fonctions politiques fédérales. Incidemment, Cotler, lui, n'avait pas sa place à la faculté de droit, mais pour une autre raison, plus simple : il n'avait pas mérité la qualité de pédagogue; sinon, sa seule répugnance envers le Québec n'eût été que péché véniel. Il faut lui reconnaître une belle prestance, avec ses entrées fracassantes dans la salle de classe, son heure de (dis)cours était un éblouissant feu d'artifice, mieux, un étourdissant ouragan qui déplaçait beaucoup de vent. Mais rien que du vent.

Dans la mesure où l'enseignement du professeur Attaran, dans sa salle de classe, est réel, scientifique, et où il n'est pas contaminé par ses élucubrations publiques, rien ne justifie son renvoi de l'université d'Ottawa et le recteur Frémont a adéquatement défendu sa liberté de parole. Il n'y a que les esprits peu rationnels pour ne pas comprendre que cet illustre inconnu utilise la provocation pour se faire sa publicité, tel Eric Zemmour en France. Et avec succès! Le mépris est une arme plus efficace que l'indignation tapageuse.

Par contre, la démission de Jacques Frémont serait de mise, mais, là encore, pour une autre raison : la persécution infligée à la professeure Verushka Lieutenant-Duval, qui avait utilisé de manière judicieuse, à titre scientifique, le mot en "n", à savoir "nègre", comme dans cet ouvrage de Jean Laude, critique et historien de l'art, La peinture française et « l’art nègre » (1905-1914). Contribution à l’étude des sources du fauvisme et du cubisme, 1968/2006, Paris, Klincksieck. Voici une très sommaire bibliographie : Jacques Chevrier, Littérature Nègre, Armand Colin (1999); Jean-Claude Blachère, Le Modèle Nègre, Nouvelles Editions Africaines du Sénégal, Dakar (1981). Il est impossible de rendre hommage à Josephine Baker sans signaler qu'elle fut la vedette de la Revue nègre? Enfin, comment étudier et discuter le concept plus général de "négritude" sans le prononcer?

Un recteur digne de ce nom, doté - notamment - d'une colonne vertébrale ferme, ne se laisse pas intimider par les jacqueries et méprise les cul-terreux qui brandissent leurs fourches.

LP

Friday, March 12, 2021

La science et l'éthique catholique en temps de pandémie.

Le 12 mars 2021.

Quelqu'un parmi vous est-il malade? Qu'il appelle les anciens de l'Eglise et que les anciens prient pour lui en lui appliquant de l’huile au nom du Seigneur. La prière de la foi sauvera le malade et le Seigneur le relèvera.

- Jacques 5:14-15.

La Conférence des évêques catholiques du Canada annonce sa recommandation (tant attendue par les croyants) : les fidèles doivent éviter, si possible, les vaccins AstraZeneca et Johnson & Johnson pour le développement desquels ont été utilisés « des lignées cellulaires dérivées de l’avortement », contrairement à ceux de Pfizer et Moderna. Voilà qui suscite des controverses au Canada, notamment de la part des autorités terrestres de la santé publique.

Une regrettable réaction qui connote un déplorable manque de foi : il ne s'agit pas d'une interdiction totale. Les milieux épidémiologiques, qui, bien sûr, attendaient avec impatience et respectueuse crainte la bénédiction des autorités religieuses, sont désormais rassérénés, vu qu'ils ont eu droit, quand même, au final, sinon à leur imprimatur, en tout cas à un indulgent nihil obstat, fût-il très circonspect. Il faut saluer la mansuétude du Vatican à cet égard, qui frise même la faiblesse. Sa Sainteté François est vraiment trop bonne, d'autant plus que la planète subit en ce moment le châtiment que Dieu réserve périodiquement aux impies. (Les tremblements de terre et les tsunamis seront pour une autre fois.)

Il faut sans doute y voir la capacité du vicaire du Christ à consentir à des accommodements (que l'on peut qualifier de "raisonnables" en milieu canadien) avec le Ciel. En effet, depuis des millénaires, par son silence et son inaction complices, le Saint-Siège compte, et cautionne, des clercs incapables de colmater leurs spasmodiques suintements de sève rance, et qui, armés de saint chrême, sont avides de pénétration de sièges; il ferme les yeux sur les viols de religieuses offrant, par définition, de meilleures garanties en matière de transmission, ou plutôt de non-transmission, notamment du SIDA, surtout en terres de mission; enfin, les avortements des fruits résultant des accouplements de directeurs de conscience avec des moniales ou laïques, sont monnaie courante, en toute discrétion, ça va de soi. On l'aura compris : les inoculations de toutes sortes, forcées ou consensuelles, sont une pratique bien éprouvée dans le monde catholique.

Rendons donc hommage à Notre Sainte-Mère l'Eglise pour son émouvante cohérence morale. Elle sait vivre avec son temps.

LP