Wednesday, August 29, 2018

Elections québécoises de 2018 : l'abeille Gertrude Bourdon




Le 29 août 2018.

Nous voyons l'abeille se poser sur toutes les plantes et tirer de chacune le meilleur.
- Isocrate.

Le butinage (pré)électoral semble être devenu de mise au Québec. Vincent Marrissal en est le meilleur exemple. Les bourdonnements de l'ex-infirmière-gestionnaire Bourdon n'ont donc rien d'assourdissant.

Après quelques contacts avec le parti québécois, elle se présente aux élections provinciales dans la circonscription de Jean-Lesage sous la bannière du parti libéral du Québec, les discussions avec la Coalition Avenir Québec ayant achoppé quelques jours auparavant sur la question du sort à réserver à la juteuse entente de rémunération conclue entre le gouvernement québécois et les médecins spécialistes, que François Legault a promis de répudier. L'actuel grand vizir du Québec, "sheikh" Philippe Ibn-Couillard, lui a d'ailleurs déjà promis le… portefeuille de la santé.
                     
(Une démarche inhabituelle, qui rappelle celle de Ronald Reagan en 1976 qui, avant la convention républicaine, annonça à l'avance son choix du progressiste Richard Schweiker comme co-listier.)

On aurait pensé qu'une ex-infirmière eût l'idée de promouvoir une affectation plus optimale des fonds publics, vers, notamment (un exemple pris au hasard), le secteur des infirmières, mais, manifestement, la ministre en devenir a d'autres priorités; elle est mieux placée que quiconque pour savoir que ses ex-consoeurs sont déjà pourries gâtées.

On comprend que "sheikh" Philippe arborait son beau sourire de marchand de tapis enjôleur. Une belle prise, en effet. L'intéressée explique ainsi son choix politique, sans rire : elle ne peut adhérer aux "valeurs" de la CAQ. On peut l'en croire : en l'espèce, c'est le mot exact. Les médecins spécialistes du Québec en font déjà leur miel. Ils peuvent même commencer à rêver que, un jour pas si lointain, ils gagneront autant que leurs confrères d'Arabie saoudite, sans même avoir besoin d'ouvrir un compte bancaire à Jersey pour encaisser leurs émoluments.

Il reste à voir si cette candidate-vedette aiguillonnera les électeurs québécois vers la ruche libérale. Détail piquant, le parti libéral a désigné… Gaétan Barrette, l'idole des infirmières, pour participer au débat contradictoire organisé par la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec qui aura lieu le 5 septembre.

LP

Tuesday, August 28, 2018

D'Irlande, le pape François demande pardon.



Le 29 août 2018.

La politesse consiste à demander pardon pour tous les dommages autres que l'assassinat.
- Philippe Bouvard.

En ce qui concerne les crimes sexuels séculaires des prélats catholiques, la contrition du Saint Père est émouvante, et il faudrait un cœur de pierre, de païen, pour la nier.

Pour convaincre les (rares) sceptiques, rien de plus simple : il lui suffira d'avouer,  pardon, de confesser l'évidence, à savoir que le Nouveau Testament (la matrice de "Mein Kampf") est une compil' de récits fictifs, mais haineux; de reconnaître l'ensemble des activités criminelles de L'Eglise Inc. depuis 2000 ans, notamment les viols des esprits (qui infligent aussi aux victimes leurs "propres" déchirements douloureux).

Et enfin, et surtout, d'en prononcer la dissolution. L'humanité pourra alors proclamer, comme le fit il y a peu Charlie Hebdo : "tout est pardonné"!

Pour l'instant, on relèvera la dernière brillante trouvaille du pontife : il recommande aux parents d'enfants manifestant des tendances homosexuelles de leur faire consulter des psychiatres. A fortiori, on ne saurait trop conseiller le recours aux services de ces thérapeutes à ces mêmes parents qui s'accrochent à la croyance aux miracles, quoique réfutés par la science post-médiévale, et aux autres contes de fées pour grands enfants.

LP

Sunday, August 19, 2018

"America was never that great".



Le 19 août 2018.

In the name of the greatest people that have ever trod this earth, I draw the line in the dust and toss the gauntlet before the feet of tyranny, and I say segregation now, segregation tomorrow, segregation forever.
- George C. Wallace.

Un million de dollars le Viet.
- Titre d'un ouvrage de Jean Lartéguy.

Dixit, mercredi dernier, le gouverneur de l'Etat de New York, Andrew Cuomo.

Il s'est attiré les quolibets des Archie Bunker républicains (que l'on pardonne ce pléonasme), qui lui ont même offert un billet de train (aller simple) pour le Canada. Ils n'ont peut-être pas tort.

Si des générations d'élèves autochtones canadiens ont été martyrisés par les sévices psychologiques et sexuels de la part des clercs religieux qui jouissaient (au sale, comme au figuré) de l'impunité totale que leur garantissait l'indifférence des autorités, au moins, celles-ci n'ont pas exterminé 95% des Indiens, comme le fit l'armée américaine, avec la technologie plus ou moins artisanale de l'époque, c'est-à-dire sans Zyklon-B; on en était encore aux Einsatzgruppen, avant la lettre. Pas de général Custer canadien.

Si le Canada a aussi connu l'esclavage (chose mal connue du public canadien vu que l'Eglise catholique était le plus gros propriétaire d'esclaves : ses clercs, détenant le monopole de la diffusion des connaissances historiques, depuis 1763, la firent sournoisement tomber dans l'oubli collectif après l'abolition pacifique de cette institution en 1833 dans toutes les colonies anglaises. Il fut épargné au Canada une guerre civile, d'autant plus facilement que le climat y rendait impossible les plantations. Et il est devenu le terminus de l'underground railroad.

Si la néo-écossaise Viola Diamond fut condamnée en 1946 à une amende pour avoir pris un siège dans le parterre d'un cinéma après avoir acheté une place au balcon, réservé aux personnes de couleur, il a été épargné au Canada les violences policières ciblant les activistes des droits civiques. Pas de Bull Connor canadien. Pendant les années 60, les habitants de Windsor pouvaient d'ailleurs jouir en toute quiétude, en temps réel, du spectacle de choix que leur offraient les émeutes raciales de Detroit (la Detroit River leur assurait une assez bonne protection contre les émanations de gaz lacrymogène).

Et le Canada n'a pas investi ses fonds publics dans une guerre perdue d'avance, comme les Etats-Unis au Vietnam, pendant que les Nègres du delta du Mississippi crevaient de faim jusqu'à ce que cette tragédie fût dénoncée par Robert Kennedy en 1966 (heureusement, les conscrits, eux, avaient droit à une généreuse ration de rouleaux impériaux entre deux patrouilles dans les marais du delta du Mékong); ou dans la guerre en Irak commanditée par la société Halliburton, même si l'Etat Canadien s'aplatit devant les compagnies pétrolières, lesquelles sont subventionnés fiscalement pour, au final, détruire l'environnement.

Et le système carcéral canadien ne connaît pas les prisons privatisées américaines, dont les propriétaires sont acoquinés avec les juges, qui prononcent des peines excessives ou même injustifiées (visant de préférence, cela va sans dire, les Nègres et autres "Spics", les gibiers préférés de la "War on drugs") afin de leur assurer
un bon approvisionnement en viande humaine et donc un confortable et stable chiffre d'affaires. Rien ne vaut la libre entreprise.

Au Canada, l'infraction de "Driving While black" est moins souvent sanctionnée par l'exécution sur place des contrevenants par des policiers à la gachette rapide; on se contente plus souvent de profilage racial se traduisant par des arrestations, quelques tabassages occasionels et poursuites abusives.

Enfin, les écoliers canadiens ont quand même de meilleures chances de rentrer le soir à la maison indemnes que les petits Américains, même blancs.

Alors, oui, tout compte fait, si vous le voulez, bienvenue au Canada, gouverneur Cuomo. Mais le billet d'autobus qui vous était offert par le parti républicain n'était valable que vendredi dernier. Vous devrez venir à vos propres frais, mais ce sera un investissement.

LP


Tuesday, August 14, 2018

Important développement jurisprudentiel en matière de bail résidentiel.


Le 14 août 2018.

Tant qu'il y aura sur la terre ignorance et misère, des livres de la nature de celui-ci pourront ne pas être inutiles.
- Victor Hugo.

En France, plus précisément à La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine), à la demande du bailleur et d'autres locataires, un tribunal d'instance vient d'ordonner l'expulsion d'un logement HLM d'Elodie W. pour "troubles de voisinage", à savoir des nuisances sonores consistant en des cris et des hurlements de cette femme et de ses 2 enfants, de façon continuelle.

Pour sa défense, elle a fait valoir qu’elle était victime de violences de la part de son mari et a même produit une plainte enregistrée le 30 mai par le commissariat, qui avait entraîné deux jours d’invalidité totale. Par ailleurs, elle a dû cesser de travailler comme serveuse dans la restauration en raison d’une fracture au poignet.

Voici les motifs, logiquement imparables, par lesquels la juge Marie-France Savay-Coroyer rejette ces moyens de défense :

Justement, les attestations produites par les défenseurs ne démentent pas les faits. Au surplus, la plainte déposée pour violence conjugale par madame W. ne fait que corroborer les troubles évoqués. » Tous ces bruits, menaces et intimidations dépassent les inconvénients ordinaires du voisinage et (…) sont constitutifs de manquements graves et répétés aux obligations du bail. Peu importe que soit évoqué le départ de monsieur des lieux, le trouble de jouissance étant établi, il convient de prononcer la résiliation du bail.

La présidente du tribunal rappelle vertueusement que :

les bruits de toutes natures, quelle que soit leur source, dès lors qu’ils sont nuisibles par leur intensité et leur caractère répétitif et de nature à troubler le repos et la tranquillité des occupants de l’immeuble, sont formellement interdits de jour comme de nuit.

Tout est dit. Elodie n'a qu'à s'en prendre à elle-même : elle et ses mioches n'avaient qu'à ne pas crier pendant que son compagnon lui administrait des corrections sûrement bien méritées. Beaucoup de bruit et de sensiblerie pour quelques inoffensifs chatouillements et taquineries.

Il faut saluer un jugement d'une grande sagesse, d'une incomparable finesse, qui fera jurisprudence. On peut y voir la bonne application, par analogie, d'une saine doctrine chariesque selon laquelle les femmes violées, et qui ont l'impudence de rapporter des accusations de viol aux autorités, doivent elle-mêmes être punies par le fouet ou la lapidation pour adultère ou autres rapports sexuels hors mariage.

La France peut être fière de son Ecole Nationale de la Magistrature, qui produit des lumières comme Marie-France Savay-Coroyer et autres Fabrice Burgaud. Une justice plus que rassurante pour le justiciable français lambda.

Cette groupie du magistrat instructeur d'Outreau est promise à une longue et fructueuse carrière au sein de l'appareil judiciaire, au service du bien commun. Cela dit, comme chacun le sait, au pays des droits de l'homme et du citoyen, l'office de judicature est souvent conçu comme un tremplin de choix vers la politique. Voilà une affaire susceptible de propulser très haut cette virtuose du scalpel légal, jusqu'au portefeuille du logement ou de la famille.

Elle n'a que l'embarras du choix. Dans un cas comme dans l'autre, sa féminité ne lui fera pas obstacle.

LP

PS. Elodie a l'outrecuidance de s'adresser à une juridiction d'appel, mais que l'on se rassure : nul doute que celle-ci n'infirmera pas une décision méticuleusement pesée et de simple bon sens.

Sunday, August 5, 2018

Le pape François annonce son rejet de la peine de mort, dans tous les cas!



Le 5 août 2018.

Le chef de la cité est juste et exempt de péché, lorsqu’il met à mort des hommes dangereux, pour que la paix de la cité ne soit pas troublée.
- Saint-Thomas d'Aquin

Les hérétiques méritent d'être retranchés du monde par la mort.
- Le même Saint-Thomas d'Aquin.

Notre Saint-Père, comme l'institution qu'il dirige, est décidément un avant-gardiste! Le 2 août dernier, il annonce l'inscription de cette opposition dans le Catéchisme, lequel, dans sa version de 1997, considérait encore la peine capitale comme une mesure possible dans les cas d'absolue nécessité.

(Un bémol, est-elle "inhumaine" selon la version française de la modification pertinente du catéchisme, ou "inadmissible", comme le disent les versions anglaise, allemande, espagnole et portugaise?).

On notera que ce nouvel enseignement est censé être professé "à la lumière de l"Evangile". Il a donc suffi de deux millénaires de savantes exégèses pour en dégager cette doctrine audacieuse (oserait-on dire laxiste?), approuvée le 11 mai dernier lors d’une audience avec le préfet de la Congrégation de doctrine de la foi (l'appellation contemporaine de la sainte Inquisition, faut-il le rappeler?).

Outre les arguments classiques, et fort respectables, relatifs à la dignité humaine, même des pires criminels, on relèvera l'évocation de l'intéressant et indéniable problème de l'erreur judiciaire. Mais on peut au moins être rassurés en ce qui concerne les mécréants, notamment les assassins du Christ, exécutés par l'Eglise elle-même au fil des siècles : s'il y a toujours la possibilité d'erreur, ou de crapulerie, de la part des tribunaux séculiers, qui ne sont après tout qu'une institution humaine, il n'en est rien des juridictions ecclésiastiques, d'ordre divin, par définition infaillibles.

Giordano Bruno et les Marranes ont eu le châtiment qu'ils méritaient et il est dommage que l'on ne verra plus de bûchers pour les hérétiques sur la Place Saint-Pierre, sous réserve d'une modification ultérieure du Catéchisme en sens contraire, évidemment. L'effet purificateur du feu dévoreur de chair pustulente avait quand même une majesté visuelle incomparable. A défaut de l'authentique, les fidèles épris de justice pourront se régaler en visionnant "The Devils" de Ken Russell. Tomas de Torquemada, priez pour nous.

Nostalgie, quand tu nous tiens…

LP

Monday, July 30, 2018

L'ex-président Robert Mugabe soutient l'alternance démocratique au Zimbabwe!



Le 30 juillet 2018. 


Tu quoque, mi filli!
- Jules César.

Coup de théâtre aux élections : il déclare avoir accordé son suffrage au candidat de l'opposition Nelson Chamisa et à son parti, le Movement for Democratic Change!

S'il s'est déclaré incapable de voter pour le parti qui l'a maltraité, l'on notera quand même que la maltraitance n'a pas résulté en sa déchéance de sa citoyenneté zimbabwéenne et donc de son droit de vote; à cet égard, il a eu droit à un traitement plus indulgent que celui qu'il prodigua naguère à son allié d'antan, Garfield Todd, qui, en 2002, revint bredouille du bureau de vote. De surcroît, sa fille n'a pas connu le sort de Judith Todd, qui fut violée en 1984 sur ordre du pouvoir par un agent des forces de sécurité suite à sa dénonciation du génocide perpétré contre des civils Ndebele (lequel, étrangement, ne fit ni les manchettes des médias, ni l'objet de virulents débats dans les forums internationaux).

Mais seuls les idiots ne changent pas d'avis, et le rejet, par ce Caton contemporain, du ZANU-PF et de son successeur Emmerson "Crocodile" Mnangagwa est fondé sur de pures considérations du bien public; il n'est habité par nulle rancœur envers son saurien successeur.

Dommage que Ian Smith soit décédé : pour un peu, on penserait que, à ce stade, Mugabe lui aurait accordé son appui et aurait même approuvé la reconstitution du Rhodesian Front (RF). Sans rancune!

LP

Sunday, July 29, 2018

Le sergent Elor "Josh Randall" Azaria et Ahed Tamimi sont libérés.



Le 30 juillet 2018.
 
Dura lex sed lex.

La terreur des soldats d'occupation des territoires occupés, la blondinette Ahed, vient d'être libérée après 8 mois d'emprisonnement (9 pour Elor), ainsi que sa mère.

Le tireur d'élite Elor, lui, a été ovationné par les colons d'Hébron. A tout seigneur, tout honneur.

Tout était bien qui finissait bien, mais il y a un développement inquiétant.

Non seulement Ahed a été accueillie, avec son père et sa mère, par une foule scandant ce subversif slogan : "Nous voulons vivre libres!", mais on apprend avec horreur que deux artistes de rue italiens et un Palestinien sont en état d'arrestation pour avoir peint le portrait de cette sinistre terroriste sur le mur de sécurité dans la zone de Bethléem. Les chefs d'inculpation vont de soi : comme jadis leurs homologues berlinois avant 1989, ils ont abîmé et vandalisé par leurs coups de pinceau cette réplique de la ligne Maginot - ou peut-être du mur d'Hadrien…- et ainsi drastiquement miné son efficacité.

Voilà une récidive terroriste des plus inquiétantes, qui appelle la plus grande fermeté de la part des procureurs, et on s'étonne même de ne pas voir immédiatement signalée également l'infraction de sabotage.

Les tribunaux militaires israéliens ont déjà largement fait leurs preuves en Cisjordanie occupée en matière d'administration de la justice, notamment sur le plan de l'impartialité, particulièrement à l'égard des civils palestiniens mineurs (il faut être sec avec les jeunes). On revit les beaux jours de l'actualité judiciaire du "Deep South" américain pendant les années 60. Just like old times.

En l'espèce, ils pourront donc s'appuyer sur la saine jurisprudence pertinente construite, par exemple, par les juridictions mississippiennes à cette époque troublée. On se souviendra que furent condamnés des agitateurs arborant sur leurs vêtements de séditieux slogans comme "Love yes, hate no"; "Freedom now" valut au contrevenant une condamnation pour vagabondage et rébellion; enfin, avec "We protest until freedom comes", un ignoble manifestant écopa d'une amende de 101$ et de 30 jours d'emprisonnement.

La condamnation de ces barbouilleurs originaires du pays de Michel-Ange est donc acquise d'avance, d'autant plus qu'Ahed Tamimi est ainsi devenue, au sens propre du terme, une "icône" de la résistance palestinienne. Elle-même devrait être poursuivie, sans faiblesse, cette fois, pour incitation à la violence picturale et au sabotage.

Et le comble est que cette petite peste proclame maintenant sa volonté d'étudier le droit afin d'aider ses concitoyens à résister à l'occupation. On aura tout vu.

Voilà une insolence qui ne saurait rester impunie.

LP

PS. Il serait judicieux de mettre en rapport Elor Azaria et Alexandre Benalla : en réunissant leurs compétences professionnelles, ils feraient un malheur, rien de moins, aux Etats-Unis comme consultants techniques au service des forces de l'ordre quadrillant les ghettos noirs. Ils seront accueillis à bras ouverts à Detroit. Two minds are terrrible things to waste.