Wednesday, May 22, 2019

France : le Golgotha de Vincent Lambert.



Le 22 mai 2019.

Et vers la neuvième heure, Jésus s'écria d'une voix forte : Eli, Eli, lama sabachthani, c'est-à-dire : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?
- Matthieu 27:46.

Il faut imaginer Sisyphe heureux.
- Albert Camus.

Le chemin de croix parcouru par cet accidenté de la route était sans doute écrit.

Fruit de l'adultère de parents… cathos convaincus (il y a avec le Ciel et le lit des accommodements, comme le confirme Christine Boutin), reconnu à l'âge de 6 ans par un père médecin responsable départemental d'une ligue anti-avortement opposée à la loi Veil (du nom de la ministre de la santé relativement détachée des injonctions vaticanesques qui la prépara), forcément partisan des avortements clandestins et donc de la peine de mort pour les femmes pécheresses, Vincent Lambert suivit sa scolarité comme pensionnaire dans un établissement scolaire dirigé par la Fraternité Saint-Pie X, peu connue pour son atmosphère enjouée et de réflexion critique. Dans un camp scout, il eut droit aux gestes de tendre affection de la part d'un clerc.

Une jeunesse qui explique sa vocation d'infirmier psychiatrique et sa volonté d'aider les autres, surtout les malades lourds.

Un grave accident de la route en 2008 le réduisit à l'état végétatif, et il s'ensuivit une saga judiciaire opposant les parents à son épouse, laquelle demandait l'arrêt de son alimentation et de son hydratation artificielles. On rappellera notamment que, en 2015, Son Eminence le cardinal Philippe Barbarin, et les huit évêques de la région Rhônes-Alpes, s’étaient engagés sans réserve contre l’arrêt des traitements et avaient manifesté en portant ce bouleversant slogan : "protéger le faible, ça c'est fort". De quoi arracher aux païens les plus endurcis des larmes aussi authentiques que les écoulements lacrymaux de Vincent Lambert sur son lit d'hôpital que l'on est censé constater à partir d'une vidéo qui aurait été faite le 19 mai par Mme Lambert, mais qui n'éclaboussent pas l'écran, et qu'elle évoque comme un refrain, d'une voix mielleuse.

(Un impressionnant exemple de "cinéma vérité"; cela dit, on n'a pas encore atteint la perfection technique d'une Leni Riefenstahl.)

Il semblait que tous les recours légaux possibles ouverts à ces hérauts intégristes étaient épuisés, mais, deux ex machina, la Cour d'appel de Paris vient d'ordonner la reprise des traitements visant à maintenir en vie Vincent Lambert dans l'attente d'une décision du Comité international des droits des personnes handicapées. Chose intéressante, il semble que, par cette audacieuse jurisprudence, la Cour d'appel enseigne désormais qu'un légume n'est qu'un "handicapé".

Un vrai miracle, pas seulement judiciaire.

L'acharnement thérapeutique défendu par les parents Lambert - correction : instrumentalisé et financé par les ayatollahs cathos - au mépris de la volonté clairement exprimée par leur fils avant son accident porte un avertissement clair : lorsqu'on est né dans une secte, l'on n'en sort pas. A défaut de bûchers pour sanctionner les hérétiques, on se rabat sur la lente torture en milieu hospitalier, délicieuse antichambre de l'enfer éternel. Un calvaire terrestre évidemment moins spectaculaire, mais les Inquisiteurs modernes se consolent volontiers.

Plus c'est long, plus c'est bon.

LP

PS. Voici une information sans aucun, mais alors, sans vraiment aucun rapport avec l'affaire Vincent  Lambert : l'on peut visionner gratuitement, et en intégralité, depuis le 11 mai sur Youtube, un documentaire intitulé Seulement ne le dis à personne, consacré à la pédophilie généralisée de l'Eglise polonaise. On se demande seulement pour quelle raison le réalisateur, Tomasz Sekielski, n'a pas d'abord choisi la télévision d'Etat polonaise pour le diffuser.


Saturday, May 18, 2019

Alabama : une nouvelle loi consacre l'interdiction quasi-totale de l'avortement.



Le 18 mai 2019.

Do you know why it's so hard to solve a redneck murder? 'Cause there's no dental records and all the DNA is the same.
- Jeff Foxworthy.

A family that lays together stays together.
- Le rev. Jehoshaphat Bucephelus Scrugg-Rattlebag, auteur du Family Life Guide of the Southern Charismatic Revivalist Nontrinitarian Nazarean Brothers Convention.

Les sages législateurs rednecks rejettent même des exceptions pour les femmes victimes de viol, d'inceste et, a fortiori, de viols incestueux; on ne plaisante pas avec les vieilles traditions culturelles dans le Deep South. Cette louable mesure de défense de la famille redneck traditionnelle s'inscrit dans une offensive juridique menée par plusieurs états américains (la Georgie, l'Ohio, le Mississippi, le Kentucky, l'Iowa et le North Dakota) visant, au final, à inviter la Cour suprême à opérer un revirement de jurisprudence et ainsi répudier la doctrine constitutionnelle consacrée par l'arrêt Roe c. Wade, lequel reconnut en 1973 la légalité de l'avortement.

Cela dit, en ce qui concerne l'Etat qui revendique fièrement la devise "Heart of Dixie" (au sens géographique, cela va sans dire, pas sentimental), où fut proclamée la sécession en 1861, et qui fut ultérieurement gouverné par George Wallace, cette loi est destinée à résulter en un spectaculaire engorgement des prisons dans deux décennies, ce qui fera le bonheur des entreprises de bâtiment-travaux publics. Et elle produira une main-d'œuvre servile et peu coûteuse qui remplacera les immigrants basanés que rejette déjà Donald Trump.

De surcroît, elle relancera un phénomène séculaire, d'ailleurs souvent constaté dans l'ensemble de Dixie : la consanguinité. Comme on dit au Saguenay et en Acadie (Canada) : vivent les familles tissées serrées!

LP

Sunday, May 12, 2019

Laïcité au Québec : la mascarade continue!



Le 12 mai 2019.

Ayant des yeux, ne voyez-vous pas? Ayant des oreilles, n'entendez-vous pas? Et n'avez-vous point de mémoire?
- Marc 8:18.
La religion n'a pas d'affaire dans les choses de l'État, comme l'État n'a pas d'affaire dans la religion.
- Jean Tremblay.
           
Il s'agit bien entendu des opposants au projet de loi 21 qui, la semaine dernière, au cours de consultations tenues par la commission des institutions de l'Assemblée nationale, ont bêlé leurs inanités coutumières.

A tout seigneur tout honneur. Il y eut le très bionique "homme de 1,5 millions $ US",  "fidèle" porte-parole du lobby religieux, the one and only Charles Taylor, dont l'hirsute chevelure et la gestuelle saccadée lui permettent de mieux jouer les prophètes de malheur, mais dont le grimaçant rictus laisse sourdre une irrépressible haine, surtout quand il doit esquiver les questions des journalistes à propos de ses fréquentations avec des ministres du culte controversés. Les lamentations de Jérémie avaient plus de force.

(Chose intéressante, Charles Taylor explique son revirement au sujet de son propre rapport de 2008, et son rejet de ses très limitées recommandations, par sa "naïveté" (et celle du prof. Bouchard…) sur le plan politique à l'époque. Charles Taylor? Naïf? Lui? Qui a toujours donné l'impression d'un grand penseur à qui on ne la fait pas? On ne peut qu'être ému par ce noble acte de contrition mais il faut constater que, par contre, il avait les deux pieds dans la glaise en 2007 lorsqu'il encaissa allègrement ses homme de
1,5 millions $ US de la fondation Templeton et, parallèlement, ses juteux honoraires versés par son employeur, le gouvernement québécois. Quand il s'agit de sa planification financière, pas une trace de métaphysique platonicienne; il est plutôt un adepte de la doctrine matérialiste de Démocrite. Et y a-t-il naïveté de sa part en ce qui concerne ses cordiaux rapports avec l'imam Ali Sobeity, éminent humaniste devant l'éternel, et le Centre communautaire Laurentien, certainement voué à la dissémination de la pensée critique? Evidemment, lorsque, en Ontario en 2004, Marion Boyd envisageait de conférer une compétence civile aux tribunaux islamiques en matière familiale aux termes de la loi sur l'arbitrage, il n'était pas naïf de croire que le consentement de l'épouse serait toujours volontaire…).

Lui succéda l'historien-sociologue (mais, rappelons-le, pas vraiment sémioticien) Gérard Bouchard. Il faut lui reconnaître une grande classe : une belle prestance, une aristocratique diction, un ton posé, un tantinet cauteleux, et surtout une coiffure digne de l'universitaire qu'il est depuis des décennies, dont le curriculum vitae remplit 123 pages (rien que ça). Il s'en tient aux recommandations de 2008 (mais quid de sa propre naïveté?..). Cependant, l'adjectif "radical", avec lequel il qualifie le pourtant timoré projet de loi sur la laïcité, qui vise aussi les enseignants, résonne avec une acuité particulière quand il est prononcé de manière aussi onctueusement jésuitique.

Soyons justes. Le distingué intellectuel saguenéen (il faut excuser ce pléonasme) marque un point quand il affirme l'inexistence de preuve de traumatisme causé aux écoliers exposés à un enseignant affublé de signes religieux : en effet, la malléabilité des enfants exclut cette audacieuse conjecture. A cet âge, le contrôle des esprits se fait tout en douceur, sans douleur : on attrape plus de mouches avec une bouchée de miel qu'avec un tonneau de vinaigre… Sans oublier que l'on est censé tenir pour acquis que l'intégralité des élèves sortis de l'enseignement catholique, et qui furent systématiquement, inlassablement, quotidiennement... pénétrés par les profondes saccades et allers-et-retours du goupillon bien trempé de l'esprit évangélique, en sont sortis indemnes, physiquement et moralement. On chercherait en vain un adulte névrosé parmi eux, surtout au Québec et à Lyon en France. S'il y en avait, on le saurait.

Chaque âge a ses "vaches sacrées" et ses modes d'excommunication maccarthystes.

En France, un Albert Camus, qui n'avait pourtant que peu d'atomes crochus avec le grand capital, est condamné par le stalinien Jean-Paul Sartre, pour haute trahison de la classe ouvrière en dénonçant le goulag soviétique. Aux Etats-Unis, dans les années 1950, la House Committee on Un-American Activities et la Gestapo de J. Edgar Hoover crucifiaient les intellectuels un peu épris de justice sociale et raciale en les qualifiant de communistes.

Et aujourd'hui, au Québec, il y a la lucide ex-sénatrice Céline Hervieux-Payette qui expose des "inconvenient truths" élémentaires au sujet du totalitarisme religieux en général avec un exemple puisé dans l'islam radical, notamment cette autre évidence que les porteuses de voile sont pour la plupart sous contrainte (sauf peut-être les indépendantes gamines de 9 ans, nubiles selon la charia?), au grand dam des tartuffes qui brandissent l'épouvantail du racisme et poussent des hauts cris de vierges offensées et en cours d'excision, en particulier la Sainte Nitouche Hélène David.

Rectificatif.

Contrairement à ce que ses détracteurs et des médias superficiels ont dit, ce n'est pas Mme Hervieux-Payette qui a dévoilé des vérités sur les mariages forcés et l'excision devant la commission, c'est l'excisée Ayaan Hirsi Ali qui l'a fait, par l'intermédiaire de Mme Hervieux-Payette. (On peut supposer audacieusement que, comme madame Houda-Pépin, Djemila Benhabib, etc., cette victime d'un barbare charcutage sexuel dispose d'une certaine crédibilité en matière de sémiotique islamiste, qui est même gravée dans sa chair).

Est-ce un "dérapage" de dire la vérité, par exemple, que le marteau et la faucille mènent éventuellement à l'archipel du goulag? Que la swastika signifie possiblement Auschwitz? Que la croix aboutit occasionnellement aux bûchers de l'Inquisition et aux viols d'enfants et de religieuses par des prêtres?

Parlant de dérapages, au Québec, comme il ressort de l'affaire Shafia et de la très récente tragédie de l'enfant-martyr de Granby, on a parfois du mal à (vouloir) entendre les sonnettes d'alarme.

Une nouvelle réfugiée pakistanaise vient de rejoindre ses deux filles au Canada : Asia Bibi. Toutes trois auraient peut-être des observations pertinentes à faire au sujet des enseignantes voilées. Et nul doute qu'un écolier juif accueillerait avec affection un professeur arborant une swastika, pacifique et incontestable symbole de spiritualité hindoue.

Bref, au Québec, qui croire aujourd'hui : Ayaan Hirsi Ali ou l'homme de homme de 1,5 millions $? Cruel dilemme.

LP

Monday, April 22, 2019

Michel Houellebecq, mon beau légionnaire.



Le 22 avril 2019.

Les Espagnols qu’on ne brûle pas paraissent si attachés à l’Inqui­sition, qu’il y aurait de la mauvaise humeur de la leur ôter.
- Fénelon.

"Soumission" avait un certain intérêt, mais pas celui qu'on pense.

L'idée d'un musulman intégriste élu président de la république française en 2022 était non seulement grotesque, mais rappelait un certain protocole de la fin du XIX siècle rédigé à Paris en 1901 (v.o. russe); cependant, la satire des milieux universitaires sorbonicoles, faisait mouche. En outre, ce qui n'est pas rien, ce livre avait le mérite de remettre au goût du jour Joris-Karl Huysmans, un auteur injustement tombé dans l'oubli, dont la langue est peut-être même un cran supérieure à celle de Maupassant.

On a affaire à un pâle imitateur de Serge Gainsbourg (lui-même admirateur du "A rebours" d'Huysmans) par sa mise soigneusement négligée, à une coqueluche de "Valeurs actuelles", au porte-parole quasi-officiel de Nigel Farage au sujet du Brexit et au chantre du roi-philosophe Donald Trump. Le diplômé de l'Institut national agronomique Paris-Grignon, qui avait autrefois les deux pieds dans la glaise, aspire maintenant à la transcendance et affiche sa réconciliation avec l'autorité dogmatique de Notre Saint Mère l'Eglise, suivant d'ailleurs l'exemple de Huysmans dans le temps, évoquant toutefois un "catholicisme non chrétien" (lequel eût fait un fertile thème de question quodlibétique digne de Saint-Thomas d'Aquin). Avec "Sérotonine", le prophète de malheur autoproclamé reprend un thème qu'obsédait déjà il y a quelques siècles le berbère névrosé Augustin d'Hippone : la décadence.

Il s'approprie essentiellement le pessimisme célinien, sans la spontanéité ni les points de suspension, et manie moins bien les fines gauloiseries, qui se veulent provocatrices, mais qui deviennent banales et inoffensives à force de répétition; de même, les passés simples alternent avec les négations volontairement fautives, avec moins de fluidité.

Le lecteur est-il censé voir un message crypté dans les italiques soigneusement semées? (Les fausses tangentes, fréquemment cloisonnées dans des parenthèses, sont trop bien étudiées). Les descriptions d'armes et de munitions sont plus captivantes chez Frederick Forsythe. Enfin, la technique des flashbacks de Gotlib (né à Paris en 1934, mais pas le 14 mai, ni même le 14 août, non, mais bien le 14 juillet, et fondateur de Fluide glacial) dans "J'existe, je me suis rencontré" était plus efficace.

Bref, une iconoclastie fort convenue. 

Cela dit, il faut rendre à César ce qui est à César. En ce qui concerne la… soumission de fillettes à de scabreuses prestations bassement tarifées, notamment en Asie du Sud-Est, les descriptions sont méticuleusement documentées. L'ex-agronome Houellebecq est un homme de terrain, qui fouille ses sujets, sans avoir, cependant, la magie d'un Gérard de Villiers (dont le 104e roman de la série SAS est "Manip à Zagreb", où Malko Linge a accompli sa mission avec l'aide de ses babysitters Milton Brabeck et Chris Jones). Mais s'il évoque de manière impeccablement clinique la zoophilie, il manque au texte l'aboutissement logique de sa pensée : un zeste de nécrophilie et surtout de coprophilie; dans son élan, il eût dû se pencher d'un peu plus près sur le fumier afin de donner à sa prose un supplément de piquant azoté. (Encore qu'il s'agit peut-être de son jardin secret?)

"Sérotonine" a dû faire les délices d'un autre berbère pas du tout névrosé, mais très mercantile, l'"aryen honoraire" Eric Zemmour; cependant, il prouve que n'est pas Gotlib, ni Gérard de Villiers qui veut. (Qu'ils reposent en paix parmi les élus).

Le 18 avril dernier, Michel Houellebecq est devenu chevalier de la Légion d'honneur, ou plutôt cavalier de l'Apocalypse. Voilà sans doute la meilleure reconnaissance de la décadence littéraire française.

Dans cent ans, le Lagarde et Michard consacrera quelques pages au style littéraire "agro" créé par Houellebecq et l'hermétique Robbe-Grillet.

LP


Monday, April 15, 2019

Laïcité au Québec : l'"autorité pédagogique" selon le professeur Gérard Bouchard.



Le 15 avril 2019.

Rejetons le fez, qui est sur nos têtes comme l'emblème de l'ignorance et du fanatisme… et adoptons le chapeau, coiffure du monde civilisé ; montrons qu'il n'y a aucune différence de mentalité entre nous et la grande famille des peuples modernes!
- Mustapha Kémal Atatürk.

Ce qui n'était pas raciste en 2008 l'est "honteusement" devenu en 2019.

Tel est le sens de l'anathème jeté par l'apprenti-prophète Charles Taylor sur l'ensemble du projet de loi 21 : Loi sur la laïcité de l'État. Les voies de l'hérésie sont mystérieuses.

Le prof. Bouchard demeure fidèle à lui-même, tout en voyant du "radicalisme" dans l'élargissement de l'interdiction du port de signes religieux recommandée par le rapport Taylor-Bouchard aux enseignants, sous prétexte que leur "autorité pédagogique" n'aurait rien de coercitif.
                                                           
Dans une opinion publiée dans La Presse le 5 avril dernier, il déclare : "faute de données rigoureuses... Il n’a aucunement été démontré, par exemple, que le port du hidjab est une forme de prosélytisme, qu’il perturbe les enfants ou entrave la démarche pédagogique."

Il est utile de rappeler que, en effet, en 1950, "faute de données rigoureuses, il n’était aucunement été démontré" que des prêtres se livraient à des jeux fripons avec les enfants de chœur (et que tout baignait dans l'huile sainte), à l'abri des regards indiscrets dans la sacristie, et jamais on ne pourrait imaginer que des clercs eussent infligé de coquines privautés à des religieuses rétives. "Il n’était aucunement été démontré" que les 4 filles Shafia étaient en danger de mort, et "il n'est toujours pas démontré" que les petits hassidiques sont privés d'une scolarité normale. Quant à la multiplication des actes de harcèlement, sur leur lieu de travail, de femmes d'origine musulmanes ne portant pas de hijjab… soyons sérieux : on a beau être à l'ère de #METOO, en l'absence d'enregistrements et de vidéos, il n'y a que des racistes pour prendre au sérieux des conjectures aussi farfelues.

(Incidemment, quand on pense, par exemple, à la très belle expertise en matière de lavage de cerveau acquise dans le cadre des recherches commanditées à une certaine époque par la CIA à l'université McGill, il faudrait confier à cette institution la mission de rassembler les "données rigoureuses" pertinentes. Sinon, il y aurait un regrettable gaspillage de savoir-faire).

Pour autant, quant au prosélytisme, M. Bouchard persiste à (feindre d'?) ignorer que le signe religieux est intrinsèquement tout aussi porteur de message que le signe politique (celui-ci unanimement rejeté pour les fonctionnaires), même si l'enseignant ne s'exprime verbalement dans la salle de classe qu'au sujet de la seule physique nucléaire. M. Bouchard est un historien et un sociologue magistral, mais en matière sémiotique, il y a des trous dans ses lacunes. On ne peut que l'inviter à dialoguer avec des jeunes filles aspirant aussi, comme les sœurs Shafia, à la pleine intégration sociale. Elles lui exposeront mieux que quiconque leur perception des enseignantes hijjabées, et lui expliqueront que, à court terme au moins, le prosélytisme musulman ne vise pas vraiment les roumis, mais plutôt les musulmans de souche égarés, qu'on veut ramener au bercail et ainsi isoler de la société d'accueil.

Cela dit, vu l'étonnante affirmation du prof. Bouchard quant à l'"autorité pédagogique" de l'enseignant, faisons preuve de pédagogie avec les précisions suivantes.

Dans le système nord-américain, l'enseignant (qu'il porte ou non un voile) porte deux casquettes :

- communicateur de connaissances à l'étudiant (en principe…);
- certificateur des connaissances des étudiants par des examens.

Dans l'exercice de cette double mission, s'il ne peut, en effet, aller jusqu'à ouvrir le feu sur les élèves, il dispose d'un pouvoir disciplinaire quasi-judiciaire qui peut se traduire notamment par des sanctions (retenues, expulsion…). Cette autorité est même plus intense à l'égard des mineurs au primaire et au secondaire, où l'enseignant est in loco parentis.

Les contacts entre la population ordinaire, d'une part et, d'autre part, les forces de l'ordre, la justice et surtout les institutions carcérales sont, heureusement, l'exception. Par contre, nul n'échappe au milieu scolaire.

A toutes fins pratiques, l'enseignant est certainement la figure la plus omniprésente,  la plus coercitive, et la plus déterminante du parcours social de l'individu. Si un casier judiciaire classique est souvent susceptible de suspension, le dossier scolaire est éternel : il détermine l'admission aux études supérieures, à certaines facultés, et constitue souvent un critère d'embauche en milieu professionnel. Une mauvaise note constitue une condamnation à perpétuité, et sans appel. Une carrière, une vie, peuvent se jouer sur un diplôme, un cours, voire un seul examen.

Par conséquent, l'enseignant québécois indélicat dispose d'un pouvoir quasi-absolu (la jurisprudence enseigne ad nauseam que le pouvoir judiciaire ne se mêle pas des affaires scolaires), donc celui de "vendre" des notes en contrepartie :

- de prestations sexuelles;
- de gages d'appartenance religieuse;
- de gages de moralité idéologique;
- All of the above.

L'étudiant(e) peut être contraint(e) d'avaler de nombreuses couleuvres gluantes, en toute discrétion.

Par contraste, l'étudiant français est un peu moins vulnérable, vu que son professeur ne porte que la seule casquette de communicateur.

En ce qui concerne le baccalauréat de l'enseignement secondaire (lequel est équivalent au DEC québécois, sans suivre le système de crédits cumulatifs, et consiste en une série d'examens de synthèse, "comprehensive" en anglais), et les diplômes universitaires de premier cycle, les examens sont obligatoirement conçus et notés par des examinateurs externes, afin d'éviter tout conflit d'intérêt. Pour le baccalauréat, en cas de conflit (pas forcément de nature sexuelle) avec un enseignant, à défaut de recours judiciaire efficace (et des ressources financières nécessaires), l'étudiant a au moins la possibilité de changer d'établissement, et même de se présenter aux examens à titre de "candidat libre". Cela dit, depuis Héloise et Abélard, la France est le paradis des cours privés. On signalera les cours très, très particuliers dispensés par Jean-Paul Sartre à une "groupie", Arlette Elkaim, qui réussit à intégrer la prestigieuse école normale supérieure. L'élève fut d'ailleurs officiellement adoptée par son mentor par la suite. Impossible de trouver mieux pour apprendre à disserter sur Oedipe. Bref, tout cela pour dire que, en France, les cours d'appoint peuvent être rémunérés selon des conditions et modalités variables, pas forcément limitées au versement d'espèces, mais que, au moins, les notes ne sauraient être monnayées.

Enfin, rendons hommage au philosophe Charles Taylor, qui a fait acte de présence lors d'une manifestation anti-projet de loi 21 à Montréal hier dimanche, réunissant un certain nombre d'intellectuels, parmi lesquels il y avait certainement des parents de fillettes de 9 ans porteuses volontaires de voile. Le récipiendaire des 1,5 millions US $ du prix Templeton assure un excellent service après-vente.

Et, coïncidence du calendrier : on annonce qu'en Iran, Vida Movahédi, qui avait été arrêtée en octobre pour être apparue tête nue au sommet du dôme au centre de la place Enghelab en agitant à bout de bras son voile et des ballons rouges; poursuivie pour "incitation à la corruption et à la débauche", Mme Movahédi a été condamnée le 2 mars à un an de prison.

Les juges iraniens sont d'un laxisme.

LP

PS. Il va sans dire que "faute de données rigoureuses… il n’a aucunement été démontré" qu'il existe, en 2019, des missionnaires batifolant avec les petites négresses et/ou les petits nègres sous les cocotiers.

Sunday, March 31, 2019

Laïcité au Québec : le législateur opte pour un "combisme" édulcoré.



Le 31 mars 2019.

The medium is the message.
- Marshall McLuhan.

Sémiotique.. Théorie générale des signes et de leur articulation dans la pensée… Théorie des signes et du sens, et de leur circulation dans la société.
- Le Petit Robert.

Le gouvernement québécois a tenu parole : il a déposé son Projet de loi n°21 : Loi sur la laïcité de l’État. Ce texte interdira aux fonctionnaires "en position d'autorité", ce qui inclut les enseignants, le port de signes religieux au travail.

(Une fois encore, il faut déplorer une formule tautologique : par définition, tout fonctionnaire est l'instrument de l'Etat, mais passons).

Louons le législateur pour sa cohérence : il se débarrasse parallèlement du crucifix, surplombant le siège du président de l'assemblée nationale, un symbole porteur d'une promesse d'épuration, concrétisée avec un certain succès en Europe au cours des années 1940, de manière plus industrielle, après 19 siècles de ravages divers plus ou moins localisés.

Personne ne sera surpris des réactions défavorables à cette timide évolution. Les enragés utilisent déjà des mots clés, comme "racisme", "discrimination", "exclusion" "deux poids deux mesures"… et on évoque des recours devant la justice nationale, et même devant les Nations Unies.

(Il faut prendre très au sérieux l'activité de l'ONU en matière des droits de l'homme. Pour mémoire, relèvent du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (HCDH) :
- le Conseil des droits de l'homme, dont le titre de gloire est d'avoir élu en 2015 l'Arabie saoudite à la présidence de son panel; il a pour but principal de nommer les cinq hauts fonctionnaires qui édictent les standards internationaux, de choisir les personnes qui vont occuper plus de 77 postes relatifs à la défense des droits de l’homme dans différentes régions du monde et d’informer sur les violations perpétrées en matière de droits de l’Homme; en outre, le 18 mars dernier, au cours d'un débat concernant un rapport accusant Israël de crimes de guerre, Anne Bayefsky, directrice de Human Rights Voices NGO et du Touro Institute and Human Rights and the Holocaust, a tenté de répondre au témoignage du professeur Michael Lynk, mais le président, Coly Seck, l'a interrompue deux fois, et finalement lui a coupé le micro. Vive la règle audi alteram partem!;
- la Commission de la condition de la femme où siègera l'Arabie saoudite jusqu'en 2022;
- le Comité des droits de l'homme, quant à lui, compte parmi ses membres notamment la Mauritanie, où l'on trouve toujours des marchés d'esclaves.
La saisine du Comité par des plaideurs québécois n'est pas pour demain, mais on espère qu'à ce moment, en sera membre le sultanat de Brunei, qui a démontré qu'il possède toutes les qualifications requises en venant de rendre l'homosexualité passible de la peine de mort, et le vol de l'amputation d'une main ou d'un pied).

Il ressort de la réaction à chaud du premier ministre canadien, ex-roi de la glisse et docteur ès surf des neiges: « Pour moi, c'est impensable qu'une société libre légitimiserait la discrimination contre quiconque, basée sur la religion », qu'il n'est visiblement pas au courant des sages mesures d'interdiction complète dans toute la fonction publique prises par l'Etat français qui ont été avalisées par le Cour européenne des droits de l'homme. Mais il faut être indulgent pour le petit Justin (dont le bon goût en matière d'habillement exotique n'est d'ailleurs plus à démontrer depuis son triomphal voyage en Inde).

Quand on est à la tête d'un parti politique financé indirectement par des dictatures, notamment par le truchement de sociétés d'ingénieurs qui reversent à sa caisse électorale une partie des profits tirés, par exemple, de la construction de prisons dernier cri comportant des salles de torture, et qui veut assurer sa réélection avec la création de "bons emplois" (d'une grande utilité sociale) par les commandes de vente d'armes à des monarchies où le sable, le pétrole et le sang se mêlent, on a des obligations de loyauté. Le client est (doublement) roi.

Dans toute cette cacophonie hystérique, les médias devraient peut-être utilement donner plus de visibilité à des racistes, des suprémacistes, bref, des islamophobes aussi virulentes que Fatima Houda-Pépin, Djemila Benhabib et Nadia El Mabrouk et que beaucoup d'autres femmes orientales marchant maintenant librement au Québec cheveux au vent, qui pourraient dévoiler la réelle connotation du hijjab, et décrypter la duplicité des dévots.

Pour l'instant, l'opération de propagande de la fondation Templeton effectuée, par le truchement de leur lobbyiste canadien, le chanoinesque - et millionnaire - Charles Taylor, auprès de Québec solidaire, a porté fruit. Là plus qu'ailleurs, on ne comprend pas, ou pire, on feint souvent de ne pas comprendre, que deux segments de droite perpendiculaires sont beaucoup plus qu'une simple figure géométrique, mais une croix, porteuse d'une idéologie mortifère depuis deux millénaires; de même qu'un vêtement peut constituer un signe de ralliement et un outil de promotion religieuse silencieux, mais tout aussi éloquent qu'un badge portant le logo d'un parti politique.

On imagine difficilement une administration publique tolérer sereinement le port, par un fonctionnaire, de la swastika, simple croix composée de quatre potences prenant la forme d'un gamma grec. Sa hiérarchie accueillerait avec un certain scepticisme ses protestations fondées sur l'immémoriale spiritualité jaïniste ou bouddhiste. Elle y verrait plutôt la synthèse concise de tout un programme politique fort contemporain.

Mais heureusement qu'il y a le dr Gaëtan Barrette pour remettre les pendules à l'heure. Il a gagné ses galons de sémioticien attitré du PLQ lorsque, le 5 décembre dernier, il a vertement critiqué l'accoutrement relativement décontracté de la députée Catherine Dorion au nom du décorum à l'assemblée nationale : "L'habillement demeure une forme de message et, à Québec solidaire, on est toujours prêt à envoyer des messages" (sic). Il a même parlé de "provocation" (sic)…

La conclusion s'impose a fortiori pour la salle de classe, où se trouve un jeune public captif.

(Détail cocasse : le nouveau texte interdit même le port de signes religieux dissimulés par les vêtements. Cependant, le ministre Simon Jolin-Barrette assure le public qu'il n'y aura pas de fouilles à nu destinées à démasquer les contrevenants. En pratique, parmi les fonctionnaires visés par la loi, les membres de l'Opus Dei pourront donc continuer à porter le cilice au travail et tirer jouissance de leurs démangeaisons.).

Les tartuffes québécois, crachant parfois le feu, expectorant le fiel ou bavant le miel, mais sentant toujours l'huile rance, se déchirent la chemise, pardon, le niqab et la soutane, jouant les martyrs à l'instar des pharisiens français jadis horrifiés par les lois Jules Ferry de 1882-1886 qui instaurèrent "l'école sans Dieu" et la Loi concernant la séparation des Églises et de l’État en 1905.

Mais les chiens aboient, la caravane passe.

LP

Thursday, March 28, 2019

Assassinat du président Kennedy : le mystère est enfin résolu!



Le 28 mars 2019.

Wenn man eine große Lüge erzählt und sie oft genug wiederholt, dann werden die Leute sie am Ende glauben.
-  Josef Goebbels.

Procédons par ordre.

On a appris les tenants et aboutissants du récent attentat terroriste perpétré par Branton Terrant contre la mosquée Al Noor et le centre islamique Linwood de Christchurch en Nouvelle-Zélande. L'explication est d'une logique implacable, dictée par le simple bon sens et elle est brillamment exposée par le président de la mosquée Mt Roskill Masjid E Umar de la métropole néo-zélandaise, Auckland, M. Ahmed Bhamji.

Le tueur était un agent du Mossad (services secrets israéliens). Il s'agit tout simplement d'une opération sioniste.

La messe est dite. En effet, il tombe sous le sens qu'était une recrue de choix pour ces commanditaires un suprémaciste blanc redneck australien et adepte de la maurrassienne doctrine du "grand remplacement".

(Pour mémoire, elle a servi à dénoncer, au fil des vagues migratoires, italiennes, belges, ou levantines… successives déferlant sur la France, fille aînée de l'Eglise, la menace posée par ces invasions, notamment judéo-arméniennes. On a d'ailleurs du mal à comprendre comment les fins limiers néo-zélandais ont raté cette évidente piste. Peut-être sont-elles elles-mêmes contrôlées par.. des forces étrangères occultes?...).

Maintenant qu'est dévoilé le grossier pot aux roses, on espère évidemment que cette rigoureuse et oecuménique information sera disséminée à grand fracas sur la planète par les médias et institutions musulmanes, aussi rapidement que la nouvelle de l'attentat lui-même.

Cela dit, ce serait une erreur de s'arrêter en si bon chemin. Tirons l'immédiate inférence logique de la solide thèse de l'imam Bhamji. Plus besoin de chercher midi à quatorze heures pour comprendre désormais la vraie nature des écrasements des deux Boing 737 Max en Indonésie et en Ethiopie… Des sabotages signés (et dans ce dernier cas, par des Falashas, qui d'autre?). Et... ce n'est pas tout...

Mais restons-en là, il est impossible de passer en revue tous les méfaits commis au cours des siècles des siècles par les assassins du Christ à la nuque roide. Ils n'en sont pas à leur coup d'essai vu qu'ils ne sont pas restés inactifs depuis 2000 ans.

LP