Friday, November 17, 2023

Les éminences grises qui ont du flair au Canada et en Argentine.

 Le 17 novembre 2023.

 
Plus je vois les hommes, plus j’admire les chiens.
Madame de Sévigné.
 
“Z’avez pas vu Mirza?”
- Nino Ferrer.
 

La planète est riche en personnalités politiques hors du commun. Se sont particulièrement illustrés Donald Trump et Jair Bolsonaro; ils ont fait leurs preuves.

Vient s’ajouter le candidat à l’élection présidentielle Argentine Javier Milei, qui semble avoir de bonnes chances de l’emporter au deuxième tour de dimanche prochain,. Économiste ultralibéral, il se qualifie d’anarcho-capitaliste, et prône, par exemple, la dollarisation de l’économie, l’abolition de la banque centrale, etc..

A noter que c’est le Christ en personne (de concert avec les deux autres?) qui lui a confié sa mission : devenir “el presidente”, ce qui ne l’empêche pas d’avoir été tenté par une conversion au judaïsme, à laquelle il a finalement renoncé vu les contraintes du Shabbat, peu compatibles avec les pressions de la fonction présidentielle (incidemment, on ne sait pas si cette démarche aurait appelé en l'espèce la délicate intervention préalable d’un urologue).

En tout état de cause, Notre Seigneur a eu recours à un canal de transmission ingénieux : Conan, son chien adoré, décédé en 2018. Que l’électeur argentin se rassure : Meili continue à le consulter depuis régulièrement : la mort ne saurait interrompre des liens affectifs aussi forts avec le compagnon qu’il abreuvait de son vivant de champagne et qu’il traitait comme un membre de la famille à part entière, un fils de substitution. Ses chiens, tant défunts que vivants, sont d’ailleurs ses conseillers en matière de stratégie politique, les meilleurs du monde, selon ses propres termes. On l’aura compris.

Tout cela est fort rationnel si l’on considère que Milei suit une recette bien éprouvée : il est le digne disciple d’un homme politique de l’hémisphère nord : Mackenzie King, premier ministre canadien de 1921 à 1948 (pendant trois mandats non-consécutifs). Les ressemblances sont trop frappantes pour n’être que simples coïncidences.

Comme Milei, King était un célibataire endurci et plutôt misanthrope. Il adopta un terrier irlandais qu’il baptisa affectueusement du nom de “Pat”; il lui faisait d’édifiantes lectures et était convaincu que l’esprit de sa défunte mère habitait cette enveloppe canine. Lors d’une maladie en 1940, King dut reporter une réunion du cabinet de guerre afin de prodiguer les soins nécessaires à son plus proche conseiller quadripédique. Lors du trépas de son bien-aimé clébard, le premier ministre entonna le cantique “Safe in the Arms of Jesus”.

Il y eut une succession de “Pats”, mais, à son tour, King resta lui-même fidèle à ses petits canidés disparus, ayant pris la saine habitude de solliciter, par boule de cristal, leurs judicieux conseils concernant les grands enjeux politiques du pays. Quant aux toutous bien vivants, ils savaient s’exprimer directement au sujet des nouvelles de l’heure par le frétillement modulé de leur queue.

De là à conclure que Mackenzie King s’est réincarné chez Milei, il n’y a qu’un pas, et même une papatte.

Impossible de nier désormais l’évidence : dans les deux hémisphères, on sait que Médor est le meilleur ami de l’homme politique célibataire.

LP

 

Sunday, October 15, 2023

“Liberté” d’expression en France : la langue fourchue de Gérald Darmanin.

Le 15 octobre 2023.

Chaque fois qu'une voix libre s'essaiera de dire, sans prétention, ce qu'elle pense, une armée de chiens de garde de tout poil et de toute couleur aboiera furieusement pour couvrir son écho.
- Albert Camus.

Jeudi matin dernier, le ministre de l’intérieur faisait cette déclaration de simple bon sens en ce qui concerne les demandes de manifestations d’associations pro-palestiniennes : 

“Si c'est pour la cause palestinienne, c’est une cause respectable. D’ailleurs la France a toujours considéré et je considère qu’il faut deux états, un israélien et un palestinien. Mais si c’est une manifestation de soutien au Hamas, ou de soutien à l’action qu’ont faite une partie des Palestiniens contre Israël, c’est non".

Manifestement, à l’intérieur de son crâne, il avait l’esprit encore embrumé de sommeil, n’ayant pas eu le temps de prendre son petit café, car, en fin d’après-midi, il renversait la vapeur et donnait l’ordre d’interdire toutes les manifestations propalestiniennes prévues pour le lendemain! La cause n’était donc plus respectable et elles étaient devenues (par sortilège maléfique d’un djinn sorti de sa lampe?), “susceptibles de générer des troubles à l’ordre public”. Avant même cette consigne, l’autorité judiciaire avait d’ailleurs systématiquement interdit de telles manifestation en France, refusant chaque fois de constater “une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés d’expression, de réunion et de manifestation” vu les “risques de violence”.

Deux poids, sans mesures : l’amalgame était ainsi fait entre le Hamas et la totalité de la population civile palestinienne, en dépit, notamment, des objurgations du président américain Biden : 

“We can't lose sight of the fact that the overwhelming majority of Palestinians had nothing to do with Hamas, and Hamas's appalling attacks. And they're suffering as a result as well.”

(On notera que les manifestants, prétendus “fauteurs de trouble”, qui ont bravé ces interdictions, l’ont fait pacifiquement, ce qui a évidemment mis en rage le prophète de malheur et prétendant au trône de Macron premier, Darmanin).

Les observateurs nord-américains qui s’étonneront de la docilité des tribunaux administratifs français face à une flagrante violation de la liberté d’expression se souviendront que, en matière de libertés publiques, ce pays est très retardataire et peu voltairien; nul n’est prophète en son pays. En outre (et on ne le répétera jamais assez), la France est la patrie du juge Fabrice Burgaud, d’Alain Mafart et de Dominique Prieur, et des suicidés maladroits qui ont besoin de 5 balles.

Ce même vendredi, sur l’autre rive de l’Océan atlantique, au Québec, quel contraste. Le ministre de la Sécurité publique, François Bonnardel, et la ministre de l’Enseignement supérieur, Pascale Déry, ont reconnu l’évidence : le droit des partisans de la cause palestinienne à manifester librement, tant qu’il n’y a pas incitation à la haine et à la violence.

Et nul drapeau du Hamas ne fut brandi à Montréal.

Qui dit mieux?

Mais si seulement la ministre des affaires étrangères canadienne Mélanie “Clint” Joly avait pu darder de son regard au laser (qui a récemment foudroyé son homologue chinois) le chef du Hamas, Ali Qadi... Le cours de l’histoire en eût été changé.

LP

 

Tuesday, October 10, 2023

Avant-goût d’apocalypse à Gaza.

 Le 10 octobre 2023.

Le processus de paix ressemble à une nuit de noces dans un champ de mines.
- Shimon Peres.
 
Dis : Ainsi parle le Seigneur : Les cadavres des hommes tomberont sur la face de la terre comme du fumier, et comme les javelles derrière le moissonneur, et il n'y aura personne pour les relever.
- Jérémie 9 : 22. 


Samson dit : Que je meure avec les Philistins!
- Juges 16 : 30.

Il n’y a pas de guerre propre, et le terrorisme apporte sa petite touche d’horreur supplémentaire aux conflits.

L’armée israélienne avait déplacé de nombreux pions de la bande de Gaza vers la Cisjordanie afin d’y prêter main-forte aux colons messianiques. On ne peut pas être à l’eau et au moulin.

Samedi dernier, le Hamas a profité de la brèche pour mener son attaque contre Israël. Les victimes des terroristes (ce serait un répugnant abus de langage de parler de “combattants”) sont surtout des civils; même les enfants et nourrissons deviennent des otages, capturés chez les familles kibboutzniks animées par des idéaux progressistes et comprenant mieux les souffrances des Palestiniens. Est particulièrement révélateur le massacre perpétré de sang froid au festival musical de Réim : 250 morts parmi les jeunes participants. La métaphore du chef des jeunesses hitlériennes, Baldur von Schirach, qui se vantait de sortir son pistolet au seul son du mot “culture”, est devenue réalité.

Cela dit, le ministre de la défense israélien de la défense Yoav Gallant décrète un blocus complet sur le township de Gaza : pas d’électricité, pas de nourriture, pas d’eau, pas de gaz pour toute la population. Cette mesure s’inscrit dans une classique et chirurgicale stratégie de représailles, qui constitue, incidemment, la meilleure publicité pour le Hamas dans ses campagnes de recrutement du Hamas chez les jeunes Gazaouis désoeuvrés; rien de mieux pour regarnir son stock de chair à canon. Le ministre justifie ainsi cette décision:  “Nous combattons des animaux”.

Il faut croire que cette catégorie englobe les 2,3 millions de Gazaouis englués dans ce cloaque à ciel ouvert.

Bien sûr, le Hamas est l’entreprise religieuse upstart, le Frankenstein soutenu à ses débuts par Israël, selon l’adage “diviser pour mieux régner”, afin de concurrencer et affaiblir la plus laïque OLP de Yasser Arafat de jadis : il était alors impensable de négocier avec des “terroristes”... Mais il serait malséant d’y puiser aujourd’hui une consolation, ou un argument quelconque.

Il est des sinistres jeux d’échecs politiques qui ne font que des perdants. La partie continue. Mais il y a une lueur d’espoir au bout des tunnels de Gaza.

Ramzan Kadyrov, président de la république tchétchène, lance un émouvant appel à l’arrêt de la guerre et se déclare prêt à dépêcher une force de maintien de la paix en Palestine.

LP

Tuesday, September 26, 2023

Justin Trudeau, le grand Mamamouchi canadien.

Le 26 septembre 2023.

 

Les affaires sont les affaires.
- Pièce de théâtre d’Octave Mirbeau.
 
Canada is back!
- Justin Trudeau.
 

L’élimination, avec extrême préjudice, d’opposants politiques, en exil ou au pays, orchestrée par les plus hautes autorités étatiques, est une vieille tradition. Quelques exemples en vrac.

Trotski eu le crâne fracassé au piolet à Mexico sur ordre du petit père des peoples Staline en 1940; le sénateur grec Lambrakis en 1963; l’ex-ministre de la défense de Salvador Allende, Orlando Letelier, désintégré dans sa voiture piégée en 1976 à Washington; Ninoy Aquino abattu à l’aéroport de Manille en 1983; Jamal Khashoggi, interrogé, torturé, puis découpé en pièces détachées dans l’ambassade saoudienne à Istanboul par un médecin ayant une interprétation très personnelle du serment d’Hypocrate, lesquelles finirent dissoutes dans l’acide.

On signalera aussi l’attaque terroriste de 1985 visant le navire Rainbow Warrior en Nouvelle-Zélande, approuvée personnellement le président français François Mitterand; une affaire qui aurait pu servir de matériau comique à la saga parodique OSS 117 (surtout qu’elle fut baptisée “Opération Satanique", sans rire), n’eût été la noyade du photographe Fernando Peirera. Souvenir, souvenirs...

Et voilà que le paisible et gentil Canada, semblerait devenir le théâtre d’un règlement de comptes politiques exotiques : il est annoncé que Hardeep Singh Nijjar, activiste sikh faisant la promotion du Khalistan, aurait été assassiné en Colombie-Britannique en juin dernier sur ordre du gouvernement indien. 

(Allégations fort étonnantes à première vue : l’Inde est dirigée par un premier ministre hindou, Narendra Modi, dont l’oecuménisme envers les minorités sikh, musulmanes et chrétiennes n’est plus à démontrer, qui lui a sans doute valu de recevoir le 14 juillet dernier du président français Macron la grand-croix de la Légion d'honneur, rien que ça).

La chose était sur le point d’être dévoilée par les médias suite à des fuites, on ne saurait reprocher au premier ministre canadien, Justin, fils de Pierre, Trudeau, d’avoir pris les devants en la rendant lui-même publique, mais il est permis de subodorer une instrumentalisation par son choix, comme tribune, de la chambre des communes, histoire de se donner l’aura d’un chef d’État, surtout quand les sondages sont défavorables. On reconnaît l’ex-professeur d’art dramatique au secondaire sachant ménager ses effets (et voir plus bas à ce sujet).

Mais il est permis de conjecturer que l’indignation canadienne finira par s’estomper : un marché économique de 1,4 milliards d’habitants, ça ne se trouve pas sous le pas d’un cheval. A signaler les réactions timides et mesurées de la communauté internationale... Pas de précipitation. On veut des preuves...

Faut-il rappeler que le président américain Joe Biden fit un chaleureux poing-à-poing (“fist bump” en v.o.) avec son allié saoudien Mohammed Ben Salman?

Là encore, est emblématique l’affaire Rainbow Warrior.

Suite à la condamnation du commandant Alain Mafart et de la capitaine Dominique Prieur à 10 ans de prison, la Nouvelle-Zélande, en raison de fortes pressions de nature économique, conclut un accord prévoyant le transfert des deux tueurs sur l'atoll de Hao en Polynésie française où ils devaient occuper un poste de gratte-papier pendant quelques années. Mais ils furent rapidement rapatriés en métropole. D’abord la grossesse de Prieur: ce que l’on appelle en principe un “heureux événement” fut alors qualifiée, par le premier ministre Chirac (le bien connu amateur de tête de veau) de “graves raisons familiales”, alors que les Polynésiennes accouchent depuis des millénaires dans le Pacifique. Quant au pauvre Mafart, il devait faire soigner ses maux d’estomac, et, manifestement, on ne pouvait confier son délicat tube digestif aux soins des ignares gastro-entérologues de Papeete. Au final, pour assurer ses ventes de beurre en Europe, et en mettre plus dans ses propres épinards, les Kiwis ne déchirèrent pas leur chemise et firent preuve de realpolitik, laquelle l’emporte toujours. Et les spadassins français firent de très belles carrières; en 1991, Mafart fut même fait chevalier dans l'ordre national du Mérite pour bons et loyaux services rendus à la patrie. Qui dit mieux?

(Rappel pour les caves : nous sommes au pays du juge Fabrice Burgaud).

A fortiori, le premier ministre Narendra Modi et ses patriotiques sbires sont peu susceptibles d’être impressionnés par les gesticulations de Justin le petit. A moins, bien sûr, que sa ministre des affaires étrangères, Mélanie “Clint” Joly, puisse les rencontrer en personne et les menacer du regard.

Par ailleurs, le président de la chambre des communes du parlement canadien, Anthony Rota, présente ce lundi ses excuses pour avoir fait ovationner vendredi dernier, par erreur, en présence du président ukrainien, un grand Canadien, Yaroslav Hunka, ancient SS ukrainien résidant dans sa circonscription. Deux jours avant Yom Kippour, il fallait le faire. Only in Canada. L'ambassadeur polonais au Canada, Witold Dzielski évoque de possibles lacunes en matière de culture générale.

Laissons le dernier mot à un homme de lettres qui s'est illustré dans le roman d’espionnage impeccablement documenté, et candidat malheureux à l’admission à l’Académie française, le regretté Gérard de Villiers, qui faisait une sobre appréciation du Canada au temps de la guerre froide, toujours d’actualité mutatis mutandis.

Les Canadiens ne peuvent faire la différence entre un espion soviétique et un ours polaire.

LP


Tuesday, September 12, 2023

Les commémorations des 11 septembre.

Le 12 septembre 2023. 

Certain basics about human nature do not change. Man needs a certain moral sense of right and wrong. There is such a thing called evil.
- Henry Kissinger.

C’est dans le recueillement que les Etats-Unis se sont solennellement souvenus de la tragédie du 11 septembre 2001, jour où furent assassinées par Osama Binladen 2763 personnes, sans oublier, en outre, notamment, les secouristes malades, dont le parcours du combattant afin d’obtenir des indemnisations et des soins est loin d’être terminé. La procédurite, c’est aussi ça l’Amérique : les cancéreux, même héroïques, qui vomissent leurs lambeaux de poumons ensanglantés, n’impressionnent pas toujours les fonctionnaires chargés de l’instruction de leurs dossiers, et les émeuvent encore moins (cf. “Born on the 4th July”). Agiter les drapeaux et prononcer d’émouvants discours patriotiques, voilà qui obère nettement moins les finances publiques...

Dans l’hémisphère sud, le Chili, lui, s’est souvenu du 11 septembre 1973, jour où le président américain Richard Nixon et son dévoué exécuteur des basses oeuvres Henry Kissinger, mirent fin, avec extrême préjudice (à distance, évidemment), au mandat du président chilien démocratiquement élu, Salvador Allende, et instaurèrent un règne de terreur de 17 années, pendant lesquelles le Gauleiter Augusto Pinochet, put occire (ou faire “disparaître”) quelque 3200 personnes et en faire torturer environ 38 000. Mais, pour le conseiller alors chargé de la sécurité nationale (l’idole du Bangladesh depuis 1971), tel était le faible prix à payer pour protéger le territoire américain d’une imminente invasion ourdie à partir de Santiago...

Moralité : l’intensité et les modalités des conflits sont souvent fonction de la latitude et de la longitude. Les Yéménites confirmeront.

LP

 

Sunday, August 13, 2023

Le mysticisme islamique à la sauce sénégalaise.

Le 13 août 2023.

If you tell a lie to make a person better, then that is not a sin.
- Sun Myung Moon.
 
Les mensonges qui ont vécu 40 ans doivent être considérés comme des vérités.
- Article 17 de la Charte du Mandé (ou Charte de Kouroukan Fouga) de 1236.

L’oecuménisme n’est pas une simple aspiration, il est une réalité concrète.

Les gourous dominateurs constituent le point de rencontre de tous les mouvements propageant des doctrines comportant des éléments surnaturels. Il n’y a pas que les cathos qui sont enfoncés jusqu’au cou (pour ne pas dire ailleurs...) dans les scandales sexuels.

Le Sénégal connaît ces jours-ci des scandales à répétition chez les maîtres coraniques, notamment à Keur Gol, quartier miséreux de Touba, la ville sainte de la confrérie musulmane des mourides, très influente dans ce pays. On évoque notamment plusieurs dizaines de viols commis par le Raël sénégalais, Serigne Khadim Mbacké, 34 ans, issu d’une des prestigieuses familles de ce mouvement. Le 5 juin, après une cavale de plusieurs semaines, il a été placé sous mandat de dépôt.

Une première pour les autorités judiciaires de ce pays, auxquelles l’on ne saurait reprocher un excès de zèle en matière de crimes familiaux et sexuels. (Contrairement à leurs intraitables homologues pakistanais et afghans, cela va de soi).

Et... quelle surprise. Un serviteur de Dieu respecté, aurait commis des viols (allégués) dans la maison du Seigneur même, à savoir dans une pièce de l’école coranique (pendant du presbytère/confessionnal catho) où il aurait attiré son gibier. Ces rapports intimes (allégués) imposés auraient été suivis (autre surprise) de menaces (alléguées). Selon les témoignages : 

“Chaque matin, il demandait à une élève – les garçons n’étaient pas choisis – de le suivre dans la pièce attenante à la salle de cours pour réciter des versets. Il leur faisait boire un breuvage, puis les agressait. A celles âgées de 10 ans, il imposait fellations et attouchements. Les plus âgées subissaient des viols avec pénétration. A toutes, il prétendait avoir le pouvoir mystique de savoir si elles le dénonçaient grâce à ses visions. Les plus âgées subissaient des viols avec pénétration.“

(On notera les grandes ressemblances avec les pratiques catholiques classiques, avec cette différence non négligeable : les garçons ne sont pas concernés en l’espèce).

Bien entendu, depuis que l’affaire est devenue publique, les “victimes” (alléguées) sont ostracisées et font même l’objet de menaces supplémentaires (alléguées) de la part de membres de la communauté. On tombe des nues.

(Autre détail, quant aux grossesses résultant des inoculations du maître, demeure exclu l’avortement. Le législateur sénégalais a ses priorités et ne plaisante pas avec la morale).

Pourtant ce genre d’événements ne suscite que peu d’échos chez certaines élites occidentales autoproclamées, islamo-gauchistes, comme La France Insoumise en France, ou promotrices du multiculturalisme à la canadienne. (Suite à l’agression récente de Salman Rushdie, elles ont observé un silence assourdissant). Ces bonnes âmes relativiseront et voudront y voir un complot ourdi par des xénophobes intolérants pour discréditer l’ouverture à l’altérité. Pour elles, c'est signé. Et puis, après tout, ces controverses ne sont-elles pas démesurées?

Certaines “victimes” (alléguées) de Mbacké auraient été des gamines de 8 ans? Mais puisque l'âge de nubilité est de 9 ans selon la charia, cette expérience prénuptiale est une excellente préparation sur le terrain pour le mariage, qui épargnera aux futures épouses des tâtonnements maladroits et inutiles lors de la nuit de noces, que n’apprécierait pas le jeune marié de 75 ans, éleveur (de) bovin(s) de son état, qui en veut pour son argent.

Et le viol n’est un crime au Sénégal que depuis 2020. Une loi adoptée sur un coup de tête?

La solution évidente à première vue eût été que ce saint homme épousât ses "victimes" (alléguées). Malheureusement, la charia impose une limite de 4 épouses, nettement trop restrictive.

Chose certaine, Serigne Khadim Mbacké a eu son acompte, un "à valoir", sur les 72 vierges qui l'attendent au paradis avec “les trente-six filles de Touba”. Il conserve la moitié de son capital.

Puisque les Canadiens, surtout au Québec, se sont détournés du christianisme (il faut rappeler cette regrettable corrélation statistique entre le déclin des contes et légendes et l’accès des populations à l’éducation, et donc à la pensée rationnelle), quand auront-ils enfin suffisamment de civilisatrices madrassas, financées par le contribuable au nom de l'intérêt public, pour confier à leurs bons soins leurs enfants, surtout leurs filles?

LP

Saturday, August 5, 2023

Sur la scène internationale, grand triomphe (et menus revers) de Justin Trudeau.

 Le 5 août 2023.

 

De la musique avant toute chose.
- Paul Verlaine.

 

Qui a dit que le premier ministre canadien ne peut changer les choses? Grâce à son efficace intervention, il a obtenu un succès inespéré, de nature à bouleverser la vie de l’électeur canadien lambda.

Bien sûr, cet extraordinaire développement a fait l’objet d’un consensus de la classe politique canadienne, mais il fallait un chef de gouvernement d’envergure comme “Blackface” Trudeau pour réussir à unifier les diverses forces politiques du pays autour d’un enjeu crucial.

On l’aura compris, on ne parle pas de n’importe quelle “scène” : la chanteuse américaine Taylor Swift s’est rendue aux déchirants appels de Justin et se produira finalement au Canada en 2024, dans la capitale économique du pays, Toronto. Et on ne fait pas dans la demi-mesure : il y aura 6, oui, 6 concerts.

Le prochain été n’aura rien de cruel pour les Swifties canadiens.

Cet immense succès diplomatique fait presque oublier la frustration éprouvée par le gouvernement canadien suite au récent coup d’état militaire au Niger, (“fermement” condamné, comme il se doit), sans oublier les 3 décennies d’appui financier et institutionnel consacré en pure perte à la sécurité d’Haïti.

En ce qui concerne ce dernier pays, il est permis de douter de l’efficacité d’une intervention multinationale dirigée par le Kénya comportant notamment l’envoi de 1000 policiers kényans. Trop peu, trop tard. (Incidemment, on ne peut pas dire que les interventions de ce pays en République démocratique du Congo et en Somalie aient donné des résultats particulièrement impressionnants). Le nettoyage des écuries d’Augias haïtiennes serait plutôt, en principe, une mission relevant, par exemple, du 2e régiment étranger parachutiste de la légion étrangère. À défaut, Justin doit abattre sa carte maîtresse.

Que sa ministre des affaires étrangères, Mélanie “Clint” Joly prononce une allocution télévisée destinée aux intervenants de ces deux pays. Seul son regard au laser, qui a donné des sueurs froides à son homologue chinois il y a quelques semaines, est susceptible d’y rétablir l’ordre.

-------------------------------------------------------------------

Que de charmes dans ton amour, ma soeur, ma fiancée! Comme ton amour vaut mieux que le vin, Et combien tes parfums sont plus suaves que tous les aromates!
- Cantique des Cantiques, 4:10.

Cependant, ce triomphe Justinien a été assombri, par l’annonce, qui bouleverse le monde entier (et surtout la presse pipole), de la fin du conte de fées entre l'ex-professeur d'art dramatique et roi de la glisse sur neige et son épouse, Sophie Grégoire, jadis animatrice de télévision. Après s’être copieusement mis en scène, ainsi que leurs enfants, dans leur intimité, sur les réseaux sociaux, au fil des ans, les époux en froid demandent maintenant, cela va sans dire, le respect de leur vie privée.

(Cependant, vu qu'il ne s'agit que d'une "séparation", il est toujours permis d'espérer une réconciliation).

Une consolation, on assiste à une nouvelle chronique romantique, aux Etats-Unis cette fois. Il faut avoir foi en le pouvoir de l’amour.

On apprend que Howard Hubbard, qui fut évêque d’Albany dans l’État de New York, et actuellement évêque “émérite” (sic), qui a étouffé pendant 25 ans des affaires d’abus sexuels, et qui est personnellement accusé de tels abus sur des mineurs, vient de convoler en justes noces, à l’âge de 86 ans.

On attend le numéro spécial de Gala et l’émission de Stéphane Bern.

Il faut croire que la sève remontait de manière irrépressible (que voulez-vous, il faut que jeunesse se passe) car il n’a pas attendu que le Vatican approuve son renvoi de l’état clérical, qui aurait mis fin à son obligation de célibat, sa demande ayant été suspendue en mars; il lui était conseillé de faire preuve d’un peu de patience dans l’attente de la résolution définitive des procédures judiciaires séculaires le concernant. Mais l’intéressé fait valoir que, selon son calendrier, cette conclusion pourrait arriver alors qu’il aura atteint l’âge de 91 ou 92 ans... La charité chrétienne appelle l’indulgence (au sens propre...) quant à ce manquement mineur au code de droit canonique qu’est un mariage civil, non reconnu par Notre Sainte Mère l’Église.

Élément intéressant pour un ancien prélat catholique : il a uni sa destinée avec une femme. Cela dit, on peut penser que les jeunes mariés ne feront pas face à de trop graves problèmes sur le plan de la contraception et de l’avortement et qu’ils respecteront intégralement et scrupuleusement la doctrine de l’Église en la matière.

On souhaite beaucoup de bonheur aux deux tourtereaux!

LP